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Navin et Pravind le duel
L?affrontement a pris une nouvelle tournure. Navin Ramgoolam poursuit Pravind Jugnauth au civil pour diffamation. Ce dernier a, dimanche, fait des allégations en disant qu?un N. R. avait bénéficié d?une somme de Rs 3 450 000 de Teeren Appasamy. Le leader de l?opposition affirme que le ministre des Finances se réfère à lui puisque ces propos ont déjà été tenus au Parlement. Il lui réclame Rs10 millions de dommages.
La violence des propos échangés entre les deux hommes, hier, au Parlement ne laissait aucun doute. Ramgoolam a fait de Jugnauth l?homme à abattre. Bérenger est hors jeu. Depuis les démissions au MSM en février, la stratégie se dessinait : détruire le MSM. Jugnauth ne le lui pardonnera pas. Quand, avec le budget, Jugnauth prend de s galons, les choses se corsent. Ramgoolam fulmine et Jugnauth ne mâche plus ses mots...
Quelques jours auparavant, il invite l?opposition à?demisione si zot pa kontan? alors que Ramgoolam annonce le boycott de la présentation. Depuis les attaques et insultes ne se comptent plus. Samedi, pour la célébration d?Ougadi, le leader de l?opposition ne salue pas le vice-Premier ministre. Jugnauth choisit cette plate-forme pour reprendre Ramgoolam, qui, plus tôt, exprimait son appréciation du travail des organisations socio-religieuses. Jugnauth termine en disant que ?certains parlaient de balkanisation à l?époque? mais qu?ils réalisent qu?ils avaient tort. Surprise, c?est Bérenger qui calme le jeu? et rappelle à l?ordre son adjoint. ?Ce sont des choses du passé.?
Le lendemain, au congrès anniversaire du MSM, Jugnauth ne mâche pas ses mots et cible Ramgoolam. ?Le plus grand cover-up s?appelle Navinchandra Macarena.? Il réagit sans doute à la PNQ de Ramgoolam sur son rôle de conseiller légal de la MCB quand son père était Premier ministre. Le leader du MSM en profite pour faire des allégations publiques cette fois. Réalisant qu?il n?est plus couvert par l?immunité parlementaire, il prend toutefois la précaution de ne mentionner que les initiales de Ramgoolam. Celui-ci s?estime diffamé et contre-attaque?
Déjà en décembre 2003 à la partielle de Piton-Rivière du Rempart, la joute entre les deux adversaires avait pris une tournure personnelle quand Jugnauth fils lance un défi. ?Ce sera entre moi et Ramgoolam.? Défi que ce dernier accepte et relève? et duquel Paul Bérenger se tient à l?écart. Quand Ramgoolam gagne, il jubile et dit à qui veut l?entendre que ?Pravind pe vinn mezir li ar mwa !? Ce dernier se tient à l?écart quelque temps mais ne parvient pas à pardonner ?l?affront?. Entre-temps, les travaillistes font peut-être l?erreur de croire qu?il ne fait plus partie de l?équation et que la course va se jouer entre Bérenger et Ramgoolam. A partir de cette analyse, un rapprochement se fait alors entre Sir Anerood Jugnauth et Navin Ramgoolam. Une éventuelle alliance blanc-rouge aurait toutes les chances de remporter les élections.
Mais, malgré les tentatives de ses proches de le convaincre, Jugnauth reste de marbre. ?Pas question !? disait-il. Rassuré, le partenaire Bérenger ne ménage pas Ramgoolam. L?opération séduction dure. Alors que Ramgoolam ne comprend pas la réticence de Jugnauth, un proche de ce dernier affirme: ?La demande de Ramgoolam était encore plus offensante. Ramgoolam ne voyait pas en Pravind un futur Premier ministre alors que Bérenger n?avait pas le choix.?
Les relations entre les trois leaders continuent de fluctuer. Jugnauth joue à la jeune fille farouche alors que Ramgoolam tente de temps à autre sa chance. Avec Bérenger, c?est pareil : Ramgolam souffle le chaud et le froid. Son attitude envers Jugnauth est plus ambiguë par contre. Même lorsque le gouvernement annonce qu?il présentera un budget avant la dissolution du Parlement, la décision est présentée par l?opposition comme celle de Bérenger qui est attaqué à plusieurs reprises. Mais la cible a changé aujourd?hui.
Voir aussi Les travaux parlementaires
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