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Les clés de la Cybertour livrées
Moment symbolique cet après-midi. Le consortium indien Larsen & Toubro-Shapoorji Pallonji & Co Ltd, constructeur de la cybertour, remet les clés du bâtiment au Premier ministre, Paul Bérenger.
Si les appréhensions étaient grandes au départ quant au remplissage de la tour, les autorités concernées prévoient un remplissage de 90 % d?ici la fin de l?année. Un chiffre qui est actuellement de 65 %. Business Parks of Mauritius (BPML), gestionnaire de la Cybercité, est en négociations avancées avec deux grandes multinationales qui pourraient rejoindre les 16 compagnies qui ont déjà signé les contrats de location. Pour la majorité de ce compagnies, presque toutes actives dans l?externalisation (Business Processing Outsourcing ? BPO), c?est une première expérience à Maurice.
Pourtant, au départ c?était plutôt mal parti. Lorsque Sir Anerood Jugnauth, alors Premier ministre, revient, fin 2000, d?un voyage officiel en Inde, la tête pleine de rêves et un micro-crédit de $ 100 millions en poche, l?idée d?une Cybercité, née sous le régime travailliste, se concrétise. Deal Illovo aidant, on décide de l?ériger au triangle d?Ebène. BPML voit alors le jour et, flanqué du Board of Investment, commence la quête à l?investisseur étranger.
Les premiers signaux sont toutefois plutôt inquiétants. En 2002, les autorités annoncent 35 % de remplissage de la cybertour et une cybercité déjà remplie. Mais aucun contrat n?est alors signé et la liste des firmes qui sont retenues laisse plutôt songeur. La plupart d?entre elles sont mauriciennes, ne sont pas engagées dans les nouvelles technologies et ne désirent que transférer leurs bureaux de la capitale à Ebène. Ce qui équivaut à peu de création d?emplois et le boom des Technologies de l?information et de la communication (Tic) promis par le gouvernement ne peut se produire. Aussi, lorsque Chand Bhadain dépose ses valises à Ebène à la suite de sa nomination en tant que président de BPML, en juin 2003, on décide de changer de cap et de politique. L?ancienne liste est alors presque entièrement rayée.
Critères stricts pour une place
Aujourd?hui, il y a des critères stricts pour obtenir une place dans la Cybertour. D?abord, il faut être engagé dans les Tic. Une compagnie ne peut toutefois pas bouger ses bureaux d?un autre endroit de l?île vers la Cybertour. ?Nous voulons créer de l?emploi. C?est une priorité. Il ne s?agit pas de remplir à tout prix?, explique Reuben Phoolchund, directeur du marketing de BPML. Les joint ventures entre compagnies mauriciennes et étrangères ont aussi la cote. Le meilleur exemple est Infinity, nouvelle compagnie d?externalisation dans laquelle Happy World et une entreprise française sont partenaires.
En mars dernier et malgré les nombreuses campagnes de promotion à l?étranger, au niveau du gouvernement, du BOI et de BPML, le chiffre de 30 % de remplissage n?était pas encore atteint. L?inquiétude du gouvernement de se retrouver avec une Cybertour vide sur les bras était réelle.
Le premier locataire, Infinity, semble pourtant, dès son installation dans un bâtiment en finition en mars, encourager d?autres. ?Il faut le reconnaître. A partir du moment où ils sont arrivés, il y a eu un boom. Les clients ont pu voir ce que nous offrons et cela a certainement occasionné un déclic?, indique une source de BPML.
Certains demeurent cependant sceptiques devant les activités des compagnies qui viennent se loger dans la tour d?Ebène. Fallait-il construire un superbe bâtiment au coût de Rs 1,2 milliard pour abriter des centres d?appels ?
?Nous sommes surtout à la recherche de compagnies qui ne font pas du basique et qui permettront de faire progresser le pays. La moitié de ceux qui ont un contrat de location font de l?externalisation?, affirme Reuben Phoolchund. L?exemple cité est le géant indien Infosys qui occupera un étage entier et qui a envoyé une centaine de Mauriciens en Inde pour les former. Astek (Mtius) Ltd, qui a déjà démarré ses opérations à Ebène, est aussi en train de former des jeunes pour développer des logiciels.
A partir de ce mois, BPML essayera de se concentrera sur les marchés britannique et américain. Le rapport de l?expert mondial en stratégie de marketing, Gartner, commandé au début de l?année par le gouvernement, montre que Maurice a un vrai potentiel au niveau des entreprises BPO de taille moyenne.
INAUGURATION D?ACCENTURE BPO CENTRE
Bérenger : Maurice encore ?vulnérable?
- Maurice a un avenir dans le domaine des Tics. Mais, comme tout secteur émergent, il est encore fragile. Son avenir risque d?être hypothéqué si les bonnes mesures ne sont pas prises. Pour le Premier ministre Paul Bérenger, malgré les efforts du gouvernement nous sommes encore ?vulnérables?. Hier, à l?inauguration d?Accenture BPO Centre, à Bell-Village, il s?est attardé sur les défis que Maurice doit relever dans ce domaine. La compétition est rude, même si au niveau de l?infrastructure et du coût des services, nous jouons dans la même ligue que nos principaux concurrents. ?La compétition ne se jouera pas sur la technologie, mais au niveau de la qualité du service?, estime le PM. Des lois, dont une capitale pour la protection des données, sont passées. Les conseils légaux de l?État travaillent à une législation sur l?emploi dans les Tics. Paul Bérenger plaide également pour un code d?éthique des entreprises engagées dans les nouvelles technologies qui soignerait l?image du pays au niveau international. Le ministre Jeeha a souligné que le budget met l?accent sur la formation de jeunes aux métiers de l?externalisation (BPO) dont Accenture est un des leaders mondiaux. Implanté dans 48 pays et à Maurice depuis 2001, elle est spécialisée dans la comptabilité, le développement d?infrastructure et de maintenance informatiques. L?Accenture BPO Centre opère depuis un an. 230 Mauriciens y sont employés. Selon Patrice Massat, directeur d?Accenture France, l?ambition est d?amener ce chiffre à 500 d?ici fin 2005.
AVANTAGES
Les atouts de la tour
- Sécurité semble être le maître-mot quand on parle de la Cybertour. C?est le seul bâtiment qui garantisse une efficacité de réseau à hauteur de 99,9 % à Maurice. Elle est directement connectée au câble SAFE qui donne un accès sécurisé à l?international et garantit une bande passante numérique à haut débit sur fibre optique. Les locataires n?ont donc aucun souci de télécommunication. Comparé aux autres technopôles mondiaux, le loyer de $1 le mètre carré est abordable contre $1,3 à monter en Inde. Le prix de BPML inclut les services télécoms et la promotion à l?étranger. BPML continuera à vanter ses mérites. Elle vient d?ailleurs de se jumeler à Sophia Antipolis à Nice, France, un des technopôles majeurs d?Europe. Vient s?ajouter à cela, la main-d??uvre bon marché qu?offre Maurice. Cet élément est sans doute aussi important que l?infrastructure. Pour cet aspect, une étude comparative d?IBM entre Maurice et ses concurrents, faite en mai, situe le pays en tête grâce notamment au niveau d?éducation.
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