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Krishna Coonjan divise le NPCC
Persévérer pour réussir. Ce message, le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC) le martèle depuis plus cinq ans. Sauf qu?il ne s?attendait pas qu?il y ait un effet boomerang et de surcroît de la part du gouvernement. C?est pourtant ce qui se passera cet après-midi : l?Alliance sociale revient avec sa proposition de nommer Krishna Coonjan à la tête de l?organisation deux semaines après qu?elle a été rejetée.
Le NPCC n?a pas de directeur exécutif depuis le départ de Nikhil Treebhoohun en mars de l?année dernière pour le Commonwealth Secretariat. Après avoir nommé Avinash Ramtohul, un consultant d?Oracle, à la présidence, le gouvernment veut placer Krishna Coonjan à la tête. Le conseil d?administration ne s?est pas laissé faire il y a deux semaines en rejetant cette proposition. La majorité des vingt membres (issus de la fonction publique, du privé et des syndicats) avait trouvé que Krishna Coonjan n?avait pas le profil idéal pour diriger le NPCC.
Cette décision est restée en travers de la gorge de certains ministres. Après tout, Krishna Coonjan a été très actif aux côtés des hommes forts de l?Alliance sociale pendant la dernière campagne électorale.
La proposition de le nommer émane du ministère de l?Education ? sous lequel opère le NPCC depuis le changement de régime. Le salaire mensuel d?un directeur du NPCC est de Rs 60 000 négociable jusqu?à Rs 75 000.
Le Conseil des ministres du 16 décembre avait d?abord recommandé Krishna Coonjan pour le poste de directeur général de la Mauritius Qualifications Authority (MQA). Sauf que le poste de directeur exécutif du NPCC est plus prestigieux que celui de la MQA. Le NPCC dispose aussi d?un budget annuel plus important, soit d?environ Rs 20 millions.
<B>?Lobbying? intense
Les débats d?aujourd?hui promettent d?être âpres. Au cours des derniers jours, des proches du gouvernement ont intensifié leur lobbying auprès de certains membres du conseil. Ils soutiennent que ne NPCC est un organisme parapublic et que ceux qui refusent de ratifier une nomination gouvernementale n?ont qu?à soumettre leur démission. Ils n?auront pas la partie facile puisqu?un autre camp s?est élevé contre l?arrivée de Krishna Coonjan au NPCC.
La stratégie de cette fraction comporte deux volets : démontrer que Krishna Coonjan est un mauvais choix pour le NPCC et que le gouvernement a tort de s?ingérer dans un organisme dont la crédibilité dépend de son indépendance. La première partie est déjà amorcée avec la circulation d?un rapport du Management Audit Bureau sur le Farmers Service Centre. Ce document, qui date d?août 1994, critique sévèrement les modes de gestion de Krishna Coonjan. Kailash Ruhee, ministre de l?Agriculture d?alors (et actuel special adviser au bureau du Premier ministre) l?avait d?ailleurs limogé à la suite de ce rapport.
Le camp anti-Coonjan, qui comprend des membres du conseil, avance aussi que l?entêtement du gouvernement à nommer un de ses poulains au NPCC bafouera les principes fondamentaux de l?organisation. Selon le NPCC Act, ?le directeur éxécutif est nommé par le conseil avec l?aval du ministre? et non le contraire. L?argument de certains directeurs est que si Krishna Coonjan devient patron du NPCC, il sera redevable envers le gouvernement qui l?a nommé et non envers conseil. ?Le gouvernement parle de corporate governance mais veut s?ingérer dans le fonctionnement d?un organisme tripartite dont l?indépendance est la raison d?être?, explique un membre du conseil.
Tous les yeux seront braqués sur St.-James Court cet après-midi. Un deuxième refus du conseil d?accepter Krishna Coonjan risque de créer un véritable séisme?
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