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Osman Mahomed : «Le délit de ‘road rage’ est déjà prévu dans la future législation, mais la police doit appliquer pleinement la loi existante»

10 juin 2026, 14:00

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Osman Mahomed : «Le délit de ‘road rage’ est déjà prévu dans la future législation, mais la police doit appliquer pleinement la loi existante»

Osman Mahomed, ministre des Transports terrestres.

Après l’incident survenu à Roche-Bois ce week-end, au cours duquel une altercation entre deux automobilistes s’est produite sur l’autoroute sous les yeux de policiers, le ministre a réagi en expliquant que des dispositions concernant le délit de «road rage» sont prévues dans la future législation. Il lance entre-temps un appel au commissaire de police afin que ses officiers agissent selon la loi existante.

Quelle est votre réaction face à ces images montrant un automobiliste qui s’arrête devant des policiers à Roche-Bois pour agresser un autre conducteur ?

J’ai été choqué en voyant ces images parce que ce genre de comportement est inacceptable. Cela dit, il faut aussi comprendre que nous avions anticipé ce type de problème depuis longtemps. J’avais formulé une proposition au Conseil des ministres le 6 mars 2026. Cette mesure prévoit l’introduction du délit de road rage dans la future loi sur la circulation routière.

Dans le même temps, le ministère des Transports terrestres mène, en collaboration avec Cerebro Ltd et Etiquette Africa, une enquête nationale sur le comportement et la civilité sur les routes mauriciennes. Cette étude vise à recueillir les expériences et perceptions des automobilistes, des piétons et des usagers du transport public afin d’identifier les principales sources de tension sur les routes, d’évaluer les comportements en cas d’accident et de mieux orienter les futures campagnes de sensibilisation, les politiques publiques ainsi que les projets d’infrastructure.

Nous avons donc abordé le problème sous deux angles. Le premier concerne la législation. Le Conseil des ministres a donné des instructions à l’Attorney General’s Office afin d’inclure les incidents de road rage dans le Road Traffic (Amendment) Bill. Mon ministère avait déjà écrit au parquet le 10 mars 2026 pour transmettre les instructions de rédaction et plusieurs réunions ont eu lieu avec ses représentants. Les discussions portent sur le fait que toute personne qui agresse ou menace d’agresser un autre conducteur ou un passager de son véhicule commettra une infraction.

À ce jour, la loi prévoit déjà certaines dispositions. Une agression constitue déjà une infraction sous le Code pénal. Toutefois, la décision du Conseil des ministres du 6 mars permettra d’affiner davantage la législation afin que, par exemple, l’utilisation de propos ou comportements menaçants, abusifs ou insultants dans l’espace public constituera également une infraction.

Cet incident relance-t-il le débat sur le permis à points, sachant que son introduction visait notamment à provoquer un changement de mentalité chez les conducteurs ?

Il faut faire la distinction entre le permis à points et la civilité. Les actes de violence au volant – road rage –relèvent avant tout de la civilité. C’est un aspect sur lequel nous pouvons agir. En revanche, le permis à points a pour objectif principal d’inculquer un changement de comportement au volant dans l’intérêt de la sécurité routière. Il ne faut donc pas juger ce système uniquement à travers cet incident. La road rage ne figure pas parmi les 33 infractions prises en compte dans le permis à points. On y retrouve notamment les excès de vitesse, le nonport de la ceinture de sécurité, le non-respect des lignes continues ainsi que de nombreuses autres infractions. La Road Traffic Act prévoit plus de 200 infractions liées à la sécurité routière. Les 33 infractions retenues dans le système du permis à points sont simplement celles qui sont les plus fréquemment commises. Il faut donc dissocier ces deux questions.

Quel est le plan d’action pour éviter que ce type d’incident ne se reproduise, même si la police a manifestement un rôle important à jouer ?

Ninport ki zoli lalwa ou amene mem si li satisfer bann benchmark internasional, si pena enforcement, pa pou kapav rezoud sa problem-la. Enforcement ki lakle. Je le répète : même si la Road Traffic Act relève de mon ministère, l’application concrète des dispositions prévues par cette loi ne relève pas de mon ministère. Cette responsabilité incombe à la police. J’ai d’ailleurs demandé au commissaire de police de rappeler à ses officiers qu’ils doivent agir conformément aux dispositions de la loi. Ils doivent appliquer la loi telle qu’elle est prévue. Mon ministère demeure, pour sa part, très proactif sur cette question.

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