Publicité

Fini le temps des vaches maigres

17 septembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Fini le temps des vaches maigres

C?est une success story. Les protagonistes : deux éleveuses de vaches de Roches-Noires. Alors qu?en 2002, de petits éleveurs se trouvaient en difficulté, surtout avec une épidémie causant la mort de leurs animaux, le Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups est venu à leur rescousse.

Nous en avons rencontré deux d?entre eux. Il s?agit en fait de deux femmes : Marie-Carmen Toussaint et Lutchmee Neerputh. La soixantaine ou presque.

Elles nous racontent qu?elles ont été très affectées en 2002, quand leurs vaches ont été, pour paître, emportées par une maladie. ?Cette maladie nous a fait faire beaucoup de pertes et nous étions découragées.?

C?est à ce moment que va intervenir Ashok Kisto, Social Facilitator du Trust Fund pour l?intégration des personnes vulnérables. Grâce à ses démarches, le Trust Fund leur donne deux génisses. Leur patience et leur dévouement ont fait le reste : elles se retrouvent aujourd?hui avec une demi-douzaine de vaches chacune. Sans compter qu?entre-temps, elles en ont vendu quelques-unes.

Actuellement, elles récoltent entre 14 et 15 litres de lait quotidiennement. C?est Ashok Kisto qui fait chaque matin la collecte du lait et un véhicule du Marketing Board vient en prendre livraison. Chaque éleveur reçoit un prix garanti de Rs 12 le litre. L?argent est versé sur leur compte en banque, à chaque fin du mois. Grâce à l?élevage, ces deux petites éleveuses ont accompli d?énormes progrès.

<B>Pas de loisirs</B>

Marie-Carmen Toussaint raconte que grâce à ses économies elle a pu construire une maison en béton. Son époux l?aide de temps à autre : il va chercher du fourrage. Elle raconte qu?ils doivent marcher jusqu?à deux, à trois kilomètres pour en avoir. Lutchmee Neerputh peut compter sur son fils, qui l?aide dans ses tâches quotidiennes. ?Mon époux, qui était chauffeur de taxi, m?aide aussi.?

Le dur labeur a payé : elle possède une maison de huit chambres : elle a fait construire deux chambres au fur et à mesure. Son étable est en dur. ?Ti pe gayne boucoup probem dan move temps?, raconte-t-elle.

C?est toujours avec l?argent de l?élevage qu?elle a pu permettre à ses cinq enfants de poursuivre leurs études et de marier trois d?entre eux.

Les deux femmes ont fait beaucoup de sacrifices. Pour elles ni week-end, ni jour férié. Même le jour du nouvel an, elles doivent être dans leur étable. Quand il y a des mariages ou des fêtes, elles se rendent très tôt dans les champs pour chercher du fourrage afin de pouvoir y assister. Même si la plupart du temps elles arrivent en retard.

Pour rien au monde, elles n?arrêteront l?élevage des animaux. C?est une belle histoire entre elles et les vaches. Elles ont l?habitude de les cajoler. Pour reprendre le jargon populaire : ?même si nourri vache, enn travail b?uf !?

Ashok Kisto, natif de Roches-Noires, qui connaît tout le monde, dit qu?il y a beaucoup de personnes qui veulent se lancer dans l?élevage de vaches à lait. Mais pour cela, elles doivent être aidées par le Trust Fund ou le ministère de l?Agriculture. Dans le village, il est facile de recueillir entre 300 et 400 litres de lait chaque jour. Il souligne que si certaines personnes vendent leur produit au Marketing Board, par contre, plusieurs autres préfèrent le vendre directement à des clients, qui leur donnent un meilleur prix.

Toutefois, selon les deux éleveuses, cela prend beaucoup de temps pour aller déposer le lait chez eux. Il y a de mauvais payeurs à la fin du mois. Elles préfèrent vendre leur lait au Marketing Board. Toutefois elles ont eu vent que cette institution cessera de prendre livraison de leur lait. Elles ont un peu d?appréhension pour l?avenir...

Publicité