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Laboureurs et artisans réclament une hausse salariale d?au moins 42 % à la MSPA
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Laboureurs et artisans réclament une hausse salariale d?au moins 42 % à la MSPA
Une révision salariale. C?est ce que demandent les laboureurs et les artisans de l?industrie sucrière. Ils ont précisé qu?ils souhaitent une hausse de 42 à 50 %. Leurs représentants syndicaux ont décidé de mettre sur pied un front commun en vue de demander à la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) de démarrer les négociations concernant cette revendication.
Le front regroupe la Plantation Workers Union, l?Union of the Artisans of the Sugar Industry (UASI), l?Organisation de l?unité des artisans et la Sugar Industry Labourers Union. Les dirigeants, qui se concertent sur d?autres revendications, préparent un mémorandum commun qui sera soumis l?Association des propriétaires des sucreries.
Lall Dewnath a expliqué que la demande d?augmentation salariale survient dans le sillage de la publication du rapport du PRB et de la hausse constante du coût de la vie.
Selon lui, ce rapport a débalancé la parité salariale entre les laboureurs et artisans du gouvernement et ceux du secteur privé. La moyenne de salaire de base des laboureurs du privé est de Rs 8 000 alors qu?elle est portée à Rs 12 000, par le PRB, pour ceux qui travaillent dans les municipalités.
Il a fait remarquer que la dernière augmentation salariale recommandée par le Tribunal d?arbitrage permanent remonte à neuf ans avec une hausse de 14 %. «Le coût de la vie a augmenté depuis et après le protocole d?accord, signé en 1994 entre la MSPA et les syndicats de l?industrie sucrière, il n?y a pas vraiment eu d?exercice de révision de salaire.»
Pour Lall Dewnath, la hausse réclamée n?est pas déraisonnable car le nombre de bras qui travaillent pour l?industrie sucrière a été réduit à quelque 5 000. «Si la MSPA accède à notre requête, le salaire d?un travailleur professionnel devrait osciller entre Rs 10 500 et Rs 13 000.»
Le salaire de base d?un laboureur tournera autour de Rs 7 400 à partir du 1er juillet avec le paiement de la compensation salariale annuelle. Pour l?heure, a dit Lall Dewnath, les membres du front n?ont pas encore décidé si les salariés de l?industrie sucrière devraient déclencher une action syndicale en période de coupe si la MSPA refuse d?engager des négociations.
<B>«Davantage de bénéfices»</B>
Il a profité de l?occasion pour demander aux dirigeants de l?UASI de se joindre au front pour une action concertée. Serge Jauffret, a déclaré que l?UASI préfère faire cavalier seul en raison des divergences sur la politique syndicale prônée par le front.
Alors que ce dernier réclame une hausse salariale générale de 45 à 50 %, l?UASI a soumis à la MSPA un mémoire pour réclamer une hausse générale de 42 % pour les salariés permanents et saisonniers. «Cette hausse provient du fait que depuis 1987, le Remuneration Order des salariés de l?industrie sucrière n?a pas été révisé.»
Serge Jauffret a abondé dans le même sens concernant la parité salariale. Il a noté que l?industrie sucrière a sensiblement diminué ses coûts avec la décision d?accorder la retraite volontaire à 8 000 travailleurs. «Valeur du jour, les propriétaires des sucreries sont en train de réaliser d?importants bénéfices avec la vente de l?électricité au CEB, le morcellement des terres et des projets IRS.»
D?après lui, l?industrie sucrière a bénéficié des fonds de l?Union européenne pour enclencher la réforme et elle va récolter davantage de bénéfices l?année prochaine avec la mise en chantier d?une raffinerie pour les sucres blancs et spéciaux. «Mais les travailleurs saisonniers sont rémunérés au taux minimum salarial.»
L?UASI a fait des demandes dont l?application de la semaine de cinq jours pendant la coupe, le droit à des congés annuels, de maladie et outre-mer pour les saisonniers et les contractuels et une hausse par 150 % des allocations liées à la polyvalence. Lui aussi trouve que ces revendications ne sont pas «déraisonnables».
REACTION DE LA MSPA
<B>«Trop tôt pour des discussions»</B>
■ Invité à réagir, le directeur de la MSPA, Jean-Li, a déclaré qu?il est ouvert aux discussions mais qu?il est tôt pour engager des discussions sur une augmentation salariale. «L?application de la semaine de cinq jours, en période de coupe, fait l?objet d?un litige qui est à l?étude au ministère du Travail», dit-il. «Une fois ce litige résolu, nous allons convoquer les syndicats pour engager les négociations sur leurs demandes.» Il précise que l?industrie sucrière n?est nullement concernée par le PRB et que les conditions de travail, qui y prévalent, ont toujours été négociées à travers le processus de négociation collective. Il affirme qu?il n?a pas encore étudié le mémoire adressé par l?UASI à la MSPA.
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