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?Je ne pardonne pas au PM d?avoir tué mon journal?

26 mai 2006, 00:00

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Harish Boodhoo n?est pas content. Et il le fait savoir. C?est le Premier ministre qui en prend pour son grade. Ce dernier est accusé de tous les maux par le rédacteur en chef du Sunday Vani, journal qui sera mis en vente pour la dernière fois le 28 mai. Cet hebdomadaire, tout comme Week-End et Le Militant, assure Harish Boodhoo, ne reçoivent plus de publicité de l?Etat. Une décision politique, selon notre interlocuteur.

?Si Week-End, qui a une histoire, et Le Militant, journal politique, arrivent à survivre, ce n?est pas notre cas. Navin Ramgoolam a instrumentalisé des institutions comme la PSC, la LGSC ou l?ESC. Les publicités de ces dernières ne passent que dans certains journaux. Comment cela est-il possible dans un pays démocratique ? Un Premier ministre qui décide où passeront les publicités des institutions publiques ?? s?interroge Harish Boodhoo.

Pour étayer ses propos, il cite des ministres et autres personnalités proches du pouvoir qui l?auraient appelé, en certaines occasions, pour lui dire que le ?gouvernman pou larg piblisite?. Une fois que le Sunday Vani cessera ses activités, Harish Boodhoo compte entrer une action en justice pour confronter le Premier ministre. ?Je soutiendrai mon cas, moi-même, et je ferai assigner comme témoins des gens de la PSC, la LGSC ou l?ESC aussi bien que le Premier ministre.?

Pour Harish Boodhoo, la fermeture de Sunday Vani, journal qui existe depuis 1999, ne serait que le début d?une ère de dictature. ?Mais je n?ai pas peur de Navin Ramgoolam? Tous ceux qui provoquent la réflexion deviennent automatiquement ses ennemis?, fait-il ressortir même s?il s?empresse d?ajouter que les Mauriciens ne sont pas ?une race qui réfléchit?.

?Monn fatige avek sa populasion la. C?est un peuple qui dort. S?il ne se lève pas de lui-même, il continuera à souffrir? Ce pays est compartimenté en tribus aujourd?hui et quelque chose de pire que les émeutes de 1999 nous attend. Quant à Navin Ramgoolam, il a tué mon journal. Toute cette énergie qui bouillonne en moi, je ne sais pas vers quoi il pourrait culminer. Hormis moi, il n?y a personne qui peut provoquer un soulèvement des Mauriciens?, affirme, en substance, Harish Boodhoo.

Il soutient également qu?il n?a jamais été témoin de tant de fraude et de corruption dans le pays. Il critique aussi l?Icac, dont certaines nominations le laissent perplexe. Indira Manrakhan est particulièrement ciblée. Faisant des allégations en rapport avec l?affaire Air Mauritius, il l?invitera à le poursuivre si elle se sent diffamée. Navin Ramgoolam n?est pas le seul à faire l?objet de la colère de Harish Boodhoo. Si la population est démobilisée, c?est aussi, selon lui, dû au fait que l?opposition est dans un état de décomposition. Il s?interroge aussi sur son silence concernant des scandales qui touchent le gouvernement. ?Je demande à Rama Sithanen d?instituer une commission d?enquête sur les terres de l?Etat et on verra le nombre de politiciens qui finiront leurs jours en prison.? Quant à l?opposition, elle est présentée comme un ?bouledogue sans ledan?.

Harish Boodhoo confie enfin qu?il compte désormais se consacrer à l?écriture. L?aventure des mots semble toujours le fasciner?

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