Publicité

JULES ROUSSET la fibre innovatrice

11 février 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il y a eu Jules I, Jules II, et finalement le troisième : Jules Rousset plus précisément. Grand, vêtu d?un pantalon, d?une chemise bleue et d?une cravate à motifs colorés, un homme, âgé d?une soixantaine d?années, s?affale dans son fauteuil. Ses yeux bleus se marient idéalement avec sa tenue. Derrière lui, une banderole tapisse le mur. Sur fond blanc, on y trouve un petit logo à l?image d?une hélice ou d?une éolienne, peinte en orange, rouge et grenat, et répondant au nom d?Inova Riche-Terre Business Parks. « Inova, c?est un mot léger, symbole de l?innovation et de la créativité », déclare-t-il.

Lui qui a pataugé dans le sucre pendant son enfance, son adolescence et presque toute sa vie, le voilà bien parti pour une nouvelle orientation, marquant un tournant décisif dans sa carrière. Issu d?une famille de quatre enfants, Jules Rousset a grandi dans la région de Flacq. Comme son grand-père, Jules, et son père, avant lui, il a toujours travaillé dans le secteur sucre.

« Je suis né dans cette ambiance et j?ai poursuivi sur cette lancée », indique-t-il. À 20 ans, il a commencé à travailler pour Cyril Lagesse au sein de la propriété sucrière de Mont Loisir. Après son mariage avec Jaqueline Rouillard, dont la famille possède des propriétés sucrières, il vient lui apporter son aide. « Avec l?expérience acquise dans le passé,j?ai commencé à les conseiller au niveau de la culture de la canne à sucre dans la région de Riche-Terre », raconte-t-il.

<B>Un second souffle</B>

De fil en aiguille, Jules Rousset acquiert plus d?expérience et débouche aussi dans la Filature de Riche-Terre. « Cette fabrique avait été fondée après la Deuxième Guerre mondiale. Il y avait des plants d?aloès dans la région dont on pouvait traiter les feuilles et en fabriquer des fibres de très bonne qualité. C?est ainsi qu?en 1947 des sacs en jute furent fabriqués pour l?empaquetage du sucre. »

Cela a duré trois ans, soit jusqu?à l?arrivée du vrac, qui a vu la fin des sacs. À ce moment-là, Jules Rousset revient à ses premières amours ? la culture de la canne à sucre. Il investit surtout dans les canaux d?irrigation et la culture qui s?étale sur 90 % de leurs terrains à Riche-Terre.

Mais il y a quelques difficultés à l?horizon, liées à la sécheresse et aux cyclones. Ainsi, quelques années plus tard, dix hectares ont été vendus au groupe Cora, qui est maintenant connu sous l?enseigne de Jumbo. Et avec le démantèlement des accords préférentiels sur le sucre, le conseil d?administration de la Filature de Riche-Terre Ltée a décidé de prendre un second souffle : la diversification. D?où l?émergence du projet Inova Business Parks. « Le sucre n?a plus sa valeur du passé. Dans tout pays, il y a un développement et aussi des responsabilités à assumer avec », déclare-t-il.Qu?est-ce que le projet Inova ?

Il s?agit de la construction d?un Business Park de 40 500 mètres carrés sur une superficie initiale de 17,2 hectares, qui aura pour mission d?offrir en location des espaces de bureau, industriels et d?entreposage de qualité aux entreprises. Inova comprendra trois champs d?activités : Inova Offices, Inova Light Industries et Inova Warehousing. Une campagne de communication sur le projet a débuté au cours de la semaine.

« Riche-Terre est un lieu qui se prête idéalement à ce projet car la capitale est déjà saturée. Nous allons réunir les agents immobiliers pour établir la mise en chantier du projet », explique Jules Rousset. Le Business Park devrait être terminé vers la mi-2007. L?investissement du projet, qui se fera par la filature, est de Rs 500 millions avec le concours des architectes de Francis Wong Associates Ltd et les conseillers de Price Water-house Coopers et de Keystone Project Management Co Ltd.

Comment voit-il ce changement de domaine ? « Le besoin de diversification est nécessaire dans le contexte actuel du pays. Nous démarrons les grandes phases du projet qui n?est pas sans risques. Mais il y a un désir pour les prendre et les assumer », dit-il. Un valeureux changement de cap, certes, mais qui portera ses fruits dans un an.

Publicité