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La journaliste d?Oslo et ?Le libraire de Kaboul?
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La journaliste d?Oslo et ?Le libraire de Kaboul?
Cinq ans après la sortie de son best-seller Le libraire de Kaboul, paru en France en 2003 (Le Livre de poche), la journaliste norvégienne Asne Seierstad traîne toujours son succès comme une croix. Après l?échec de la médiation qui l?a opposée au héros de son ouvrage, la semaine dernière à Oslo, Asne Seierstad se résigne à devoir affronter Shah Muhammad Rais (Sultan Khan dans le livre), devant un tribunal. ?Il y a deux raisons pour ce procès, explique Per Danielsen, l?avocat du libraire. Asne Seierstad n?a pas présenté d?excuses pour sa publication où elle exposait la vie privée du libraire et elle n?a pas offert le moindre argent à sa famille.?
En 2002, la journaliste avait passé plusieurs mois passionnants mais éprouvants dans la famille de ce libraire érudit. ?Jamais je n?ai ressenti une telle envie de frapper quelqu?un que pendant mon séjour chez les Khan, écrit-elle en avant-propos. C?est toujours la même raison qui me faisait sortir de mes gonds : le comportement des hommes envers les femmes.?
Elle l?avait conté dans le détail. Or, selon Shah Muhammad Rais, sa famille aurait depuis été menacée. L?une de ses femmes vit au Canada car elle ne se sentait plus en sécurité en Afghanistan. La seconde épouse vit en Norvège dans l?attente d?une demande d?asile déposée en Suède. Shah Muhammad Rais s?est dit outré par l?étalage des relations intimes de sa famille, qui a jeté la honte sur eux, et a accusé la Norvégienne d?avoir abusé de son hospitalité et trahi sa vie privée.
Lors de la tentative de médiation, le libraire, qui vit toujours à Kaboul, a réclamé des excuses et des dommages et intérêts pour sa famille. ?Je n?ai aucune de raison de m?excuser, explique Asne Seierstad. Mon livre correspond à l?accord que j?ai passé avec Rais à l?automne 2001.? Elle dit avoir dépensé plus de 120 000 euros, avec l?argent du livre, pour construire une école en Afghanistan. ?Rais m?avait dit, l?an dernier, qu?il ne voulait pas d?argent, indique l?éditeur norvégien. Aussi avons-nous eu l?idée de constituer une Fondation Shah Mohammad Rais à hauteur de 500 000 couronnes (plus de 60 000 euros) pour soutenir la littérature afghane. Aujourd?hui, il semble avoir changé d?avis.? Le procès devrait avoir lieu d?ici un an.
© Le Monde 2007. Distribué par The New York Times Syndicate.
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