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La lutte de tout un chacun
Ceux qui tentent de juguler le chikungunya seront encouragés par le chief medical officer du ministère de la Santé, Shyam Sungkur. Il a déclaré à l?express hier que cette maladie virale subit une «baisse journalière». Selon les derniers chiffres, 170 cas auraient été enregistrés en 24 heures. Les actions visant à réduire les gîtes larvaires des moustiques se poursuivent néanmoins à travers le pays. Celles-ci prennent des formes variées.
Il suffit de voir les approches adoptées par Sonalall Seeburrun et Ramesh Basenoo, présidents des conseils de districts de Moka-Flacq et de Grand-Port-Savanne respectivement. Si le premier privilégie une attaque qui cible avant tout les zones à risques, telles Flacq et Trou-d?eau-Douce, son homologue du Sud insiste sur un système de mapping où chaque zone est quadrillée et la pulvérisation se fait systématiquement.
Alors que, fête de l?Indépendance oblige, les actions seront interrompues dans l?Est durant le week-end, une série d?opérations de nettoyage se dérouleront aujourd?hui dans des villages du Sud, tels Rose-Belle, Quatre-Frères et Deux-S?urs. Et il n?y a pas que les modus operandi qui varient. La mobilisation des ressources aussi. Sonalall Seeburrun déplore un manque d?insecticide, indispensable au fogging, et un manque de camions pour effectuer simultanément le service de voirie habituel et le nettoyage pour éliminer les gîtes larvaires.
Ramesh Basenoo affirme, lui, avoir eu l?assistance de partenaires, publics et privés. Selon lui, l?obstacle principal au bon déroulement de la démoustication est la mentalité de nombre d?habitants. Ils rechi-gnent à « met prop kot zot », et «ena dimoun ki pan netoy zot lakour depi 10 ans et zot expek ki nou pou vinn fer li pou zot.»
Dans le Sud-Ouest, l?opération Chikuniator se démarque. Cette initiative de cinq hôtels de la région, le conseil de Rivière-Noire et Hardy Henry Services est un exemple de ce qui peut être accompli quand divers secteurs travaillent ensemble. Elle vise à démoustiquer hôtels et villages et sensibiliser les villageois aux mesures à prendre.
La situation n?est pas aussi rose à Le Hochet. Gianni, un enseignant de 28 ans, allègue que des eaux usées d?une usine textile de la région finissent dans la cour de certains habitants. Ce qui fait l?affaire des moustiques. Les services sanitaires auraient été informés mais n?auraient pas fait de suivi. Une pétition adressée au conseil de district n?aurait pas eu l?effet escompté. Un habitant de Beau-Bassin fait remarquer, quant à lui, qu?une voiture abandonnée depuis plusieurs mois à la rue Rémy Ollier serait devenue « un repaire de moustiques ». Selon lui, la municipalité et la police de l?Environnement ont été notifiées, mais n?auraient rien fait pour y remédier, bien qu?elles assurent le contraire.
La bataille contre les moustiques s?annonce ardue. Mais elle mérite d?être disputée. L?assistant Town Clerk de la municipalité de Quatre-Bornes, Noël Migale, estime que la situation y est « sous contrôle ». Malgré cela, les opérations de nettoyage seront effectuées à Palma et Belle-Rose aujourd?hui. Les forces vives se sont engagées dans la lutte. La victoire, semble-t-il, passe par la participation de tout un chacun.
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