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La menace nommée Saddam

18 juillet 2003, 20:00

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«Le régime de Saddam Hussein représentait une menace sérieuse et grandissante. Compte tenu de son histoire faite de violences et d?agressions, il aurait été irresponsable de faire confiance à sa raison et à sa retenue», a ajouté Bush.

Tony Blair et George Bush, venus afficher leur amitié et se féliciter du prompt renversement du régime de Saddam Hussein, ont été bombardés de questions moins consensuelles, liées au chaos actuel en Irak, à la fiabilité des services de renseignements ou encore à la détention de Britanniques soupçonnés de terrorisme dans les geôles américaines.

Les sceptiques fustigés

Blair a qualifié d?«authentiques» les éléments fournis par ses services secrets sur l?existence en Irak de programmes de fabrication d?armes de destruction massive, principal argument utilisé par Londres et Washington pour justifier l?intervention armée dans le Golfe. Bush a fustigé les «sceptiques» et insisté sur la dangerosité du régime de Saddam Hussein.

«Je pense profondément qu?il essayait de reconstituer son programme d?armes nucléaires et je rappelle aux sceptiques qu?en 1991, il était clair que Saddam Hussein était près à développer l?arme nucléaire plus que personne n?aurait pu imaginer.»

«Saddam était une menace. Je prends la responsabilité de faire face à cette menace», a ajouté le chef de l?exécutif américain. «On ne prouvera pas que nous avons eu tort (...) Nous fournirons des informations sur les armes quand nous les trouverons et mettrons fin aux spéculations.»

Dans un fervent plaidoyer pour la guerre prononcée devant les élus du Congrès américain, le Britannique,Tony Blair a estimé que le renversement de Saddam Hussein justifiait une intervention en Irak.

«L?HISTOIRE PARDONNERA»

«Si nous nous trompons sur les armes de destruction massive, nous aurons détruit une menace qui est au moins responsable d?un carnage inhumain et de souffrances», a dit Blair dans ce qui est considéré comme son discours le plus important de ses six ans de mandat. «C?est quelque chose, j?en suis sûr, que l?histoire pardonnera», a-t-il conclu.

Plutôt que les lauriers des vainqueurs, Blair et Bush recueillent d?acerbes critiques en cette période après-guerre synonyme de cauchemar pour leurs hommes sur le terrain.

Le chaos règne en Irak, où les soldats subissent des attaques quotidiennes, et les opinions américaines et britanniques doutent de plus en plus du bien-fondé de cette guerre.

«Nous sommes testés en Irak», a reconnu Bush. Nos ennemis attendent des signes d?hésitation. Ils attendent un signe de faiblesse. Il n?y en aura pas.» Blair a fait allusion aux difficultés rencontrées dans son propre pays lors de ses remerciements adressés aux élus américains, qui se sont levés à 17 reprises pour l?applaudir.

«Je suis profondément touché par ce chaleureux et généreux accueil», a-t-il dit. «C?est plus que ce que je mérite et, franchement, plus que ce à quoi je suis habitué», a-t-il plaisanté. «C?est probablement l?accueil d?un dirigeant étranger le plus chaleureux que j?aie jamais vu», a déclaré le sénateur démocrate du Dakota du Sud, Tom Daschle. Quatrième Premier ministre britannique à prononcer un discours devant le Congrès américain, Tony Blair s?est également employé à son changer son image de «chouchou de Bush.»

Il a ainsi annoncé son intention d?évoquer avec le président américain le sort de deux ressortissants britanniques soupçonnés de terrorisme détenus à la base de Guantanamo Bay, à Cuba. Appelés à être jugés par un tribunal militaire américain, ils risquent la peine de mort, alors que Londres est opposé à la peine capitale.

Interrogé à ce sujet lors de la conférence de presse, Bush a évoqué la probable culpabilité des deux hommes. «La seule chose dont je suis sûr c?est qu?il s?agit de personnes mauvaises, a-t-il dit. Nous allons travailler avec le gouvernement de Blair sur cette question.»

droits de l?homme

Les défenseurs des droits de l?homme souhaitent que Feroz Abbasi et Moazzam Begg, âgés de 23 et 35 ans, soient rapatriés en Grande-Bretagne pour y être jugés. Les experts judiciaires doutent toutefois qu?un tel procès puisse être organisé.

Tony Blair poursuivra son voyage par une tournée en Asie. Il ira aujourd?hui au Japon pour des entretiens avec son homologue Junichiro Koizumi, puis à Séoul, où il évoquera avec le président sud-coréen l?actuelle crise née de la reprise par la Corée du Nord de son programme nucléaire. La Grande-Bretagne est l?un des rares pays occidentaux à avoir une ambassade à Pyongyang.

Blair, qui sera accompagné d?une délégation d?hommes d?affaires, poursuivra sa tournée par Pékin et Shanghai pour des entretiens avec le président chinois Hu Jintao, le Premier ministre Wen Jiabao et l?ancien chef de l?Etat Jiang Zemin. Il rencontrera enfin des investisseurs à Hong Kong mercredi et jeudi avant de rentrer en Grande-Bretagne.

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