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Les premiers bébés tortues
Les promoteurs du projet intégré de Anse-Quitor sont en passe de gagner leur pari. Non seulement les visiteurs sont de plus en plus nombreux mais le concept de créer une réserve naturelle se justifie.
Depuis le début de janvier, 115 tortues sont sorties de leurs ?ufs. Et à la semaine dernière, il y avait déjà 570 tortues dans la réserve. Et si on rapelle que les tortues ont été lâchées au François Leguat and Giant Tortoise and Cave Reserve, il y a sept mois, nul doute que son peuplement impressionnera d?ici la fin de l?année. Deux espèces de tortues l?Aldabra et le Radiata ont été introduites à Anse-Quitor.
Aurèle André, directeur de la réserve, est satisfait. Il raconte qu?au début, de nombreuses personnes ne croyaient pas en ce projet. Mais grâce à La Vanille Réserve des Mascareignes et à la Mauritian Wildlife Foundation, le parc connaît déjà un grand succès. Tous ceux qui ont été à la réserve, d?une superficie de 19 hectares, ont bien aimé leur visite et veulent y retourner.
Depuis deux ans, 110 000 plantes venant d?une trentaine d?espèces endémiques ont été mises sous terre. Plusieurs d?entre elles ont déjà atteint un mètre de haut. Les visiteurs n?ont pas seulement les tortues et les plantes à admirer, ils sont invités à faire un voyage d?une quarantaine de minutes à la Grande Cave longue d?environ 500 mètres. Les promoteurs travaillent sur la réhabilitation de la Cave La Vierge (longue de quelque 250 mètres), qui sera prochainement ouverte au public. Selon un recensement, 26 grottes calcaires se trouvent sur le terrain.
Il y a aussi un musée (le premier dans l?île) et un centre de documentation. Au musée, les visiteurs peuvent voir le terrain calcaire avec des os du Solitaire, oiseau qui a disparu de l?île depuis des années. Des tableaux le montrent aux visiteurs.
Le centre de documentation comprend essentiellement des écrits de l?historien Alfred North-Coombes. Sa fille, Monica Maurel, a mis de précieux documents à la disposition des promoteurs. Le centre comprend aussi des archives de journaux locaux et de Maurice. Pour le moment, elles ne sont pas complètes mais Aurèle André espère que d?ici quelques mois, tout sera mis à jour.
Il y a aussi un laboratoire pour des analyses scientifiques.
Aurèle André a un seul regret : que la cage aux chauves-souris déjà aménagée reste vide. Il a déjà soumis une demande au National Park pour avoir ces oiseaux. Il se demande s?il faut encore attendre plusieurs années pour que la cage des chauves-souris ait ses premiers pensionnaires.
Soulignons que ce projet a nécessité des investissements de l?ordre de Rs 70 millions.
La réserve est ouverte tous les jours de 9 h à 17 h 30. Le prix d?entrée est de Rs 265 pour les adultes et Rs 130 pour les enfants de moins de 12 ans. Des prix forfaitaires sont prévus pour les écoliers et les étudiants.
<B>Sunil OODUNT</B>
VISITE GUIDÉE
<B>Le passé recomposé</B>
Tenir un bébé tortue Aldabra dans la paume de sa main, aller à la rencontre d?une autre, vieille de 95 ans et pesant dans les 200 kilos celle-là... La visite guidée à la réserve François Leguat, à Anse-Quitor, est un parcours époustouflant d?environ trois kilomètres à travers des allées de roches calcaires et des endroits en pente abrupte rendus plus accessibles par l?installation de marches en pierres de taille et de mains courantes.
Le décor a été conçu de façon à recomposer le passé comme décrit par François Leguat il y a trois cents ans. Une tâche herculéenne qui a nécessité de gros investissements. Et qui aspire à redonner à Rodrigues sa réputation d?île aux tortues.
Aurèle André, le directeur de la réserve, prend un immense plaisir à accompagner les visiteurs, parfois jusqu?à trois fois par jour. La visite démarre à la nursery où se trouvent plus d?une centaine de bébés tortues d?à peine quelques jours. A la naissance, l?espèce géante Aldabra a déjà une différence de taille par rapport à l?autre espèce qui cohabite : le Radiata. «Les tortues s?adaptent plus facilement à Rodrigues qu?à Maurice. Pour preuve, nous avons eu beaucoup plus de naissances que la réserve de La Vanille», dit fièrement Aurèle André.
Selon lui, le secret réside peut-être dans les roches calcaires, riches en calcium. En fait, ces reptiles ont même creusé leur habitat sous ces roches pour s?abriter du soleil.
<B>Le grand canyon</B>
Les tortues géantes nichent au fond du grand canyon Tiyel. Le décor est somptueux, pouvant inspirer le grand cinéaste Steven Spielberg à y tourner un autre film sur la préhistoire. «Autrefois, c?était le lit d?une rivière qui passait par la Grande-Caverne, le canyon Tiyel et la Caverne La Vierge, avant de se déverser dans la mer», explique le directeur de la réserve.
Comme les tortues, les plantes indigènes réintroduites dans la réserve dont le dondonia sarcanthenum, le terminalia ou encore le bois blanc, s?acclimatent parfaitement. En huit mois, le processus de régénération est en cours et des plantes sortent même des roches calcaires.
Après le grand canyon, c?est le rendez-vous à la Grande-Caverne, longue de 500 mètres, qui intrigue les visiteurs. Première surprise : le parcours n?est pas accidenté comme c?est le cas pour la Caverne-Patate. Le promoteur a pris le soin d?installer une passerelle pour faciliter l?accès à des personnes de tous les groupes d?âge.
Dès qu?on se retrouve sous la voûte, on est immédiatement subjugué par la splendeur des stalactites et l?immensité de la caverne. Autre surprise : des lampes halogènes sont allumées au passage par le guide. Elles livrent différents plans donnant au lieu un aspect mythique.
Au sortir de la caverne, une balade en pleine nature attend les visiteurs sur le chemin du retour. Ils peuvent se désaltérer ou assouvir leur faim au restaurant-café. Un autre rendez-vous au premier musée d?histoire de Rodrigues les attend. Des gravures retraçant l?histoire de l?île, et un appareil cinématographique datant de 1953 qui se trouvait à l?ancien cinéma Métro, attirent les regards. Au centre de recherches Alfred North-Coombes, différents ouvrages, dont le livre écrit par François Leguat il y a trois cents ans, des publications anciennes et récentes sont archivés. Des fossiles retrouvés à Anse-Quitor sont aussi conservés dans une salle pour des analyses expertes?
Bientôt, des chauves-souris seront introduites dans une grande cage aménagée dans le parc aux dindes et autres volatiles. La Caverne La Vierge, longue de 220 mètres, sera également ouverte au public. Elle sera dotée de facilités comme à la Grande-Caverne, dans le but d?intéresser davantage les visiteurs.
<B>Anil RAMESSUR
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