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Les éducateurs de rue fondent leur organisation

13 août 2006, 00:00

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Les éducateurs de rue reprennent du poil de la bête. Cinq mois après avoir été licenciés sans aucune raison, une dizaine d?entre eux a réussi à créer une organisation. Baptisée Safire (Service d?accompagnement, de formation, d?intégration, et de réhabilitation des enfants), cette nouvelle structure, composée de travailleurs sociaux compétents, vise à poursuivre le travail déjà entamé sur le terrain.

Ces derniers avaient très mal vécu le non-renouvellement de leur contrat, expliquant que le travail qu?ils effectuaient auprès des jeunes en difficulté était primordial. Les pressions exercées par les travailleurs sociaux n?avaient donné aucun résultat.

Edley Maurer, membre de cette organisation, explique que Safire, bien qu?autonome, bénéficiera du soutien du ministère de la Justice et de celui de la Sécurité sociale. « Nous avons reçu pas mal de soutien de part et d?autres, nous encourageant à mettre sur pied cette organisation », explique-t-il.

Micheline Orlando, présidente de Safire, souligne, pour sa part, la nécessité d?une telle structure qui sera lancée cette semaine. « Nous avions commencé un travail avec ces enfants et nous n?avions pas le droit de les abandonner du jour au lendemain. Nous nous devions de poursuivre notre travail, car ils comptent sur nous », fait-elle ressortir. Les éducateurs de rue sont unanimes : l?encadrement des jeunes en difficulté devrait être la priorité de tous. Mais devant la démission des autorités concernées sur ce sujet, ils n?ont pas été longs à réagir.

Lancé en 2002 sur une base pilote par le ministère de la Sécurité sociale, le projet Educateurs de rue visait à aider les jeunes en difficulté et à recréer un lien social. L?initiative, louable, avait été saluée par les nombreuses ONG engagées dans la protection des enfants.

Formés à la Réunion, ces éducateurs de rue ont rapidement été porteurs de résultats plutôt réjouissants. Ils ont, en effet, aidé plusieurs dizaines d?enfants en rupture sociale à sortir de la rue et à reprendre une vie normale. « Nous leur avons consacré énormément de temps pour gagner leur confiance et pour les aider à sortir de cette vie de misère dans laquelle ils étaient depuis trop longtemps », lâche un travailleur social qui a maintenant trouvé un autre emploi au sein d?un ministère.

Alors qu?ils tendaient la main à ceux qui en avaient le plus besoin, ces éducateurs de rue se sont eux-mêmes retrouvés? à la rue ! Le démantèlement de ce groupe de travailleurs sociaux, avait-on laissé entendre du côté du ministère de la Sécurité sociale, était dû au manque de fonds destinés à financer les coûts d?opération.

« Sortir les autorités de la léthargie »

« Quand nous avons été renvoyés du ministère de la Sécurité sociale, cela n?a plus été possible pour nous d?accorder aux enfants en difficulté autant de temps qu?auparavant. Beaucoup d?entre eux l?ont vécu comme une seconde séparation et même comme un abandon », explique la présidente de Safire. D?où, ajoute-t-elle, l?urgence de mettre sur pied une organisation et ainsi poursuivre le travail.

Peu de temps après la rupture de leur contrat, ces licenciés avaient envisagé de se regrouper au sein d?une ONG. Une démarche sans cesse repoussée par manque de moyens. « Nous avons par la suite décidé d?entamer des discussions avec différents ministères afin qu?ils nous apportent leur soutien. Cela a fini par payer », laisse entendre un éducateur de rue, heureux de pouvoir continuer à venir en aide aux jeunes en difficulté.

D?autre part, des licenciés du Trust Fund for the Integration of the Vulnerable Groups ont également pris des initiatives depuis le non-renouvellement de leur contrat il y a quelques mois. Épaulé par d?autres travailleurs sociaux, Eddy Sadien, ancien employé du Trust Fund for the Integration of the Vulnerable Groups, a mis sur pied une plate-forme destinée aux travailleurs sociaux de l?île.

« Il faut que nous puissions entamer des discussions face aux problèmes auxquels nous faisons face, mais aussi sortir les autorités de la léthargie », explique Eddy Sadien. « Abandonnés » par les autorités, les travailleurs sociaux ont su prendre leur revanche et poursuivre leur travail avec l?altruisme qui les caractérise.

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