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L?Afrique attentive à ses jeunes

3 décembre 2005, 00:00

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Les problèmes de la jeunesse africaine ? pauvreté, santé, éducation, émigration ? sont les thèmes qui seront abordés lors du sommet Afrique-France qui se tient aujourd?hui et demain dans la capitale du Mali. Au cours de la réunion ministérielle préparatoire qui s?est tenue jeudi à Bamako, un appel a été lancé à la France pour qu?elle soit le porte-voix de l?Afrique sur la scène internationale.

Le chef de la diplomatie malienne, Moctar Ouane, a souligné que «la plupart des pays africains connaissent une situation difficile, caractérisée par la détérioration des conditions socio-économiques, en particulier de la jeunesse». «Quelle politique mener pour satisfaire les aspirations de cette jeunesse?» «Pourquoi les jeunes Africains cherchent-ils à émigrer en dehors du continent ?» a-t-il interrogé, en appelant les participants à «apporter des réponses adéquates».

Le ministre des affaires étrangères français, Philippe Douste-Blazy, a souligné, que «plus des deux tiers de la population du continent ont moins de 25 ans» et que cet «enjeu social, économique et politique majeur» pouvait «devenir une menace, si nous n?apportons pas les réponses appropriées». Centré sur le thème de la jeunesse, ce sommet devrait aussi aborder les conflits qui secouent le continent, de la Côte d?Ivoire au Darfour.Les problèmes de la jeunesse africaine, poussée à l?émigration faute de perspectives sur place, ont été mis en évidence lors de la poussé migratoire africaine en septembre sur les enclaves espagnoles au Maroc de Ceuta et Melilla.

AMPLIFIER L?ÉLAN DE SOLIDARITÉ

Alors que la France resserre son dispositif de contrôle de l?immigration, Douste-Blazy a effectué hier une visite dans la région de Kayes (ouest du Mali), principale pourvoyeuse malienne d?émigrants vers la France.

Le ministre français doit y soutenir le principe du codéveloppement : une aide au développement de perspectives économiques sur place, alternative à l?exode vers l?Europe.

Le ministre des affaires étrangères malien a mis à profit la réunion de jeudi pour appeler la France à continuer de se faire l?écho des demandes africaines dans les grands forums mondiaux, dont l?ONU et le G8 (pays les plus industrialisés).

«En m?adressant à la France, ce partenaire privilégié et exigeant, je plaide pour qu?elle contribue à amplifier l?élan de solidarité de la communauté internationale pour accompagner les efforts de développement de nos pays», a déclaré Ouane. Se félicitant de «l?esprit de partenariat» avec Paris, le ministre malien a toutefois reconnu que «la responsabilité première des réponses à apporter aux maux du continent relève de l?Afrique elle-même».

Douste-Blazy a promis que la France continuerait de mobiliser «les grandes instances de la communauté internationale» au sein desquelles la France est représentée. Le ministre français a récusé l?argument selon lequel les réserves françaises sur l?ouverture des marchés agricoles à l?Organisation mondiale du commerce (OMC) seraient préjudiciables aux pays du Sud, soulignant que l?Union européenne était de très loin le premier débouché pour les exportations africaines dans ce domaine. La France et l?Afrique «ont le même combat à l?OMC concernant l?agriculture», a-t-il soutenu.

© 2005 Le Monde News Service- Distribué par The New York Times Syndicate

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