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Le dossier REDCO à la loupe
La Rodrigues Educational Development Company (REDCO), compagnie privée qui a la responsabilité de promouvoir l?éducation à Rodrigues, est passée depuis juin sous l?autorité de l?Assemblée régionale de Rodrigues.
Redco était gérée en partenariat avec la State Investment Corporation (SIC) et l?Etat détenait 8 000 actions de Rs 10 et la SIC 2 000 pour le même montant avant que l?ARR gère cette compagnie privée.
Mais depuis juin, l?Etat a transféré 51 % pour ses actions pour un montant de Rs 10 à l?ARR, 29 % des actions au ministère de l?Education et 20 % à la SIC pour la même somme.
Les transferts des actions ont été effectués par Jayraj Auroo, qui était à la tête de la commision de l?éducation et de la formation à Rodrigues à Dev Ruhee, Senior Chief Executive, qui représentait le ministère de l?Education
Selon nos informations, le comité qui dirige cette compagnie privée a ratifié cette décision.
Et à partir de ce jour, les représentants qui siègent sur le comité de direction de REDCO s?établira comme suit.
L?Assemblée régionale aura à choisir un président et 4 représentants de la Commission de l?Education pour siéger sur le comité de direction de REDCO 2 du ministère de l?Education et 1 membre de la State Investment Corporation.
REDCO gère actuellement cinq collèges dans l?île. Ceux de Mont-Lubin, Le Chou, Maréchal, Grande-Montagne et Citron Donis Form VI.
Les bâtiments de la compagnie REDCO avaient été placés sous la responsabilité de l?Assemblée régionale après l?autonomie.
Lelio Roussety, commissaire de l?Education à Rodrigues donne son point de vue. ?Comme la REDCO détient maintenant une majorité à partir des transferts des actions, je dirais que rien n?a changé sauf que nous allons maintenant gérer à partir de Rodrigues. Nous serons en mesure d?administrer sur place. Ce qui n?était pas le cas auparavant lorsqu?il avait fallu attendre une semaine pour des échanges de correspondance entre les autorités éducatives à Maurice et Rodrigues?.
Pour ce qui est du recrutement, Lélio Roussety dit que cela va se faire d?après les mêmes critères, les Mauriciens continueront à travailler sur une base contractuelle. Il souhaite qu?avec le retour des étudiants Rodriguais après leurs études, les Mauriciens pourront être remplacés graduellement .
Quant à la nomination du nouveau président à la tête de REDCO , il estime qu?il est encore tôt pour le dire. ?Il faudra attendre un peu étant donné qu?il y a un nouveau gouvernement?, dit-il.
Décision
Dharam Gokhool, ministre de l?Education étudie actuellement le dossier de REDCO pour voir toutes les implications avant de prendre une décision. ?On prendra une décision dans les jours qui viennent?, dit-il.
Pour rappel, en février de cette année, deux écoles de pensée s?affrontaient sur la gestion de REDCO. Benoit Jolicoeur, président de la Fédération des Parents-Teachers Associations (PTA) des écoles secondaires voulait que cet organisme devienne une institution essentiellement rodriguaise et qu?un Rodriguais soit recruté comme manager tandis que des cadres mauriciens qui siègent au sein du board de REDCO étaient en faveur du statu quo.
Tout avait commencé en février dernier lorsque les gestionnaires de REDCO avaient pris la décision de transférer 17 enseignants quinze jours après la rentrée des classes. Ces transferts avaient fait des mécontents à plusieurs niveaux.
Des élèves fréquentant ces écoles avaient organisé une manifestation devant la commission de l?Education à Maréchal pour exprimer leur mécontentement.
Des membres de la PTA trouvaient ?inconcevable qu?à l?ère de l?autonomie, la gestion de ces collèges soit faite par un conseil d?administration qui se trouve à Maurice. La plupart d?entre eux ne connaissent pas la réalité rodriguaise?, ont-ils fait ressortir.
De hauts cadres de REDCO basés à Maurice leur ont donné la réplique en ces termes : ?Il y a aura trop d?ingérence politique dans l?administration de ces institutions scolaires?, disent-ils.
Et cette crainte persiste chez certains enseignants qui occupent toujours des postes importants au sein des institutions gérées par REDCO. ?Pas la peine d?être sorcier pour le deviner. Il suffit de demander à nos frères rodriguais qui ont une autre idée de la politique dans l?île pour comprendre pourquoi nos craintes sont justifiées?, déclare un haut cadre du ministère de l?Education. Celui-ci a travaillé pendant plusieurs années dans le secteur de l?éducation à Rodrigues alors que d?autres s?interrogent : les Rodriguais ont-ils l?expérience désirée dans ce domaine pour la gestion de ces institutions scolaires.
MÉCONTENTEMENT
Lettre au Premier ministre
■ Les enseignants mauriciens exerçant dans les collèges REDCO réagissent vivement après le passage de cette compagnie sous l?autorité de l?Assemblée régionale.
Dans une lettre adressée au nouveau au Premier Ministre, le Dr Navin Ramgoolam et au ministre de l?Education, Dharam Gokool, ils écrivent : ?Our deep concern is nothing but the tactical move of the Rodrigues Regional Assembly in hijacking the REDCO board?.
Ils demandent au gouvernement de revoir ce transfert. Ils allèguent que ?there will be a lot political machinations and interferences in educational lanscape?. ?Avec la tendance actuelle, nos contrats pourraient être modifiés à n?importe quel moment?, disent les enseignants.
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