Publicité

Kronik KC Ranze

Qui gagne ?

12 juillet 2026, 09:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Qui gagne ?

Petit clin d’œil à la Coupe du monde, puisqu’elle nous en met plein les yeux, qu’on le veuille ou non.

D’abord un constat général. On pourrait avoir l’impression que cette Coupe du monde est dominée par les grands buteurs : Messi (8 buts à samedi), Mbappé (8), Haaland (7), Kane (6) ? On aurait tort de le croire, pour dominants qu’ils puissent paraître. La réalité est que le ‘grand’ Messi n’en est qu’à une tendance de 1.6 buts par match joué en 2026. Sur ses 31 matches joués en Coupe du monde depuis 2006, sa moyenne est encore plus basse à 0.68. Les 11 buts du Hongrois Kocsis en 1954 lui ont valu une moyenne extraordinaire de 2.2. Just Fontaine avec 2.17 en 1958 faisait à peine moins bien. Il est vrai que Kocsis et Fontaine n’auront joué qu’une seule Coupe du monde alors que Messi en a joué six, ce qui le met évidemment en tête de liste pour le plus grand nombre de buts marqués en Coupe du monde, soit 21. Petit rappeldonc : le choix d’une statistique unique est parfois dangereux. En mettre d’autres aussi en perspective ouvre d’autres angles ce qui est, comme toujours, capital pour essayer d’atteindre la vérité.

Ensuite, cette incroyable intervention d’un Trump qui ne se refuse rien et qui téléphone à son ami Infantino de la FIFA pour faire annuler un carton rouge imposé à Balogun, le meilleur buteur américain jusque-là. Infantino n’a peut-être pas décidé personnellement, mais c’est quand même lui qui déclenché l’évaluation de la ‘faute’ par comité…

Cette histoire est parsemée d’ironies et de cocasseries.

Balogun joue pour les États-Unis par le simple fait d’être né aux États-Unis alors que sa mère, d’origine nigérienne et vivant à Londres, se voyait, à l’époque, refuser un billet d’avion retour vers le Royaume-Uni, à 7 mois de grossesse. Or Trump mène une campagne soutenue contre le ‘droit du sol’, au point où il vient d’etre éconduit par la Cour suprême de son pays, pourtant majoritairement dominé par des nominés républicains!

Trump ne s’est pas caché d’être intervenu et il trouvait même cela ‘normal’, aimant passionnément le sport, disait-il en conférence de presse, ajoutant qu’il ne croyait pas que le tacle était une faute, précisant qu’il était ‘… good at this stuff…’. Sans doute celui de passer jugement sur les autres, sans beaucoup de respect pour ‘due process’ ? Il ajoutait, pour bonne mesure, qu’il avait été lui-même un bon sportif ! Le clou ? Il avouait ne pas savoir ce qu’était un carton rouge et que l’arbitre était ‘très suspect’! Le respect des décisions d’arbitrage ? Connais pas! Il allait même plus loin, en suggérant qu’il est important de ne jamais sanctionner les meilleurs joueurs d’une équipe (Messi, Ronaldo, Kane, par exemple), ‘because it would leave a stain’. Peut-être pensait-il à justifier son cas personnel ?

Les arbitres ne sont pas infaillibles. Cependant leurs décisions doivent être respectées sinon le jeu devient bataille rangée entre opinions opposées et donc impossible à gérer. Les juges ou les arbitres qui prennent des décisions qui vous sont défavorables peuvent faire l’objet d’appels. S’ils se révèlent être des pourris, il y a des sanctions subséquentes. Et si l’appel avait été conduit comme il se devait, c.-à-d. par la fédération américaine de football, plutôt que par le président du pays hôte en faveur de sa propre équipe, on aurait une controverse de moins !

«Les gagnants trouvent des moyens, les perdants des excuses»

Franklin Delano Roosevelt

Il y a eu 166 cartons rouges depuis la première Coupe du monde en 1930. Le seul autre cas d’une sanction renversée fut celui de Garrincha en 1962 en demi-finales du Brésil face au Chili. A l’époque un carton rouge n’impliquait pas une suspension automatique, mais seulement une possibilité de suspension selon Fox Sports. L’intervention du président… du Chili, en faveur du Brésilien Garrincha fut capitale ! Le Brésil gagnait la finale cette année-là ! Cette année-ci, ce n’est pas le Premier ministre de la Belgique qui est intervenu en faveur de Balogun. C’est plus sordide et plus inquiétant que cela… Les ÉtatsUnis perdaient finalement leur match face à la Belgique 4 buts à 1 et les Belges célébraient en chantant la chanson fétiche de Trump : YMCA ! Jusqu’à ce vendredi, Balogun était toujours un ‘birthright citizen’ américain…

Mais on ne sait jamais ces jours-ci.

Ce précédent va être lourd à porter… La Belgique gagne. Le football perd.

****** 

C’est a l’honneur du PM de ne s’etre pas caché derrière le comité d’experts, de defendre leurs competences et d’assumer ses propres responsabilités politiques.

