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Ils marchent pour Sandya Bappoo
Il y a quelques jours, Sandya Bappoo succombait, après dix jours de coma, aux coups de sabre que lui avait infligés son mari, début juin. Hier, une centaine de personnes ont fait une marche pacifique dans les rues de Port-Louis, un bouton de rose rouge à la main, pour lui rendre hommage.
La marche, initiée par les parents de la défunte, avait pour point de départ le Champ-de-Mars et pour point de chute le ministère de la Femme, à la rue Rémy-Ollier. Les participants étaient majoritairement des femmes. En première ligne des marcheurs, Ootam et Soodha Ramlugon, le frère et la s?ur de Sandya, accompagnés de leurs amis. Dans leurs mains : des pancartes réclamant justice pour l?agression meurtrière de Sandya et des peines plus sévères pour ceux qui commettent la violence domestique.
Parmi les participants à cette marche silencieuse, Arline Bérenger, venue en tant que citoyenne et non en tant qu?épouse du Premier ministre, sa belle-s?ur Marie-Claire Lagesse, et Sophie Vignal, épouse de l?ambassadeur de France, pourtant rentrée de Paris la veille. Leur but : témoigner leur solidarité à la famille de Sandya.
Émotion
D?autres marcheurs avaient une motivation particulière. ?J?ai deux filles : une de 39 ans, l?autre de 34 ans. Hier, c?était Sandya. Demain, cela pourrait être leur tour?, explique Anne, une sexagénaire. Minta, 38 ans, s?est déplacée pour réclamer le respect des droits humains. Idem pour Michèle-Ann, employée d?un réceptif qui a entraîné une collègue à sa suite.
Mireille, la cinquantaine, demande aux magistrats et aux avocats d?être plus compréhensifs à l?égard des victimes de violence domestique. Ce problème, sa fille de 25 ans, qui marche à ses côtés, en a fait les frais un an après son mariage. ?Lors de l?audience, l?avocat de la défense a humilié ma fille, la faisant passer pour une menteuse. Cela l?a démolie. Aux magistrats et aux avocats, je réclame plus de compassion et de compréhension pour les victimes de violence domestique.?
Si aucun parlementaire du sexe dit fort n?était présent, leurs homologues féminins ? Dany Perrier, Leela Devi Dookhun-Luchoomun et Françoise Labelle, figuraient en bonne place.
C?est avec émotion que le ministre de la Femme, Arianne Navarre-Marie, qui attendait les marcheurs devant le bâtiment abritant son ministère, a réceptionné la lettre que lui a adressée la famille Ramlugon. Tout en affirmant que le gouvernement entend combattre la violence domestique sous toutes ses formes, elle a réclamé la contribution de la population dans cette lutte de tous les instants et a signifié son intention d?améliorer la législation en fonction des suggestions et des expériences.
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