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Essence : comment faire des économies
Vous pensiez que rouler au point mort vous fait économiser de l?essence ? Que nenni ! En tout cas pour ceux qui ont des voitures à injection qui consomment davantage lorsqu?ils sont au point mort. Autre facteur, méconnu des Mauriciens : des pneus sous gonflés. Pour économiser de l?essence, c?est toute une éducation qui est à refaire.
«Vous serez surpris de constater à quel point les Mauriciens sont peu informés sur leurs pneumatiques et les moyens d?économiser l?essence. Plus de 60 % ne connaissent même pas la pression recommandée pour les pneus», lâche le responsable des ventes chez Univers M, Bruno Goder. Ce dernier sait de quoi il parle, lui qui fait des tournées à travers le pays avec la campagne «Pression Juste» de Michelin. Il dit d?ailleurs constater que huit fois sur dix, les pneus des automobilistes qui s?arrêtent à son stand ont les pneus sous gonflés. Etonnant alors que l?Etat ait détaxé les pneus qui favorisent une moindre résistance au roulement. Un pneus qui n?a pas la pression adéquate donne lieu à une surconsommation d?essence de 8 %. Enorme par les temps qui courent. La situation se corse avec le refus des automobilistes de faire régulièrement équilibrer leurs roues et de régler le parallélisme. Trop cher. Ces types de vérifications sont un luxe, inconnues de la majorité des automobilistes mauriciens. Plus de 90 % des automobilistes du pays n?ont jamais entendu parler de croisement ou permutation de pneus de leur véhicule. Alors Bruno Goder, dont la compagnie commercialise Michelin Energy Saver, s?évertue à faire l?éducation des automobilistes. «Des pneus mal gonflés, mal équilibrés, ou mal alignés donnent lieu à une résistance au roulement, ce qui fait que le moteur doit fournir plus de puissance et consomme donc plus de carburant», explique Bruno Goder.
<I>«Des pneus mal gonflés donnent lieu à une résistance au roulement et le moteur consomme alors plus de carburant.»</I>
Pour rouler économique, il n?y a pas que le pneu, mais tout un attirail de précautions à prendre, allant de la façon de conduire à l?entretien de sa voiture, y compris le lavage. «Une voiture qui est envoyée pour entretien régulièrement, qui a son filtre à essence et son filtre à air remplacés quand il le faut permet d?économiser beaucoup plus de carburant», souligne André Tang, très sollicité par les compagnies ayant une très grosse flotte de véhicules. En fait, il produit depuis quelques années un additif ? commercialisé sous la marque de Spurs - pour moteur à essence et diesel. «Le flacon de notre additif pour 100 litres d?essence ou de diesel coûte Rs 100, c?est-à-dire Re 1 par litre. Il permet d?économiser en moyenne 10 % de carburant, soit environ 7 % sur une voiture neuve et jusqu?à 14 % sur une vieille voiture», affirme André Tang. La Compagnie nationale de transport (CNT) teste d?ailleurs actuellement son additif. Selon certains dans cette compagnie, il permettrait une économie moyenne de 8 % de carburant. Les véhicules seraient par la suite plus souples et la montée en régime est plus rapide et décelable après les premières utilisations.
Les boosters permettent également de nettoyer et de préserver les moteurs, affirme Dimitri Rambert d?Axess qui commercialise les produits Eco Tec, pour la gamme essence et diesel. «Eco Tec est également à l?essai à la CNT et coûte plus cher que les autres produits du genre en raison du fait que c?est un produit professionnel», explique Dimitri Rambert.
Si l?amélioration de la performance et l?économie de carburant avec les additifs et un bon entretien des véhicules ne font pas de doute aujourd?hui, la façon de conduire entre également en jeu. Garagistes, revendeurs de voitures et conducteurs de voitures de rallye donnent leurs conseils? (voir hors texte).
<B>Raj JUGERNAUTH</B>
<B>Ils ont déjà changé leur mode de vie</B>
Débourser Rs 49,50 pour le litre d?essence. Alors qu?auparavant, il coûtait Rs 41,50. Certains réfléchissent déjà à deux fois avant de faire une virée en voiture. D?autres ont abandonné l?idée de s?en acheter une. Et c?est sans compter la vignette de déclaration qui augmente à partir de ce mois. Témoignages?
