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Mandelson le rabat-joie
Les regards étaient braqués sur lui durant sa visite éclair d?à peine deux jours. Peter Mandelson, le commissaire européen au Commerce, s?est retrouvé à répondre le plus souvent aux questions liées à l?avenir de l?industrie sucrière. On aura presque oublié qu?il était avant tout au pays pour négocier le futur accord de partenariat économique (Ape) qui liera l?Union européenne (UE) à la zone Afrique orientale et australe (AfoA) dès 2008.
Les négociations vont bien, merci. Mais le sucre va mal. Il ne faut pas espérer d?aide supplémentaire de l?UE a laissé entendre Mandelson. La messe est dite. Pourtant, ce dernier a multiplié les petits gestes avec le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, ou encore le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Si on se fiait aux attitudes, on pourrait croire que l?entente UE-Maurice est au beau fixe.
Mandelson ne voit poindre aucune catastrophe pour le pays et voit la coupe à moitié pleine. « Maurice a la capacité de surmonter cette épreuve. Comme d?autres pays elle aurait voulu avoir plus. Mais je note qu?elle a la plus importante part des aides attribuées aux pays producteurs de sucre », dit-il en parlant de la baisse du prix garanti de notre sucre et des montants des mesures d?accompagnement jugés largement insuffisants pour réformer l?industrie de la canne à Maurice.
Le ministre des Finances avait laissé flotter la possibilité d?aides à la restructuration déguisées qui seraient puisées dans le prochain Fonds européen de développement (Fed). Mais Madelson ne semble pas vouloir envisager cette possibilité. « Je ne crois pas qu?on puisse poser la question ainsi. Nous identifierons les projets prioritaires à financer à partir du Fed avec chaque pays concerné, y compris Maurice. Mais le financement des mesures d?accompagnement proviendra d?un autre fonds. »
L?Europe ne tourne pas le dos à Maurice
Mandelson, avant de repartir, a néanmoins tenu à dire d?une manière diplomatique que l?Europe ne tourne pas le dos à Maurice. « La commission européenne s?engage fermement à vous aider dans les restructurations. Mais en mon nom, la seule chose que je peux vous promettre, c?est de me battre pour que nous tenions nos engagements. »
Mais à Maurice, négociateurs et membres du gouvernement n?entretiennent pas vraiment d?espoir. Le « il ne faut pas compter sur leur générosité » lâché par un négociateur à la fin du discours de Mandelson traduit le nouvel état d?esprit du pays.
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