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Guerre des cannes entre Fuel et Belle-Vue

1 juillet 2004, 20:00

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Belle-Vue lorgne les cannes de Mon-Loisir, qui souhaite mettre un terme à ses opérations après la présente saison. Mais Fuel ne voit pas les choses ainsi. C?est à elle que doivent revenir ces 400 000 tonnes de cannes, estime-t-elle.

Le Chief Executive Officer du groupe FUEL, Joseph Vaudin, est monté au créneau hier, à l?occasion d?une cérémonie marquant le début de la coupe. ?Nous avons besoin de toutes les 400 000 tonnes de cannes. Il le faut. Nous avons pris toutes les dispositions nécessaires. Ce n?est pas maintenant qu?on va venir nous parler de distance?, a-t-il déclaré. Il répondait, sans l?avouer, à Denis Pilot, administrateur de Belle-Vue-Maurel, qui déclarait dans une interview publiée mercredi, que sa sucrerie avait besoin de 300 000 tonnes de cannes de Mon-Loisir pour atteindre une taille idéale et optimiser ses investissements. Denis Pilot avait argué que Belle-Vue est plus rapprochée des champs de Mon Loisir et de St-Antoine que ne l?est Fuel.

Devant l?état-major et les employés de Fuel, Joseph Vaudin a, lui, soutenu que Fuel a besoin de la totalité des cannes de Mon-Loisir pour réaliser des économies d?échelle, principal objectif du processus de centralisation. Elle pourrait ainsi produire 125 000 tonnes de sucre contre 85 000 tonnes en moyenne actuellement. Le groupe Mon-Loisir réalisera alors entre Rs 60 millions et Rs 70 millions d?économie annuellement.

?Ces économies ne sont possibles que si une seule usine produit 125 000 tonnes de sucre, pas en répartissant les cannes ici et là. La distance est un faux problème. Nous avons pris toutes les dispositions pour acheminer les cannes des planteurs vers Fuel?, poursuit Joseph Vaudin. Pour le CEO de Fuel, la centralisation est en partie la solution pour permettre à l?industrie de survivre face aux menaces de baisse de prix brandies par la commission européenne. Si Fuel se montre intransigeante sur le tonnage de cannes qu?elle estime lui revenir, elle est disposée à envisager un échange de cannes avec Belle-Vue, comme cela se pratique déjà dans d?autres cas de centralisation.

Joseph Vaudin rappelle qu?il y a eu une fusion entre Mon-Loisir et Fuel et que les cannes de Mon-Loisir ? n?ont pas été obtenues en cadeau?. Autre fait qu?il met en exergue : lors de la fermeture de Constance, les cannes ont été acheminées vers Deep-River-Beau-Champ en dépit de la distance. ? C?est la seule manière de faire. On ne peut pas planifier une centralisation en ne sachant pas quel volume de cannes on aura à broyer?, explique Joseph Vaudin.

Il fait ressortir que Fuel s?est préparé à accueillir les cannes additionnelles de Mon-Loisir. La sucrerie a gagné en efficience et cela a permis d?obtenir 2 500 tonnes de sucre additionnelles. ?Avec les mêmes cannes nous pouvons obtenir plus de sucre par tonne de cannes que n?importe quelle sucrerie du pays, y compris celle située dans le Nord?, ajoute Joseph Vaudin.

Cette allusion à l?efficience est sans doute une réponse du berger à la bergère car Denis Pilot avait, lui, argué que la centrale électrique de Belle-Vue était la plus efficiente du pays et que Fuel avait encore du progrès à faire dans ce domaine. C?est au Cane Planters and Millers Control and Arbitration Board qu?il appartiendra de trancher ce débat entre les deux plus importantes usines et familles sucrières.

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