«Pour réduire ma consommation d?essence, je pense que je devrais désormais voyager par autobus pour aller rendre visite aux proches», lâche d?emblée Mariaven Caremben qui travaille comme Acting Principal Labour Officer, qui compte une trentaine d?années de service au ministère du Travail. Il ajoute que de par la nature de son travail, il a besoin d?un moyen de transport pour ses déplacements professionnels. «J?ai eu un emprunt du gouvernement pour l?achat de ma voiture. C?est vrai que j?ai droit à une allocation de carburant, mais elle est insuffisante», fait-il remarquer. Et pour ses courses, Mariaven Caremben envisage même d?utiliser la bicyclette ou un cyclomoteur.
Le maire de Curepipe, Kumar Bhangeeruthee, a pour sa part déjà commencé à modifier son mode de vie par rapport au transport. «Je préfère maintenant véhiculer mes officiers lorsque nous devons effectuer des visites. La mairie pourra ainsi éviter de débourser davantage d?argent en termes d?allocation de carburant», dit le maire de Curepipe. Il ajoute qu?il n?hésite pas non plus à transporter ses autres employés qui se rendent à la mairie pour que ceux-ci puisse faire des économies.
Rajnarain Guthea, employé du Mauritius Industry Research Institute (MSIRI), compte, lui, faire une croix sur ses sorties dominicales. «J?ai déjà commencé à éliminer les sorties, que j?ai l?habitude de faire les dimanches. Seules les sorties essentielles sont permises. Au cas contraire, mon budget familial va beaucoup en souffrir», dit-il.
Cet habitant du Nord a trouvé une astuce pour diminuer sa note de carburant : «Je préfère maintenant prendre le vélo pour faire du shopping», dit ce cadre du MSIRI.
Vijay Ramgoolam, un haut fonctionnaire qui est actuellement en congé, affirme lui qu?il réfléchit à deux fois avant d?acheter une voiture. Son cousin, lui, a déjà abandonné l?idée de s?en acheter une.
Economiser sur sa facture d?essence, c?est aussi s?assurer que ses déplacements ne sont pas inutiles. C?est ce que fait Rajen Moolchand, habitant de Curepipe. «J?effectue beaucoup de déplacements dans ma voiture pour mon travail de marketing. Avant de faire le déplacement, je préfère téléphoner à mes clients pour obtenir un rendez-vous», explique-t-il. Il s?arrange aussi parfois avec des amis pour des déplacements en commun. «Un jour je transporte des amis qui partent dans la même direction et, le lendemain, c?est un de ceux-là qui me transporte.»
Et qu?en est-il des sorties en famille ? «Je préfère maintenant prendre un van pour me rendre chez nos proches. Cela coûte moins cher individuellement et en sus de cela on est à l?aise», dit Rajen Moolchand.
<B>Jean-Denis PERMAL</B>
<B>Biodiesel : le potentiel des micro-algues</B>
L?Institut océanographique de Maurice a lancé des études de faisabilité pour la production du biodiesel à partir des micro-algues, affirme le Dr Mitrassen Bhikajee, directeur de cet institut, a annoncé à «l?express» hier. «Nous avons déjà sollicité l?aide d?un expert indien travaillant pour un corps para-public de la Grande péninsule et qui produit déjà du biodiesel à partir des micro-algues. Il arrivera à Maurice sous peu», a affirmé le Dr Bhikajee.
Maurice mènera son expérience avec des micro-algues vivant dans l?eau salée dans le cadre d?un projet pilote. Certains pays, dont les Etats-Unis et le Brésil, ont déjà commencé ce type de production. Les micro-algues ayant détrôné toutes les autres plantes, notamment le «jatropha» (pignon d?Inde) et les palmiers pour la production du biodiesel. En effet, 50 % du poids de ces plantes microscopiques qui croissent dans l?eau ? leur donnant une coloration verte ? sont constitués d?huile. En cultivant de façon horizontale ? dans des tubes transparents appelés bioréacteurs ? on obtient 20 000 gallons d?huile par hectares à partir des micro-algues, démontrent des études et essais menés aux Etats Unis.
