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Feux croisés

8 avril 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Des politiques de tous bords renouvellent leurs attaques contre «l?express» ces derniers jours. Cela ne peut que nous réjouir. Les compliments venant de la classe politique sont en général adressés à des courtisans. En revanche, les feux croisés du gouvernement et de l?opposition ne font que confirmer notre indépendance.

Les deux principales personnalités politiques du pays ont tenté, samedi, de décocher des flèches censées nous toucher. D?abord, c?est le Premier ministre qui a répliqué à un éditorial de notre journal sur la gestion des pluies torrentielles. Il a lancé cette remarque abusive : «Mais c?était une catastrophe naturelle qui semble être liée au phénomène climatique. La seule personne qui semble ne pas savoir cela est votre rédacteur en chef.» En fait, dans l?éditorial incriminé, nous avons refusé d?imputer à des causes naturelles ce qui relève simplement de la bêtise humaine. Si les zones humides naturelles sont envahies par le béton, si le système d?évacuation d?eau de certains réservoirs fonctionne mal, si les drains sont bouchés par la faute de citoyens inconscients, si les décideurs tiennent à appliquer mécaniquement des protocoles, il ne faut pas invoquer l?excuse du changement climatique pour justifier le drame du 26 mars dernier.

Toujours samedi, le leader de l?opposition a dit à «Radio One» qu?il n?a pas lu l?interview du Premier ministre, parce qu?il estime que c?est par complaisance que nous donnons la parole aux dirigeants à chaque fois qu?ils sont confrontés à une situation difficile. Faux. Paul Bérenger se trompe. Nous avions approché le Premier ministre depuis deux semaines, soit bien avant les manifestations de rue organisées par les sinistrés des inondations.

Calomnies, allégations gratuites ou insultes, tous les moyens sont bons pour attaquer un journal qui ne pratique pas un journalisme de révérence. Pire, quand ils sont au pouvoir, des politiciens n?hésitent pas à avoir recours à l?arme du boycott pour nuire à la presse indépendante. En tout cas, c?est ce que font les travaillistes depuis qu?ils sont arrivés aux affaires.

Il y a à peine quelques jours, une nouvelle consigne de boycott a été donnée à l?encontre de notre journal. Le «Government Information Services» (GIS) a décidé de ne plus accorder de la publicité gouvernementale à «l?express», le quotidien le plus lu. Sans doute, ces fonctionnaires du GIS n?ont fait qu?agir sur des directives venant du bureau du Premier ministre. Et, ce n?est pas une coïncidence que cette mesure fait suite à l?affaire qui a conduit le mois dernier à l?interpellation de deux journalistes de «Radio One», accusées de «diffusion de fausses nouvelles» et de «diffamation.»

Il n?y a pas que le gouvernement qui applique une telle politique arbitraire. «Mauritius Telecom», compagnie détenue majoritairement par l?Etat, réserve ses publicités à quelques journaux choisis, dont certains ont un taux de diffusion extrêmement limité. Cette compagnie a décidé d?exclure «l?express» de ses campagnes de pub quitte à nuire à ses propres intérêts.

Les politiciens pensent qu?ils peuvent récompenser ou punir les journaux comme ils l?entendent. Mais c?est un pouvoir qui ne leur appartient pas. Seuls les lecteurs décident à quel titre ils accordent leur confiance.

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