Cependant, ce rapport d’experts, aux vérités incontournables, a proposé un ensemble de mesures cohérentes, un ‘package’ pour l’avenir du pays . N’en retenir que ce qui convient encore politiquement est une forfaiture, puisque l’on risque ainsi de sacrifier l’avenir des générations futures pour le seul confort illusoire d’aujourd’hui.

Que veut le gouvernement ? Retrouver sa popularité ? Ce n’est plus possible… me semble-t-il, autant qu’on ne peut, comme tout gouvernement, jamais retrouver sa virginité électorale. Ce gouvernement change de boussole en pleine tempête et a clairement perdu le nord. Les conséquences seront lourdes. Un syndicaliste à qui je demandais, la semaine dernière, qui va finalement payer pour la pension non réformée qu’il souhaitait (60 ans, pas de ‘means test’ (ciblage), avec augmentations pour le coût de la vie…) me répondait froidement : «Pa mo problem sa. Zot problem sa !» Et voilà le vrai problème ! Nous sommes tous apparemment pour le changement et les réformes, mais si cela nous en coûte, voyez les autres ! Or nous sommes tous dans la même baignoire !

Et elle coule(ra) plus vite qu’elle ne se remplit.

Si le Statu Quo gagne, le pays perd !

****** 

Le cessez-le-feu signé le 17 juin a déjà volé en éclats ! C’était prévisible…

Ce qui a été généralement constaté (*) c’est que ce sont les Iraniens qui ont effectivement rompu le cessez-le-feu avec des tirs, y compris sur des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Encore que les Iraniens blâment, eux, Washington accusée de «bullying…, creating obstacles and cheating».

On ne sait pas, pour l’heure, si le contraste saisissant entre les festivités américaines du 4 juillet, d’une part, et les cérémonies mortuaires du leader suprême iranien, Ali Khamenei, 131 jours après sa mort, d’autre part, y est pour quelque chose. Les contrastes émotifs mènent souvent à ce que quelqu’un qui souffre blâme le bonheur des autres… Il y a cependant une autre explication possible. La nouvelle dégradation pourrait simplement refléter le fait que l’Etat iranien fragilisé ne parle plus d’une seule voix et que les outils de guerre entre les mains des radicaux de la Garde Révolutionnaire (à distinguer de l’armée) (**) permettent à ceux-là de faire dérailler les négociations indépendamment, grâce à quelques gâchettes libérées ou rogues.

Les observateurs avertis parlent en effet d’une division profonde à la tête de l’Etat iranien, la faction radicalement contre les discussions attaquant systématiquement la ligne majoritaire favorisant le dialogue et comprenant le président Massoud Pezeskhian et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi qui ont d’ailleurs été physiquement attaqués et insultés cette semaine dans les rues de Téhéran (*).

Les tirs renouvelés de missiles ne promettent rien de bon. L’Iran, largement libéré de ses contestataires pour le moment et peut-être même ressoudé par la guerre et l’enterrement de Khamenei, veut peut-être ‘désespérément’ la paix comme l’affirme Trump, mais n’a pas d’opinion publique à soigner, a largement confirmé son pouvoir de nuisance sur Ormuz et possède toujours un arsenal balistique redoutable. Trump a une équation plus problématique. Il essaie de retrouver ‘ses’ alliés qu’il a largement agressés depuis son retour au pouvoir, il y a les élections mi-mandat en novembre et plus de la moitié de la planète lui reproche d’avoir écouté Netanyahu et déclenché la guerre d’Iran qui fait flamber les prix. Un compromis entre deux parties ayant encore de réels moyens et ne souhaitant aucunement perdre la face? Compliqué! D’autant que l’Iran ne parle pas d’une seule voix.

Dans une guerre, il n’y a souvent que des perdants !

****** 

Retrouvé dans mes tiroirs, une directive (E/150/18/01) du 3 novembre 2016, émanant du ministère de la Fonction publique confirmant un ‘special discount’ sur les billets d’avion d’Air Mauritius pour tous les employés du gouvernement, des 92 corps para étatiques de l’époque, des 7 conseils de district et des 5 municipalités. Ça roule toujours ? Je ne me souviens pas de la réaction de l’époque, mais cette subvention illustre bien la mentalité lamentable de Mauritius Inc. qui prévaut dans le pays. En effet, au nom de quoi est-ce que les employés du secteur public bénéficieraient seuls, d’avantages pourtant payés par TOUS les contribuables ? Qui va nous faire la consolidation de tous ces avantages (contributions pension, duty free, MK, congés ‘pluie’, etc.) et nous démontrer que cette partialité, voire cette discrimination, est encore justifiée en l’état actuel des choses ? Le nouveau comité que présidera le PM ? Et ne me méprenez pas: il ne faut pas étendre les avantages du service public au privé, mais plutôt le contraire ! Tant que c’est encore possible.

Pour que le pays gagne, il faudra rationaliser, harmoniser…. et surtout dynamiser !

(*) The New York Times l Divisions Festered Within Iran Over Talks With the U.S

(**) Wikipedia l Islamic Revolutionary Guard Corps

Publicité