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La phase asiatique
Tout a été dit sur l?Inde. Sur ses progrès technologiques et économiques qui font d?elle une superpuissance. Et tout reste à dire sur l?avenir de la relation économique entre Maurice et la Grande Péninsule. Car nous sommes bien tentés d?affirmer que, jusqu?ici, nous n?avons rien vu de ce que nous réservent réellement les relations futures entre l?Inde et Maurice.
Le centre de gravité du monde est en train de basculer. Il se situe désormais en Asie, quelque part entre les territoires indien et chinois. Mais Maurice demeure désespérément attirée et centrée sur l?Europe. Il est temps de changer de phase. Pas par esprit de revanche. Pas parce que l?Europe nous a laissé tomber. Mais parce notre avenir semble désormais se trouver davantage du côté des deux géants asiatiques plus qu?en Europe.
Voici des illustrations économiques de cette réalité. En 2005, l?Inde et la Chine ont été respectivement le quatrième et le premier fournisseur du pays en biens et services. La même année, l?Inde a assis sa position de premier pourvoyeur d?investissement direct étranger à Maurice, loin devant des pays de l?Union européenne ou des États-Unis. Il s?agit désormais de parler d?un nouveau partenariat avec les deux pays géants de l?Orient. D?amorcer notre phase asiatique.
Il ne sert à rien toutefois de se tourner vers nos puissants voisins sans leur faire une place spéciale dans notre économie et a fortiori dans nos têtes. Des préjugés tenaces perdurent contre le « Made In China » et le « Made in India ». On pourra arguer que cela n?a que très peu d?effet sur le commerce, car les exportations de ces deux pays vers Maurice continuent à prendre la courbe ascendante.
Mais les relations économiques ne se résument pas qu?au commerce. Il faut une deuxième ouverture vers l?Inde et la Chine. Celle qui scellera notre nouvelle relation d?affaires avec ces pays. Mais nos attitudes et nos préjugés nous trahissent encore trop souvent.
Ainsi quand une entreprise connue, française ou américaine, investit sur notre sol, nous nous extasions. « Americain, europeen pe vine cot nou ». Mais quand une grande entreprise indienne arrive, on se contentera de se « féliciter » de cette implantation. Tandis qu?en aparté des hauts responsables politiques ou économiques de notre pays n?hésiteront pas à nous balancer des « bizin veille ca banne indiens la inpe quand mem ». C?est une réalité qui tend à s?estomper. Mais qui existe toujours !
Il est temps d?embrasser pleinement notre phase asiatique. Si la Nedbank sud-africaine décide de vendre les 20 % du capital de la State Bank of Mauritius qu?elle détient? Pourquoi ne pas inviter la State Bank of India à consolider son implantation sur le territoire local ? Si France Télécom se montre un peu trop « envahissante » pour Mauritius Telecom, pourquoi ne pas proposer au chinois Huawei d?apporter de nouvelles solutions technologiques susceptibles de remplacer celles qu?Orange et France Télécom offrent à leur partenaire local ?
Il ne s?agit plus de dire que l?Asie représente l?avenir. Il s?agit de le prouver maintenant. Il faut dérouler le tapis rouge non seulement au président Abdul Kalam, mais à tous les investisseurs et entreprises asiatiques qui ont des projets solides et concrets de développement à Maurice. Bollywood nous a récemment fait rêver, les investisseurs indiens nous feront progresser...
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