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Journée mondiale de l’océan
Arvin Boolell : «Maurice possède un potentiel inexploité»
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Journée mondiale de l’océan
Arvin Boolell : «Maurice possède un potentiel inexploité»
Le ministre Arvin Boolell prenant la parole à l’Institut français de Maurice dans le cadre de la Journée mondiale de l’océan 2026.
Un événement célébrant la Journée mondiale de l’océan 2026 a été organisé conjointement par l’Institut océanographique de Maurice et l’Institut français de Maurice (IFM) à Rose-Hill le 8 juin. Cette année, elle a été célébrée dans le monde entier sous le thème «Réinventer : audelà du monde que nous connaissons, une nouvelle relation avec notre océan».
Avec comme invités principaux Arvin Boolell, ministre de l’Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l’économie bleue et de la pêche, le junior minister Fabrice David, ainsi que plusieurs collégiens, cet événement a aussi été marqué par la diffusion du documentaire Cachalots, une histoire de famille, réalisé par René Heuzey, François Sarano et Guillaume Vincent, récompensé du Trophée d’Or du film scientifique de La Réunion en 2023.
«Maurice peut démontrer qu’être un grand État océanique ne se définit pas uniquement par l’étendue de son espace marin, mais aussi par la force et l’efficacité de sa gestion. Qu’une économie bleue se mesure non seulement à la croissance, mais aussi à la résilience et à la durabilité. Et que les cadres internationaux n’atteignent leur pleine valeur que lorsqu’ils se traduisent par une action nationale décisive et cohérente», a fait ressortir Daniel Marie, directeur de l’Institut océanographique de Maurice.
Quentin Biehler, conseiller de coopération et d’action culturelle et directeur de l’IFM, a déclaré pour sa part qu’à Maurice, il est «presque impossible d’oublier l’océan. Il est partout, à l’horizon, dans nos paysages, dans notre climat, dans notre mémoire collective». Il a parlé des menaces qui pèsent sur nos mers, notamment le réchauffement, l’acidification, la pollution plastique, la perte de biodiversité et la surexploitation des ressources. «Agir devient crucial, et la question n’est plus de savoir si nous devons le faire, mais si nous pouvons agir de manière rapide, forte et concertée face à ces défis globaux». Selon lui, la réponse doit être collective.
Le junior minister Fabrice David a rappelé que cette année marque l’entrée en vigueur du traité sur la haute mer, qui vise à protéger deux tiers des océans non soumis à une juridiction nationale, souvent exploités sans régulation, aggravant la surpêche, la pollution et d’autres formes d’exploitation : «Ce traité est crucial pour instaurer un cadre juridique pour des pratiques maritimes durables». Il est également revenu sur la proposition du Premier ministre Navin Ramgoolam au Kenya pendant le sommet France-Afrique, notamment la création d’une coalition des États océaniques, nommée Global Blue Belt Coalition. Cette coalition rassemblerait les pays ayant une zone économique exclusive d’au moins un million de kilomètres carrés ; seuls 30 pays dans le monde remplissent ce critère. «Nous sommes la nation océan, nous sommes l’État archipel, nous sommes la République de Maurice. Nos ancêtres sont venus par l’océan et cet océan qui est aujourd’hui la mémoire de notre civilisation mauricienne veut être aussi la promesse d’un avenir, d’un avenir bleu pour vous, pour moi, pour nous tous».
Le ministre Arvin Boolell a souligné l’immensité du territoire maritime mauricien, qui s’étend sur 2,3 millions de kilomètres carrés, et a insisté sur les accords diplomatiques conclus avec les Seychelles concernant le partage d’un plateau continental de 400 000 kilomètres carrés. Il a souligné la nécessité de moderniser la législation et de renforcer la responsabilité collective en matière de protection du patrimoine océanique. La formation des pêcheurs et la révision continue des politiques sont indispensables, de même que la collaboration avec les organismes internationaux et les ONG.
Il a noté que les critiques soulignent la dépendance du pays aux importations de poisson, révélant des lacunes dans les pratiques de pêche locales. «À l’inverse, Maurice possède un potentiel inexploité pour les initiatives de pêche industrielle. Le gouvernement entend encourager les investissements durables, notamment dans des régions comme le banc de Saya de Malha, crucial pour la séquestration du carbone. À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, il est essentiel de remédier au décalage entre notre vaste zone économique exclusive et la faible disponibilité du poisson sur nos marchés. J’encourage les acteurs intéressés par la pêche industrielle et l’utilisation de nos ressources à s’impliquer activement plutôt que de se contenter de discuter des difficultés. Nous exportons du poisson transformé pour un montant de Rs 14 milliards, une valeur considérable pour nos pêcheries qui pourrait être davantage développée au profit des populations locales», a-t-il encore fait ressortir.
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Tarifs douaniers revus sans consultation
La décision du Royaume-Uni d’ouvrir davantage son marché au thon, en supprimant les droits de douane sans consultation préalable, suscite une vive inquiétude à Maurice. Pour Arvin Boolell, cette libéralisation prise unilatéralement remet en question des engagements préexistants et menace une filière clé : les exportations de thon représentent environ Rs 14 milliards de roupies par an. «Nous sommes déçus par cette décision prise sans consultation préalable, et ce n’est pas la façon de faire les choses. J’ai soulevé cette question avec le Premier ministre. La libéralisation des tarifs, ena pei kontan, ena pa kontan. Mais lorsqu’il s’agit d’un engagement formel, il faut le respecter. Mais nous pensons qu’avec le dialogue et les consultations avec la partie britannique, nous pouvons trouver une solution», a déclaré le ministre.
Les importations de thon au Royaume-Uni sont régies par l’accord UK-ESA, qui fixe des quotas préférentiels et une dérogation relative à l’origine des matières premières, facilitant la transformation dans des pays comme Maurice ou les Seychelles.
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BBNJ, un traité important pour l’océan indien
Entré en vigueur le 17 janvier 2026, l’accord Biodiversity Beyond National Jurisdiction (BBNJ) constitue le premier traité international contraignant pour la protection de la biodiversité marine en haute mer, couvrant environ 60 % des océans. Il repose sur quatre piliers : la création d’aires marines protégées pour atteindre 30 % de l’océan préservé d’ici 2030, l’obligation pour les États d’évaluer les conséquences environnementales des activités industrielles en haute mer, un cadre de partage juste des avantages issus des ressources génétiques marines, et un mécanisme de transfert de technologies au profit des pays en développement. Les États de l’Indianocéanie, dont les zones économiques exclusives couvrent 5,5 millions de kilomètres carrés, représentent un terrain favorable à sa ratification : riche écologiquement, cette région fait partie des 34 points chauds de biodiversité mondiaux, constitue le deuxième triangle récifal mondial et abrite certains des plus vastes herbiers marins.
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