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Appel à solidarité
Incendie à Bel-Air : Des années de sacrifices réduites en cendres
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Incendie à Bel-Air : Des années de sacrifices réduites en cendres
■ Des membres de la paroisse de Bel-Air se sont mobilisés pour apporter des denrées alimentaires et quelques produits de première nécessité. © Dev Ramkhelawon
Chaque matin, Jocelyne Begue revient devant ce qui était encore, il y a quelques jours, sa maison. Elle s’assoit en silence, contemple les tôles noircies, les murs calcinés et les débris éparpillés. Puis les souvenirs remontent. Les larmes aussi. En quelques minutes, un incendie a réduit en cendres le fruit de plusieurs décennies de sacrifices. Si la sexagénaire remercie le ciel d’avoir pu sauver son époux, alité, elle doit désormais faire face à une autre bataille : reconstruire un toit et retrouver un semblant de quotidien.
À Bel-Air Rivière-Sèche, Jocelyne Begue est une figure bien connue. Voilà 65 ans qu’elle vit dans cette localité où elle est née, s’est mariée et a élevé ses enfants. Malgré les épreuves, elle s’est toujours accrochée à la vie avec le sourire. Dans le quartier, on la recon- naît à son rire communicatif, à sa gentillesse et à sa foi. «Je peux dire que je suis populaire. J’ai toujours bien parlé aux gens. Je me retrouve souvent dans la prière et je peux dire que j’ai le cœur propre. Si je ne faisais pas la prière, je pense que je serais déjà morte dans cet incendie», confie-t-elle, encore bouleversée.
Le drame s’est joué mardi soir. Elle et son époux, devenu alité au fil des années, étaient allongés et discutaient tranquillement lorsque tout a basculé. «J’ai vu de la fumée sortir d’un poteau. Puis, d’un seul coup, toute la maison s’est retrouvée dans le noir. J’ai immédiatement compris qu’il y avait un incendie. Mon mari ne voyait pas ce qui se passait et pensait que ce n’était pas grave. Quelques instants plus tard, toute la maison s’est embrasée.»
■ Debout devant les vestiges de ce qui fut son foyer, Jocelyne Begue contemple les ruines d’une maison où elle avait bâti toute une vie avec son époux.
Le temps semblait suspendu. Face aux flammes qui gagnaient rapidement du terrain, Jocelyne Begue n’a eu qu’un seul réflexe : sauver son époux. «Je remercie Dieu de m’avoir donné la force de le hisser hors de la maison. Dès que nous étions dehors, tout a pris feu.»
Alertés par ses appels, les voisins se sont précipités pour leur porter secours et ont immédiatement contacté les pompiers. Mais lorsque les secours sont arrivés, l’incendie avait déjà tout dévasté. À l’intérieur, rien n’a été épargné. Les vêtements, les meubles, la télévision, le four à gaz, le ventilateur, les effets personnels, les couches médicales de son mari ainsi que ses médicaments ont disparu dans les flammes. «Nous avons tout perdu», souffle-t-elle, la voix brisée.
Depuis plusieurs années, le quotidien de la sexagénaire est entièrement consacré à son époux, atteint d’une tumeur à la tête, diabétique et désormais alité. Les soins, les rendez-vous médicaux et les traitements rythment leur vie. Après l’incendie, elle a dû entreprendre de nouvelles démarches pour obtenir à nouveau les médicaments détruits par le feu.
Le couple est aujourd’hui hébergé chez son fils. «Il travaille, ma belle-fille aussi, et mon petitenfant va à la garderie. Le soir, nous restons chez eux. Mais chaque matin, je reviens ici. Je m’assois devant les ruines et je regarde tout ce qui est parti. C’est très difficile.»
■ Les flammes n’ont laissé derrière elles qu’une structure calcinée.
Cette maison représentait bien plus qu’un simple logement. Depuis plus de dix ans, le couple y vivait modestement avant l’incendie. À force d’économies, deux petites pièces en béton avaient pu être construites afin d’améliorer progressivement leurs conditions de vie. «Nous voulions couler une dalle plus tard. Petit à petit, je donnais de l’argent à mon fils pour qu’il fasse avancer les travaux. Nous espérions simplement avoir un meilleur abri.»
Aujourd’hui, ce projet est à l’arrêt. Pourtant, Jocelyne Begue ne demande pas d’aide financière. «Si des personnes pouvaient nous aider avec quelques feuilles de tôle pour couvrir les deux pièces en béton, ainsi que des fenêtres, nous pourrions retourner vivre chez nous avec mon époux. Nous avons aussi besoin de couches pour lui, de vêtements et de quelques denrées alimentaires.»
Ces derniers jours, les premiers élans de solidarité n’ont pas tardé. Des voisins, des proches ainsi que des membres de la paroisse de Bel-Air sont venus lui apporter des vivres et quelques produits de première nécessité. Un soutien qui réchauffe le cœur de cette famille durement éprouvée. «Je remercie sincèrement toutes les personnes qui nous ont déjà aidés et celles qui penseront encore à nous.»
Au milieu des décombres, Jocelyne Begue refuse de perdre espoir. Si les flammes ont emporté sa maison, elles n’ont pas consumé sa foi ni sa volonté de reprendre, un jour, le cours de sa vie.
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