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La transition

18 juillet 2003, 20:00

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Si on prenait un peu de recul par rapport au train-train des évènements au quotidien, on prendrait la mesure d?une qualité que démontre notre jeune nation en ce moment. Elle vit de manière tout à fait normale la transition vers l?importante échéance politique prévue pour fin septembre. Depuis que le processus du changement à la tête du gouvernement a été mis en ?uvre, les institutions politiques et démocratiques, ainsi que la population, affichent une maturité qui mérite d?être soulignée.

Il est vrai que notre culture démocratique n?est pas contestée, après plusieurs alternances réussies, mais le passage du témoin actuel a lieu dans des circonstances inédites. Rien ne garantissait, au départ, que le partage du pouvoir à l?israélienne allait se passer dans la sérénité. Tant mieux pour la démocratie.

Il y a un gros avantage à tirer, pour le pays, de pouvoir franchir tranquillement l?étape politique de septembre. Le gouvernement n'aura pas à interrompre ses efforts pour le développement du pays afin d?engager des campagnes politiciennes. A un moment, où toutes les ressources des dirigeants sont nécessaires pour relever les menaces qui pèsent à la fois sur la zone franche, le sucre et le tourisme, il est indispensable que ses efforts ne soient pas dispersés. Il aurait été un gâchis, en ces temps de dangers pour l?économie, de s?attarder sur un ordre du jour décalé par rapport aux priorités de l'heure.

L?opposition travailliste avait choisi comme angle attaque, peu après les législatives de septembre 2000, de barrer la route à Paul Bérenger. Cette mayonnaise n?a jamais pris. C?est à l?honneur de notre démocratie que la population n?a pas suivi l?opposition sur la voie qu?elle avait alors choisie. Il n?a jamais été question, pour la grande majorité des Mauriciens de remettre en cause le choix issu des urnes. On doit ce résultat au fait que les engrenages politiques sont bien huilés et que la mécanique tourne sans à-coups.

En revanche, c?est sur le plan social que des appréhensions existent. Outre les dérèglements que laissent apercevoir l?actualité récente, il y a des signes que les cloisons s?épaississent entre les composantes de la société. On donne une lecture ethnique, de manière systématique, à des évènements qui n?ont a priori, aucune signification à portée communale.

L?interprétation donnée au slogan «l?ICAC pa guette figir» est un exemple flagrant de cette dérive. Il est évident, pour tout être normalement constitué, que le concepteur de la campagne ne pouvait avoir, en imaginant ce slogan, une idée raciste en tête. De même, il s?est trouvé des esprits assez tordus pour voir dans les arrestations à grand spectacle de l?ICAC des mobiles racistes. En outre, les petits groupuscules extrémistes pèsent d?un poids trop lourd sur le cours des évènements.

A cet égard, on peut regretter l?absence chez les dirigeants politiques de meilleures dispositions pour lutter contre les divisions. Certes, Paul Bérenger, en particulier, tient un discours dans lequel il multiplie les déclarations pacifiques et consensuelles, mais ce n?est pas ce que l?on appelle un langage de rassemblement. Il lui faut aller au-delà de la simple juxtaposition de Roche-Bois, Plaine-Verte et Triolet dans une seule allocution pour insuffler l?élan de 82 dans les masses.

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