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Les bougies de l?espoir
Recueillement, solidarité, émotion. C?est dans cet esprit que l?International Aids Candlelight Memorial a été célébrée hier, dans 104 pays, dont Maurice. De nombreuses personnes ont fait le déplacement et ont marché de la place Margéot vers le Plaza à 18 heures. Ils étaient un peu plus d?un millier venus avec leurs bougies en mémoire de ceux qui ont perdu leur lutte contre le sida et pour encourager ceux qui luttent encore.
Autant de monde mais peu de bruit. Ceux qui parlent le font en chuchotant. L?heure est au recueillement. La soirée est animée par Marie Michèle Etienne de Radio One, Daniella de Radio Plus, Sean de Top Fm et Gilles Sooben de la MBC. La cérémonie est retransmise en direct sur les quatres radios. L?esprit de solidarité est bel et bien là.
Dans la foule, se distinguent deux visages : Nicolas Ritter de Pils et Diren Moher de Vivre Plus. Deux des 2 295 séropositifs enregistrés à Maurice. Deux d?un nombre très restreint de personnes qui ont su dire haut et fort à un public intolérant et critique qu?ils sont infectés.
La maladie est découverte en 1981. Elle fait sa première victime à Maurice en 1987. A mars 2006, l?île enregistre 2 295 séropositifs. Même si l?on pense que dans les faits, à peu près 20 000 Mauriciens sont infectés. 90 % de ceux atteints du sida ont été contaminés par une seringue. Le sida a tué environ 5 millions de gens à travers le monde, dont 921 Mauriciens. La plus jeune victime du pays, Stuart, avait deux ans. Une autre, Sarah, était âgée de quatre ans. Maya avait, elle, 60 ans. Pierre en avait 61.
Ces noms ? tous les noms de ceux qui sont morts du sida sont récités un par un dans la pénombre : les bougies sont toutes éteintes. Des noms dits sur un ton presque accusateur. Accusateur parce que nous sommes tous responsables, à un moment ou à un autre, de discrimination ou d?indifférence envers ceux qui souffrent de la maladie.
Malini, décédée l?an dernier à l?âge de 37 ans n?en a pas été épargnée. Elle a été chassée de son village par les habitants dégoûtés par sa maladie. Ses parents et ses proches ne sont même pas venus à son enterrement, auquel assistaient principalement des travailleurs sociaux. Un hommage a été rendu hier à cette jeune femme, pour son courage et sa tragédie.
Nicolas Ritter, rejoint par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a fait un appel contre l?exclusion, la stigmatisation et la discrimination pour les porteurs du virus. Navin Ramgoolam a d?ailleurs cité Nelson Mandela pour dire que ?the stigma of aids is worse than the disease?. Il a ainsi pris l?engagement, en son nom personnel et au nom de son épouse de ?donner tout le support dans ce combat et cette tragédie?.
Des larmes arrachées
Le père Goupille et les représentants des différentes religions pratiquées à Maurice ont chacun récité une prière. ?Pardonne-nous si nous avons toujours pensé que cette maladie et cette souffrance ne concernaient que les autres. Pardonne-nous si nous avons pensé que cette maladie était une punition de toi à ceux qui le méritaient (?) Pardonne-nous, nos c?urs n?avaient pas assez de compassion??
La soirée a été entrecoupée de chansons choisies avec attention. Les uns contre les autres, It must have been love, La vie ne m?apprend rien ? chantée avec brio par Mélanie et Bérengère Enfants d?un rêve ? Tears in heaven, Maladi inosan de Mario Armel, Hero et Goodbye my lover parmi tant d?autres. Chansons qui ont arraché des larmes à quelques membres du public?
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