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Fricassée politicienne
Ça y est. Les premières salves sont lancées. Elles ne sont guère réjouissantes et augurent d?une suite à la campagne électorale avec ces poncifs dont on aurait bien fait l?économie. Mais il ne faut pas être trop exigeant de nos formations politiques. Elles sont viscéralement attachées à certaines pratiques abêtissantes et cela n?est pas prêt de changer.
L?alliance gouvernementale est entrée en campagne et a lancé sa contre-offensive. La riposte de l?opposition travailliste ne s?est pas fait attendre. Elle a, dans un premier temps, contribué à pervertir le jeu parlementaire. Le respect des règles démocratiques est de toute façon quelque chose de très circonstanciel pour certains de nos politiques. C?est donc à un véritable déferlement de répulsion et d?intolérance qu?on assiste ces jours-ci au Parlement. Parce qu?il n?avait pas vu le coup venir, parce qu?il se voyait déjà installé dans le fauteuil de Premier ministre, Navin Ramgoolam a trouvé une parade pour sauver encore ce qui peut l?être au Parlement. Il consacre, à cet effet, ses PNQs à l?affaire MCB et revient à la charge sur le rapport n?Tan dans le but de détourner l?attention de ce budget qu?il juge excessivement populiste.
Les deux principaux adversaires politiques ne peuvent logiquement emprunter la même voie pour remporter une élection. Mais cela ne les autorise pas à convertir le Parlement en un cirque où les acrobaties verbales provoquent un véritable haut-le-c?ur chez ceux qui croyaient que la démocratie implique le respect d?un minimum de règles. Il importe, à ce chapitre, de rappeler que le Parlement n?est pas encore dissous. A ce titre, les parlementaires n?ont aucun droit de se comporter en aficionados prêts à tous les excès pour faire la démonstration de leur vigueur politique.
L?opposition pourrait en ce sens trouver toutes sortes de laborieuses justifications pour expliquer sa représentation parlementaire. Mais la man?uvre est trop évidente. Son refus d?entrer dans les débats budgétaires traduit un désarroi certain et l?insistante spectacularisation de l?affaire MCB n?est qu?un grossier leurre auquel ne succombent que peu d?électeurs finalement.
Pour que le délire soit total, que le ridicule atteigne son paroxysme, d?autres ingrédients doivent être réunis pour réussir la recette d?un fétide fricot politicien qui se concocte à chaque élection. La vague d?insultes et la déferlante diffamatoire à l?intelligence publique peuvent se poursuivre. Comme il fallait donc s?y attendre, le dilettantisme politique se pare de ces incontournables actions d?éclat qui ponctuent chaque campagne électorale. Une autre de ces constantes est la plainte en diffamation. Cela fait partie du folklore et il est revenu à Navin Ramgoolam de dégainer en premier. Il réclame Rs 10 millions à Pravind Jugnauth. Ce n?est qu?un premier coup à une courbe qui sera résolument inflationniste. Les procès en diffamation n?étant qu?un autre de ces artifices qui permettent de reporter aux calendes grecques les véritables questions de fond.
Il y a également d?autres situations potentiellement nuisibles que les politiques vont tenter d?éviter à tout prix en période électorale. L?une d?elles est cette possibilité de débat télévisé qui sera invariablement avortée. Il ne faut pas s?y tromper. Les différents protagonistes trouveront toujours le bon prétexte pour contourner cette pratique si courante dans les véritables démocraties.
Nous sommes passés désormais à l?heure des phrases assassines, des accusations fracassantes, des subterfuges en tout genre? Bref, c?est dans cette voie poussiéreuse que des politiques vont tenter d?engouffrer l?esprit critique des électeurs. A ceux-ci de faire preuve de discernement.
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