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La primauté du droit

20 juillet 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Dans quelques heures arrive à échéance le sursis accordé aux squatters de la NHDC. Pendant une période raisonnable, les autorités ont eu recours à la persuasion pour inciter ces occupants illégaux à partir. Cet exercice a eu un résultat en demi-teinte. La moitié des squatters résistent. Désormais, il est justifié d?utiliser ? avec discernement, il est vrai ? la force pour faire respecter la loi.

La police régulière tentera tôt demain matin d?organiser encore une fois des conciliabules avec les récalcitrants pour éviter une conflagration. Si cela n?aboutit pas, ce sera au tour de la SSU et de la SMF de mener des opérations plus musclées pour obtenir l?évacuation des derniers squatters. Aussi longtemps que les forces de l?ordre ne tombent pas dans les extrêmes, la volonté politique d?appliquer la loi avec rigueur mérite le soutien de l?opinion publique.

Certes, beaucoup de ces squatters vivent dans des conditions pénibles et leur situation demande de la sensibilité et de la compassion. Mais, les autorités ne peuvent pas afficher de la désinvolture face au défi que leur ont lancé ces occupants illégaux des maisons NHDC. Malgré l?ordre de ?pran ou pake ale?, beaucoup refusent de décamper. Quand il n?y a pas d?autre alternative, l?usage de la force est acceptable.

L?Etat ne peut pas se mettre du côté des hors-la-loi. Il lui faut, au contraire, protéger le droit de ces milliers de gens courageux qui travaillent pour accéder à un logement NHDC dans les règles. Ils sont plus de 23 000 à s?être fait inscrire et qui attendent leur tour.

Pour l?heure, il faut refuser d?entrer dans un débat sur les causes de la pauvreté ou du problème de logement. On peut chercher calmement, quand le moment viendra, les personnes ou institutions qui portent la responsabilité d?extirper des quartiers entiers du cycle de la pauvreté.

Ce qui compte pour l?immédiat, c?est le respect de la loi. Après l?évacuation des derniers squatters, il faut que les responsables de l?ordre public mènent une enquête serrée pour déterminer ceux qui sont à l?origine de la situation créée depuis le 26 juin. Personne ne peut croire que 2 000 personnes, habitant des localités très différentes, de Camp-Levieux à Cité-La-Cure, se sont réveillées un matin et ont décidé spontanément de prendre la loi entre leurs mains et de s?octroyer un logement sur lequel ils n?ont aucun droit. Il faut savoir si l?occupation illégale a été une opération organisée ou pas.

Ce serait une grave erreur, à ce stade, de faire un tri et décider de punir avec moins de sévérité ceux qui auraient des ?circonstances atténuantes? pour expliquer leurs actes. Il est aberrant que l?on puisse penser que certains des occupants illégaux sont moins hors la loi que d?autres. En revanche, quand la légalité sera rétablie, il faut discuter de la justesse des critères de la NHDC dans l?allocation des logements sociaux. S?il faut les revoir afin de protéger les populations les plus vulnérables mais qui ont néanmoins fait un effort pour épargner, modifions les critères en conséquence !

Il y a dix jours, le Premier ministre a prévenu qu?il allait ?met enn lord dan sa pei la?. La fermeté de Navin Ramgoolam était accueillie comme une bouffée d?air frais. Espérons que ce n?était pas des propos en l?air.

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