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Enseignement supérieur
Polytechnics Mauritius Ltd au bord du gouffre : Déficit de Rs 86 millions en 2025
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Polytechnics Mauritius Ltd au bord du gouffre : Déficit de Rs 86 millions en 2025
Sans deux injections financières totalisant Rs 125 millions par le gouvernement en 2023 et 2025, Polytechnics Mauritius se serait retrouvée dans une situation de quasi-banqueroute. (Photo d’archive)
Polytechnics Mauritius Ltd (PML) traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. Confrontée à une situation financière alarmante, l’institution n’a évité la faillite que grâce à deux interventions financières de l’État totalisant Rs 125 millions. C’est ce qu’a révélé le ministre de l’Enseignement supérieur, de la science et de la recherche, Kaviraj Sukon, en réponse à une question parlementaire de la députée Babita Thannoo.
Les chiffres présentés à l’Assemblée nationale dressent un constat préoccupant. En 2025, les dépenses opérationnelles de PML ont atteint Rs 374,95 millions, alors que les revenus réels se sont élevés à seulement Rs 288,97 millions. Résultat : un déficit opérationnel de Rs 85,98 millions pour la seule année 2025. Plus inquiétant encore, sur la période 2022-2025, les dépenses cumulées de l’institution ont dépassé ses revenus de quelque Rs 87,02 millions. Au 1ᵉʳ juillet 2025, PML devait également Rs 101,9 millions à 214 créanciers et fournisseurs.
Selon le ministre, cette détérioration financière s’explique par l’augmentation constante des dépenses de fonctionnement, l’expansion des infrastructures, la hausse des effectifs et une forte dépendance aux revenus liés aux frais d’inscriptions des étudiants. Les coûts fixes pèsent également lourdement sur les finances de l’établissement, avec des loyers annuels avoisinant Rs 60 millions pour les campus d’Ébène et de Rose-Belle. À cela s’ajoute un faible taux d’utilisation des infrastructures.
Rs 125 millions pour survivre
Une enquête menée en janvier 2026 a révélé que le taux moyen d’occupation des espaces sur les différents campus n’était que de 24,4 %, soulevant des questions sur l’efficacité de l’utilisation des ressources disponibles. Face à cette situation, le gouvernement a dû intervenir à deux reprises. Une première avance de Rs 60 millions a été accordée en 2023, suivie d’une subvention récurrente supplémentaire de Rs 65 millions en juin 2025. Sans cette injection de Rs 125 millions, PML se serait retrouvée en situation de faillite, a indiqué le ministre.
Les difficultés financières ont déjà eu des répercussions sur les ressources humaines. Dans un exercice de restructuration lancé cette année, les contrats de 38 employés n’ont pas été renouvelés en avril 2026. Parmi eux figurent des personnels administratifs, techniques et académiques.
Huit enseignants et associate lecturers ont quitté l’institution depuis mars 2026. Quatre ont démissionné et quatre n’ont pas vu leur contrat renouvelé. Par ailleurs, plusieurs enseignants permanents n’ont pas bénéficié d’ajustements salariaux malgré plus de deux années de service continu. La direction justifie cette décision par l’urgence de stabiliser la situation financière de l’établissement avant d’envisager une révision salariale.
Pour tenter de redresser la barre, un comité de suivi a été mis sur pied en janvier 2026. Celui-ci pilote un vaste plan de transformation reposant sur cinq axes stratégiques : stabilité financière et diversification des revenus, amélioration de l’efficacité du personnel, viabilité des programmes académiques, renforcement de la gouvernance ainsi que la rationalisation des campus et des ressources.
Parmi les mesures envisagées figurent le développement de nouvelles formations courtes et de programmes de formation destinés aux entreprises, un contrôle plus rigoureux des dépenses, une meilleure gestion des effectifs, ainsi qu’une révision de l’utilisation des campus.
Malgré ces turbulences, le ministère assure que PML continue de respecter ses obligations légales envers ses employés, notamment en ce qui concerne le paiement des salaires et des avantages contractuels. Les autorités se disent confiantes qu’à travers les réformes engagées, l’institution pourra retrouver un équilibre financier durable et renforcer sa résilience à long terme.
Reste que les chiffres dévoilés témoignent de l’ampleur du défi qui attend désormais PML, appelée à concilier redressement financier, maintien de la qualité académique et préservation de la confiance de ses employés.
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