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Jean-François Leckning
La mémoire des heures de gloire de plus d?une douzaine de disciplines. C?est là le propos de L?odyssée du sport mauricien, ouvrage du journaliste Jean-François Leckning, disponible depuis quelques jours dans les librairies.
Sans sueur qui coule, sans chronomètre qui s?affole, sans dieu du stade à interviewer, Jean-François Leckning serait un être incomplet. Chez lui, le sport, c?est une énergie en fission au quotidien. Une activité quasi-sismique qu?il exerce à double titre : journaliste sportif ? par vocation ? il signe dans l?express et anime deux émissions sur Radio One.
Au bout de dix ans de métier, une décennie à traquer l?émotion, Jean-François Leckning nous livre L?odyssée du sport mauricien. L?ouvrage sera officiellement lancé le 24 juillet à la mairie de Port Louis. «Je veux donner une image positive du sport mauricien, parce qu?on parle systématiquement des crises qui secouent les fédérations : ennuis financiers, luttes de pouvoir?» Autocritique de professionnel ? Non. Pour comprendre les motivations de l?auteur, il faut chercher du côté de son besoin de côtoyer des surhommes.
De décortiquer une tactique, de suivre des êtres jusqu?à la limite de la rupture. «C?est ce qui m?a attiré vers le cyclisme, qui est avec le tennis, l?une de mes disciplines de prédilection.»
Une course cycliste sera d?ailleurs le premier événement qu?il couvrira. L?adolescent fraîchement sorti du Collège du Saint-Esprit rêvait depuis toujours d?être journaliste sportif. Jean François Leckning débute en 1991 à 5-Plus, avant d?intégrer la rédaction sportive de l?express en 1997.
Devant sa télé, Jean-François apprend à percer le «mystère» du Tour de France. Sur le terrain, il est le supporter haletant dans l?ambiance survoltée des Jeux des Iles de 1985. Le complice qui suit pas à pas l?évolution de Richard Sunee et Sheila Seebaluck, entre autres. Qu?il en parle ou qu?il l?écrive, c?est incontestable. Les athlètes, Jean-François Leckning les aime. Ne répète-t-il pas à plaisir : «Si on n?aime pas le sport, on ne peut pas le comprendre.»
Quelles réponses cherche ainsi ce journaliste, poursuivi jusque dans ses rêves, par sa spécialité ? «au-delà du résultat de la course, ce qui m?intéresse, c?est ce petit plus qui fait gagner, parce qu?un champion est celui qui maîtrise tous les paramètres.»
Ses paramètres à lui, c?est dans l?ombre de son défunt père qu?il les établit. Car derrière la restitution de l?effort, la description détaillée de l?aboutissement, il y a l?aventure d?un homme.
L?odyssée du sport mauricien, c?est avant tout le cheminement d?un fils qui garde vivace la blessure du départ de Cyril, «le père-ministre, l?ex-recteur du Saint Esprit, le père qui m?emmenait voir les couchers de soleil à Poste Lafayette. Le père qui était donné pour mort depuis l?année de mes 13 ans et qui a disparu en 1996.»
Maillon fort entre les générations, en octobre 2001, Jean-François devient l?heureux papa de Romain. Du coup, il revoit ses priorités. «J?aurais réussi ma vie si mon fils me voue la même admiration que celle que j?ai pour mon père.» D?où le catalyseur du livre : Le premier sourire de Romain.
L?«odyssée» de Jean-François Leckning est en somme le récit de sa vie. Celui de la montagne de doutes qu?il a gravie pour se convaincre et convaincre les autres, de la justesse de sa démarche.
A.G.
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