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Le programme d?études actuel vit ses derniers jours

1 décembre 2005, 00:00

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La réforme de l?éducation est une question de vie ou de mort. Du moins, c?est ce qu?a affirmé hier le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, lors de l?ouverture du débat national sur la réforme du programme scolaire. Plus de 150 acteurs du secteur éducatif y participent, pendant deux jours.

Dharam Gokhool espère que cette conférence, qui prend fin cet après-midi, sera productive et contribuera à donner au pays ?une éducation de qualité mondiale?. Il a toutefois averti l?assistance qu?un changement de modèle théorique est nécessaire pour ?assurer la survie et la prospérité des générations futures?.

Le débat cherche à découvrir les lacunes et manquements du programme actuel pour y apporter des remèdes. Son objectif final est de ?générer des propositions intéressantes et précieuses qui nous permettront de mettre au point un nouveau cursus en ligne avec notre ambition d?une éducation de classe mondiale?.

Si l?on ne sait pas encore comment les conclusions influeront sur le quotidien des écoliers, les sujets qu?ils apprennent et les méthodes par lesquelles ils sont évalués, Dharam Gokhool a donné quelques indications : ?Les sciences ne devraient-elles pas être obligatoires jusqu?à l?age de 16 ans ? Nos enfants ne méritent-ils pas un meilleur enseignement des langues ? Les langues asiatiques devraient-elles être attachées à des considérations religieuses ou devraient-elles être des modes de communication universels ? Nos enseignants sont-ils équipés pour utiliser le programme de manière créative ? Le système d?évaluation est-il régulier, fiable et opportun ?? Dharam Gokhool a également identifié une pléthore d?insuffisances ? systémiques et humaines ? dont souffre le système actuel. Il a d?ailleurs souligné qu?il serait ?naïf de suggérer que les Mauriciens ne sont pas conscients des nombreuses faiblesses et lacunes de notre système actuel?.

Il a notamment décrié ?les étranglements et les inefficacités sérieuses, ainsi que les iniquités? causés par la manière ?fragmentée et réactive? dont les problèmes du secteur ont été traités. Il a également déploré ?l?absence d?une approche compréhensive, holistique et inclusive? et le fait que ?les aspects quantitatifs ont étés les centres d?attention ces dernières années?. D?après le ministre, ?les classes préprofessionnelles et les écoles des zones d?éducation prioritaires (ZEP) n?ont pas eu les résultats escomptés? et ?les problèmes aigus de compétences en calcul et d?alphabétisme persistent?.

<B>?Dan koze nou mari bon?</B>

Ce débat devra donc engendrer les ?réformes fondamentales? nécessaires pour répondre aux défis posés par ?le nouvel ordre économique dominé par une explosion de la connaissance, les transformations technologiques et la compétition mondiale?. Dharam Gokhool a affirmé que son prédécesseur, Steeve Obeegadoo, est ?sur la même longueur d?onde?.

De son côté, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Rashid Beebeejaun, a déclaré que ?ce n?est pas seulement le contenu qui compte, mais aussi la méthode et l?approche. Il faut apprendre aux enseignants à adopter cette approche et non celle du bourrage de crâne?. Il a mis l?accent sur la nécessité d?enseigner les life skills et de donner aux écoles ?un nouveau rôle dans la société mauricienne?.

Ce débat donnera-t-il au secteur éducatif l?essor tant attendu ? Permettra-t-il au pays de combler son manque de ressources humaines et d?être compétitif sur le plan international ? Seul le temps le dira. Mais comme n?a pu s?empêcher de constater un enseignant du primaire, ?Dan koze nou mari bon?. Il a expliqué que l?Information Technology (IT) a été introduite dans les écoles il y a deux ans, mais qu?il ne dispose que de deux ordinateurs pour une quarantaine d?élèves.

PARTAGE

<B>Une experte parle de l?expérience indienne</B>

■ Une des intervenantes principales, le professeur Savita Sinha du National Council for Education, Research and Training en Inde, a expliqué à ?l?express? que ?le curriculum national est revu périodiquement? sur le sous-continent. Invitée en tant qu?experte internationale, Savita Sinha a exprimé le souhait de ?partager (son) expérience pour que Maurice puisse développer son propre programme?. ?Il faut voir comment les gens perçoivent la réforme. Il est crucial que les enfants soient mis au premier plan pendant les étapes initiales de la réforme.? Interrogée sur le rôle de l?éducation dans l?émergence de l?Inde en tant que puissance économique mondiale, elle a fait remarquer que l?éducation ?informelle? et ?l?interaction? sont également très importants et y ont contribué.

ORGANISATION

<B>Fonctionnement du débat national</B>

■ Le schéma est le même pour les deux jours. Les participants sont départagés en trois groupes thématiques d?environ 50 personnes chacun. Les thèmes sont notamment : ?La mission de l?école en fonction du profil des étudiants dans les contextes local et global?, ?les compétences à développer chez les étudiants à la fin de chaque cycle? et ?la mise en ?uvre du nouveau programme (enseignement et évaluation)?. Des spécialistes partagent ensuite leurs expériences et réflexions devant le groupe approprié. A titre d?exemple, le groupe travaillant à la mise en ?uvre d?un nouveau programme bénéficie de présentations du genre : ?Des pistes pour une réforme de l?instruction publique mauricienne?, donnée par des professionnels du Mauritius Institute of Education (MIE) ou encore ?Une révision du programme des écoles primaires?. Chaque groupe compte un médiateur et deux rapporteurs. Les intervenants viennent d?organisations aussi diverses que l?Independent Commission against Corruption, le National Productivity and Competitiveness Council, la Mauritius Employers? Federation et la Government Hindi Teachers Union.

Les groupes se réunissent ensuite en session plénière au cours de laquelle les rapporteurs présentent les conclusions de leur groupe. Celles-ci sont finalement débattues. Le rapporteur général est le directeur Post-Secondary and Tertiary au ministère de l?Education, Hiranand Dansinghani.

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