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Les fondamentalistes regagnent du terrain en Afghanistan
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Les fondamentalistes regagnent du terrain en Afghanistan
Les violents combats qui se déroulent en Afghanistan illustrent, quatre ans et demi après la chute du pouvoir des talibans, la capacité de nuisance que ceux-ci ont encore. Les succès politiques enregistrés à Kaboul ne se sont guère traduits positivement sur le terrain, tant le fossé entre le calendrier politique établi fin 2001 à la conférence de Bonn et les réformes à entreprendre n’a cessé de s’élargir. Élu par 55 % des Afghans et plébiscité à l’étranger, le président Hamid Karzaï a échoué à bâtir une équipe ministérielle compétente. L’Occident soutient, en Afghanistan, un pouvoir corrompu, voire lié au trafic de drogue.
Promesses occidentales</B>
Les talibans ne sont pas plus populaires qu’ils ne l’étaient à la fin de leur règne, mais s’ils ont pu revenir en force, recruter dans les provinces afghanes et non plus dans les seules madrasas pakistanaises, c’est que la population n’a pas vu de réels bénéfices à la paix.
Les promesses occidentales, faites notamment par Washington au lendemain de l’intervention militaire qui a chassé les talibans et Al-Qaida du pouvoir peu après le 11-Septembre, n’ont pas été suivies d’effets. La communauté internationale a sa part de responsabilité dans la situation afghane, tant les efforts qu’elle a consentis n’ont pas été à la hauteur des besoins d’un pays ravagé par désormais vingt-sept ans de guerre.
Les États-Unis ont commis en Afghanistan des erreurs similaires à celle perpétrées en Irak : une stratégie presque entièrement consacrée à la “guerre contre le terrorisme” plutôt qu’à la reconstruction ; une attitude intolérable de leur armée - arrestations et détentions arbitraires, torture et mauvais traitements des prisonniers, humiliations, ignorance ou mépris de la culture locale. En Afghanistan comme en Irak, ils se sont aliéné une population qui, brisée par des décennies de conflit et satisfaite de la fin d’un régime tyrannique, ne demandait qu’à se rallier.
Les États-Unis ne sont toutefois pas les seuls coupables du retour des talibans. Les mouvements djihadistes, qu’ils soient liés aux talibans, à Al-Qaida ou à des factions datant de la guerre contre les Russes, comme celle du fondamentaliste Gulbuddin Hekmatiar, sont les principaux semeurs de guerre et de chaos. Quant au Pakistan, créateur et “parrain” du mouvement taliban, il n’a rien fait pour mettre fin aux activités talibanes sur son sol. Allié officiel des États-Unis dans la “guerre contre le terrorisme”, il poursuit un jeu trouble en Afghanistan.
Pour gagner la guerre et renforcer le pouvoir de Kaboul, les États-Unis doivent, à la fois, consacrer autant d’énergie et de moyens financiers à la reconstruction qu’au combat, et négocier la fin de l’ingérence pakistanaise en Afghanistan. S’il n’est pas trop tard.
<B>©Le Monde 2006
Distribué par The New York Times Syndicate</B>
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