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Le drame de Jean-Pierre
L?enfance malheureuse de Jean-Pierre Ismaël est sans doute l?une des raisons de son suicide. Il avait six mois quand sa mère l?a abandonné. C?est une amie de celle-ci, Marie-Pierrette Spéville, qui l?a recueilli et élevé comme son propre enfant.
Mais le passé semble avoir rattrapé le gamin. Né de père inconnu, il se révèle être un adolescent turbulent et commence à accumuler les délits et à toucher à la drogue. Le jeune homme semble perturbé par le fait que sa mère l?ait abandonné si jeune. Il ne l?a rencontrée que lorsqu?il a eu 13 ans. Majeur, il est très instable et n?arrive pas à conserver son travail.
Cela ne l?empêche pas de se mettre en ménage avec une jeune femme, originaire de Rodrigues, avec qui il a trois enfants de 9 ans, 7 ans et 5 ans. Mais sa compagne le quitte en 2001 et les enfants sont remis aux proches. Sans famille, Jean-Pierre partage son temps entre sa mère et sa s?ur adoptive, à Roche-Bois, et à Baie-du-Tombeau. Il vit mal la séparation avec ses enfants. Début janvier, n?y tenant plus, il s?en va à Rodrigues pour leur rendre visite. Mais en raison des différends avec ses beaux-parents, il rentre précipitamment le 20 janvier.
Quelque chose ne tournait pas rond
Un mois plus tard, il est arrêté à Roche-Bois en possession d?une arme blanche. Placé « on remand », il sera transféré à la Prison centrale. Mardi, Patricia s?y rend pour lui remettre des vêtements mais on lui dit, après trois heures d?attente, que son frère n?a pas droit à des visites.
C?est le choc lorsqu?elle apprend jeudi qu?il a été retrouvé mort. Écrasée par le chagrin, Patricia raconte avoir appris d?un détenu que son frère avait eu des problèmes à la prison.
Par ailleurs, quelques heures avant la découverte macabre, sa mère adoptive se souvient avoir eu une conversation avec un voisin dont le père purge une peine à la prison de Beau-Bassin. « Eski ou fine tire ou garson lor caution tantine ? », lui a-t-il demandé. Étonnée, elle s?enquiert du pourquoi de cette question. « Depi vendredi 4 pa pe trouv li dan prison », lui a rétorqué son interlocuteur.
Pour en avoir le c?ur net, elle s?est rendue au poste de police de Roche-Bois.
« Mo fine demand bane lapolis telefone prison pou gagne nouvel mo piti. Zot fine donn mwa numero. Letan mo telefoner, ene garde dire mwa ki mo zenfan bien et si mo pou faire demars pu tire li lor caution. »
La conscience tranquille, elle a quitté le poste et est retournée chez elle. Elle sentait sans doute que quelque chose ne tournait pas rond. En effet, en rentrant, Patricia était en larmes. La prison venait de lui apprendre que Jean-Pierre était mort?
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