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L?insécurité
Il y a une explosion de la délinquance des mineurs. Non, ce n?est pas un constat alarmiste fait par un journaliste britannique qui maîtrise mal son sujet. Ce phénomène est mis au jour grâce à une étude réalisée par le Bureau central des statistiques (BCS) et rendue publique cette semaine. Elle s'appuie sur une analyse des cas enregistrés par les services de police. Le fait le plus marquant de ce rapport officiel sur le crime concerne la hausse de 41 % du nombre de délits impliquant des mineurs.
?From 2005 to 2006, the number of offences involving juveniles ? defined as persons aged 12 to 17 years ? in the Republic of Mauritius increased significantly?? fait ressortir le BCS. Parmi les 836 jeunes impliqués dans des délits l?an dernier, quatre ont été inculpés pour homicide volontaire, 173 pour agressions, 124 pour vols et 57 pour des délits sexuels.
Personne ne peut contester qu?il y a une aggravation de la délinquance des mineurs. Celle-ci progressera si on continue à se voiler la face. Il faut se rendre à l?évidence : les jeunes prennent plus de risques, veulent démontrer leur force et respectent de moins en moins l?autorité. Ni les législateurs, ni les éducateurs, ni les familles ne s?en préoccupent. Il faut pourtant endiguer le fléau. Ce n?est pas parce qu?il s?agit de jeunes ados qu?on peut relativiser le problème. Au contraire, les spécialistes savent que plus tôt on commet un petit délit, plus on a de chances d?en commettre rapidement un grave.
Pour l?heure, chacun assiste, sans réagir, à l?introduction des drogues et de l?alcool dans les écoles, au tournage de clips pornographiques mettant en scène des collégiens, à l?agression des profs et à une déresponsabilisation généralisée des adolescents. Il faut espérer que les statistiques de la délinquance des mineurs vont provoquer un sursaut parmi tous ceux qui n?avaient pas encore pris conscience de la gravité du problème.
Au-delà de la délinquance juvénile, les conclusions chiffrées du BCS corroborent une progression globale de la délinquance dans le pays. Le nombre de délits sexuels rapportés l?an dernier est en hausse de 33,8 %. Le nombre de cas, tous délits confondus, rapportés à la police a augmenté de 14,6 % en 2006, soit un total de 255 046 cas contre 222 522 en 2005. Les infractions de circulation routière sont également plus fréquentes. Les contraventions pour conduite en état d?ébriété ont augmenté de 10,8 %. Le nombre d?homicides commis à Maurice a augmenté de 13,4 % passant de 97 cas en 2005 à 110 en 2006.
Si l?insécurité est devenue une préoccupation majeure des Mauriciens, cela ne peut plus être attribué à une perception soi-disant infondée. L?étude du BCS, basée sur une mesure objective des données, a établi que le danger est réel, pas imaginaire.
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