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La coupe démarre à Union St.-Aubin sur fond de polémique

15 juin 2007, 00:00

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La récolte 2007 démarre avec, en toile de fond, des divergences entre la Plantation House et le gouvernement sur la centralisation et d?autres problèmes liés à la réforme dans le secteur sucre.

Union St.-Aubin, de la Société usinière du Sud (Suds), a été la première usine à démarrer mercredi. Mais ce n?est qu?à partir d?hier que les cannes ont été broyées. ?Nous prévoyons une récolte moyenne, à cause du passage du cyclone Gamede et des conditions climatiques qui ont suivi. Nous pensons produire moins de cannes cette année que l?année dernière?, explique Raymond Rivalland, chief operations officer de Suds.

Union St.-Aubin s?attend à produire 40 000 tonnes de sucre cette année, contre 44 000 tonnes l?an dernier. Ainsi, pour les 140 jours de coupe prévus, elle compte broyer 400 000 tonnes de cannes.

Cellule de communication

?Union St.-Aubin assurera très probablement une de ses dernières saisons sucrières. Car il est prévu qu?elle ferme ses portes l?année prochaine, si le feu vert du gouvernement est obtenu et si toutes les conditions sont réunies pour ce faire?, ajoute Raymond Rivalland.

Cette fermeture est liée à l?installation d?une troisième chaîne de production d?énergie électrique par Savannah. Ce projet est discuté avec le Central Electricity Board (CEB) en vue de la signature d?un accord d?achat d?électricité. Les deux premières lignes de production de Savannah sont déjà opérationnelles.

Si Union St.-Aubin ferme l?an prochain, toutes ses cannes seront dirigées vers l?usine sucrière de Savannah. Cette dernière vient d?être agrandie pour les recevoir.

Entre-temps, une cellule de communication a été mise sur pied à l?usine pour préparer les employés à affronter cette éventuelle fermeture. Union St.-Aubin emploie 175 personnes, dont 160 artisans et 15 cadres.

Des cours de formation leur sont prodigués en vue de leur éventuel recyclage. Par exemple, certains mécaniciens et soudeurs sont formés à la restauration, pour leur permettre de trouver un emploi dans l?hôtellerie. D?autres sont instruits pour être chauffeurs d?autobus.

Ces cours de formation sont assurés avec la collaboration de l?École hôtelière, de l?Industrial and Vocational Training Board, de l?Institut supérieur de technologie et du Regional Training Centre de l?industrie sucrière.

Après Union St.-Aubin, Savannah sera la deuxième usine de Suds à démarrer la coupe, dans une dizaine de jours. Mais les deux autres usines du même groupe, Riche-en-Eau et Mon-Trésor Mon-Désert, ne tourneront pas cette année. Vu que leur fermeture était programmée, elles n?ont pas entrepris de travaux de maintenance pendant l?entrecoupe.

La fermeture de Riche-en-Eau et Mon-Trésor Mon-Désert s?inscrit dans le cadre de la centralisation sucrière. Elle fait l?objet de discussions entre la Mauritius Sugar Producers Association et le gouvernement. Ce dernier souhaite obtenir entre 1 500 et 2 000 arpents de terre de l?industrie sucrière pour des projets sociaux en contrepartie de la fermeture de ces usines. Or la Plantation House a argué que cette question de terres ne faisait pas partie des conditions initiales de la centralisation.

Un comité, présidé par Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie a été institué pour essayer de trouver une solution à cet épineux problème. D?autant que la centralisation est une des conditions essentielles pour le déboursement des fonds d?accompagnement de l?Union européenne suite à la baisse du prix du sucre, qui devrait atteindre 36 % en 2009.

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