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Innover pour dynamiser une économie essoufflée

20 novembre 2005, 20:00

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Un modèle économique en déphasage avec les réalités du moment : seules des remèdes chocs pourront ranimer une croissance épuisée et éviter la catastrophe à l?avenir. L?économie mauricienne a connu une progression de 4 % en moyenne durant ces quatre dernières années. A ce rythme, elle risque la récession dans trois ans, prédisent des observateurs.

Un document de réflexion intitulé competitiveness foresight (prévoyance pour la compétitivité), publié par le National Productivity and Competitivess Council (NPCC), l?année dernière, table sur un taux de croissance de 8 %. Il est estimé que ce taux est nécessaire pour que le pays puisse assurer une prospérité économique sans les filets de protection commerciale dont il a toujours bénéficié.

Selon les projections, si Maurice parvient à suivre cette cadence, elle pourra doubler son revenu par tête d?habitant vers 2015 (à $ 8 980) et créer des emplois pour les nouveaux postulants. Même un taux annuel de 5 % ne favorisera pas la création d?emplois (jobless growth). La récession à terme sera inévitable.

Le débat porte, entre autres, sur une remise en question du modèle de développement traditionnel qui s?est appuyé sur quatre industries principales : sucre, textile, tourisme et services financiers. Avec deux des quatre moteurs qui s?essoufflent (l?industrie sucrière et la confection), seules des solutions novatrices peuvent nous sortir des difficultés.

?International city state?

Comment aborder ces nouveaux enjeux ? Un symposium organisé par le NPCC vendredi à l?université de Maurice a passé en revue les dysfonctionnements de notre économie. Des propositions pour sortir du gouffre ont été faites, et il y a eu unanimité quant à la nécessité de dégager un nouveau paradigme économique basé sur une ouverture des marchés à tous les niveaux.

Pour réaliser cette approche d?ouverture, il faudrait transformer le pays en un international city state, à l?image de Dubayy, Singapour et Hong- Kong. Maurice pourra devenir un centre de services de classe internationale. Pour cela, il faut un cadre régulateur léger, des infrastructures de communication sophistiquées et une plate-forme d?encouragements à l?investissement étranger non restrictive. Mais avant tout, il faut des marchés ouverts, dont une politique aérienne libérale, et l?élimination des obstacles à la mobilité des capitaux, des compétences, des idées et des technologies.

Percy Mistry, président de l?Oxford International Group et ancien Senior Financial Advisor à la Banque mondiale, animait la conférence. Il a fait état des entraves à cette ambition, dont la surprotection des entreprises et l?inaccessibilité des services aux investissements directs extérieurs.

Il a suggéré des moyens pour bien gérer la transition vers l?ouverture complète de l?économie : abandonner la mentalité de préférences et de protection et investir plus dans l?amélioration de la productivité. Le pays doit aussi affiner sa compétitivité dans certains secteurs du business process outsourcing et du knowledge process outsourcing : rehausser l?infrastructure physique et logistique ; réorienter certains piliers (sucre et textile-habillement) ; viser le haut de gamme pour les vêtements, et recycler les licenciés du textile.

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