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Kessoven et Avinash, marchands du bonheur

31 décembre 2006, 00:00

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Une année qui se termine, une autre qui naît, cette période est par nature festive. On profite que le bleu du ciel se dilue à celui de la mer, on s?offre une parenthèse volée aux tumultes des villes, on se paie du bon temps à la mer.

Parallèlement, il y a les autres, ceux qui prennent leurs quartiers d?été dehors aussi, qui sont en tenue de vacances, mais qui, en fait travaillent. Une virée à bord d?un bateau à fond de verre, une glace pour se rafraîchir, un paréo pour se draper, des « bananes » sur lesquelles se glisser? de plus en plus de marchands sillonnent nos plages et nous vendent du bon temps. Nous en avons rencontré deux. Leur métier a un parfum de vacances, ce qui n?empêche pas la rigueur d?être de mise.

Comment ne pas se laisser aller à l?oisiveté, les yeux rivés sur le grand large quand on est sur la plage, allongé sur des transats flambant neufs sous un grand parasol ? C?est Avinash Luchoo qui loue ces abris de rêve sur la plage publique de Mon-Choisy. Cette entreprise ambulante appartient en fait à sa cousine, Priscille Toinette, qui a eu l?idée d?offrir ce service.

Ainsi, chaque matin, Avinash arrive dans son camion, décharge sa vingtaine de transats et ses parasols qu?il pique sur la plage juste en face de la mer. Une marquise plantée à côté des filaos fait office de bureau. Il y a installé une table et des chaises, c?est là qu?il reçoit ses clients qui viennent louer son matériel. Il leur propose, en plus, de l?eau fraîchement préservée dans sa glacière, des serviettes s?ils n?en ont pas prévu, et des magazines qu?ils peuvent feuilleter au gré de leurs envies.

Pour les clients, la location de transats et de parasols est une véritable manne.

« C?est un joli compromis. On est sur une plage publique, on est en contact avec les Mauriciens et on a le confort qu?on trouve devant les hôtels, par exemple », nous dit Antoine, un Parisien logé à la Cocoteraie. Pour Avinash, c?est un métier qui donne des ouvertures. Il se sent libre, rien à voir avec son ex-job de cuisinier où il était enfermé entre les quatre murs de la cuisine d?un restaurant à Flic-en-Flac, et où il travaillait le soir. Ici, à Mon-Choisy, il se fait des amis, il apprend des langues étrangères au contact de ses clients, et on l?invite même à faire des virées en catamaran ou à partager un dîner. Qui dit mieux ?

Cap à présent sur Grand-Baie. Ils explosent de couleurs, ils sont ensoleillés et toniques, ils délivrent un parfum délicat, ce sont des fraîcheurs à emporter ou à croquer sur place. Mangues, melons d?eau, concombres, noix de coco, letchis, olives, ananas? Nous sommes comme le nom l?indique au Paradis des fruits, à Grand-Baie.

Amarrée non loin de la plage, sous un badamier, cette échoppe de fruits frais et confits fait de l??il aux passants et les pousse à faire une pause désaltérante ou tout simplement gourmande. C?est Kessoven Ellapen qui est à la barre et qui, depuis des années, a pour métier de prêter à l?éphémère un goût mémorable.

Il perpétue la tradition

Comme beaucoup de belles histoires, la sienne commence dès l?enfance. Déjà à cinq ans, il accompagnait son oncle lorsque ce dernier allait vendre ses fruits sur la plage. Vingt ans après, Kessoven perpétue toujours la tradition. Comme ses autres frères, la plage est le lieu de son gagne-pain.

Après de longues années passées à Péreybère, il s?est confortablement installé à Grand-Baie depuis neuf ans : roulotte, poubelle, réfrigérateur? il est bien équipé. « What do you want ? Eat or drink ? », demande-t-il à un touriste qui veut une noix de coco. Et hop, deux coups de couteau, une paille qui se plante dans le fruit, ce touriste reviendra à coup sûr.

Kessoven connaît les bonnes adresses pour se procurer ses fruits, il s?occupe personnellement de les faire confire, et chaque matin, à huit heures, que ce soit la semaine ou le week-end, qu?il fasse beau ou qu?il pleuve, qu?on soit en été ou en hiver et même que ce soit un jour férié, notre marchand est fidèle à son poste et ce, souvent jusqu?à 21 heures.

Et si Kessoven et Avinash devaient passer à autre chose ? Un changement de carrière n?est pas envisageable pour eux. Ils aiment le contact avec les clients, ils adorent cette ambiance de plage, ce va-et-vient de gens qui se baladent comme si le temps avait suspendu son vol. Ils se délectent aussi de ces brises de farniente.

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