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Le soutien européen s’affiche

20 juillet 2005, 00:00

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Unis envers et contre tous. L’accord tacite entre les états membres des ACP, les betteraviers et un groupe de pays européens se précise pour contrer la réforme du régime sucrier. Tant dans les bureaux feutrés et les rues de Bruxelles, les partenaires se sont concertés pour dégager une stratégie commune.

Le Conseil européen des ministres de l’Agriculture s’est réuni mardi pour analyser les modalités de la réforme du régime sucrier proposées par la commissaire Mariann Fischer Boel, le 22 juin dernier. Le même jour, plus de 6 000 manifestants ont défilé dans les rues bruxelloises pour s’élever contre le quantum de la baisse, 39 % étalée sur cinq ans. Cette réduction est jugée néfaste pour les pays ACP exportant leur sucre à un prix garanti de 523 euros vers l’Europe.

“Une réforme réaliste, ne délaissant personne. Voilà le sentiment qui se dégage au sein de beaucoup de pays européens”, résume le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, à l’issue d’une semaine très chargée en Europe, ayant pris fin, hier, avec une rencontre avec Mariann Fischer Boel. Cette première mission a été marquée par une intervention énergique devant le Parlement européen mercredi dernier.

Au cours de son séjour, le ministre mauricien a enchaîné les rencontres avec ses homologues européens de même que des interlocuteurs ayant une influence certaine sur le déroulement des futures négociations et discussions précédant l’adoption de la réforme.

La série de réunions, ayant démarré le 14 juillet avec le ministre français de l’Agriculture, s’est accélérée dans la journée de mardi, quand Arvin Boolell a exprimé les griefs et les attentes des ACP de même que la nécessité d’un traitement à parité avec les producteurs européens et des pays périphériques.

“Il aura suffisamment de votes pour effectuer une minority block contre les modalités de la réforme et subséquemment proposer des amendements”, affirme le porte-parole des ACP. Valeur du jour, huit pays producteurs de sucre à partir de la betterave estiment que la réforme sera effectivement nuisible à leur industrie. Ce sont l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la Grèce, l’Italie, l’Irlande, la Lituanie et le Portugal. Le nombre grandirait avec la Hongrie et la Pologne s’alignant sur ladite position. Parlant de Giovanni Alemanno, son homologue italien, Arvin Boolell affirme que ce dernier “comprend bien la situation des ACP et que cette réforme sera dévastatrice”.

<B>Intensifier la campagne de lobbying</B>

Et dans les rues, ce mardi, les betteraviers européens ont répondu en masse à la manifestation contre la réforme, dans les rues de Bruxelles. D’ailleurs, la Confédération internationale des betteraviers européens, avait invité les états membres ACP pour défiler à leurs côtés.

La participation mauricienne, orchestrée par la Chambre d’agriculture, a été symbolique, étant constituée de quatre personnes, un groupe représentatif de notre industrie sucrière. La délégation, qui rentre au pays aujourd’hui, était composée de Jacques d’Unienville, président de la Mauritius Sugar Producers’ Association (MSPA), Christian Foo Kune, président de la Chambre d’agriculture, Lutchmun Roy, syndicaliste de la Plantation Workers’ Union et Greedharry Jugessur, petit planteur. Ils tiennent une conférence de presse demain après-midi, à la Plantation House.

“Ce qui était important, c’est de faire comprendre aux betteraviers que nous sommes menacés”, a fait ressortir Jacques d’Unienville, à l’issue de la manifestation. à noter que contrairement aux ACP, ces derniers seront dédommagés à 60 % pour les pertes encourues.

Quant au président de la Chambre d’agriculture, Christian Foo Kune, dans un communiqué des ACP, il a insisté sur les effets paralysants de la baisse. “Nous sommes au courant des pressions pour réformer et nous avons consenti des efforts pour moderniser notre secteur sucrier. Cependant, une réforme si drastique et rapide effacerait d’un trait ces efforts. Du jour au lendemain, nous ferons un pas en arrière dans la pauvreté”, a-t-il fait ressortir.

N’empêche que la campagne de lobbying sera plus intense dans les semaines à venir, les services diplomatiques européens tournant à plein régime. Et la prochaine étape de campagne de lobbying est annoncée à la réunion paritaire ministérielle des ACP-EU.

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