Avec le maïs, on obtient 18 gallons d?huile par hectare par an. Sur la même superficie, on peut obtenir 700 gallons d?huile de palme dans une palmeraie.
Il faut maintenant savoir quelle espèce de micro-algues sera idéale pour le climat mauricien. D?où les études de l?institut océanographique.
«Si tout va bien, on pourra commencer à produire du biodiesel dans deux ans. Mais cette production pourrait se faire bien avant si on obtient la participation d?un investisseur qui est déjà dans le domaine et qui a l?expertise nécessaire», explique le Dr Bhikajee.
L?huile obtenue des micro-algues est utilisée directement et à 100 % dans les moteurs diesel.
Sa production requiert cependant une certaine expertise pour le dosage soleil et dioxyde de carbone.
En sus de cette production de biodiesel, Maurice envisage aussi de contrer la hausse du prix des fertilisants par la production de biofertilisants liquides à partir des algues. Deux experts indiens étaient à Maurice la semaine dernière dans le cadre d?une étude de faisabilité. «Ils ont conclu que Maurice a un énorme potentiel pour la culture des algues et la production du bio-fertilisant liquide à partir de cette plante marine», a indiqué le Dr Suddhoo, directeur du «Mauritius Research Council», organisme responsable des études sur la culture des algues à Maurice.
<B>Les régles à respecter</B>
<B>1. </B>La priorité : maintenir son véhicule en bonne condition. Car ce n?est que de cette façon que vous pourrez faire des économies. Pourquoi ? Parce qu?un moteur qui n?est pas au point peut augmenter sa consommation de carburant jusqu?à 50 %, affirment les spécialistes chez Axess. Et parce qu?une mauvaise pression dans les pneus, par exemple, s?il manque deux livres d?air, fait augmenter la consommation de 1 %. La pression d?air recommandée par le constructeur (indiquée normalement sur la portière côté chauffeur) doit être rigoureusement respectée pour une consommation d?essence optimale. De plus, un mauvais parallélisme et mauvais équilibrage des roues augmentent la consommation de carburant ainsi que l?usure des pneus et diminue la stabilité du véhicule.
<B>2.</B>Ne pas rouler au point mort. Dans les descentes, il faut simplement relâcher complètement la pédale d?accélérateur, voire rétrograder pour ralentir. Conduire au point mort ne permet pas d?économiser de l?énergie avec les moteurs à injection qui équipent la très grande majorité des voitures depuis une dizaine d?années. Ces moteurs consomment plus en régime point mort.
<B>3.</B> Finis les démarrages brusques (qui endommagent d?ailleurs les pneus et les moteurs). Il est conseillé de rouler à vitesse constante. Le moteur consomme davantage lors de l?accélération rapide. C?est l?accélération graduelle qui est de mise si on veut gagner en vitesse. Idem pour les arrêts. Ne pas freiner brusquement autant que possible, levez le pied de l?accélérateur pour ralentir autant que possible avant de freiner.
<B>4. </B>Sur l?autoroute, roulez à vitesse moyenne. Plus on roule vite, plus on augmente la consommation d?essence puisqu?il faut contrer la résistane accrue de l?air. En roulant à 100 km/h au lieu de 90 km/h, on augmente la consommation jusqu?à 20 %. sur certains véhicules.
<B>5.</B> Une fois la vitesse de croisière atteinte, gardez cette vitesse constante autant que possible. Le principe est simple : plus il y a accélération/décélération, plus on consomme de carburant. Pour au contraire économiser du carburant, il faut essayer, autant que possible, de garder une vitesse constante.
<B>6.</B> Il convient de bien maîtriser la vitesse, si la voiture n?est pas automatique. Ainsi, nombreux sont les chauffeurs qui ne savent pas à quel moment il faut passer à une vitesse supérieure. Peu savent qu?avec les véhicules roulant au diesel, on peut passer la vitesse plus tôt que sur un moteur à essence. Ainsi, certains moteurs diesel demandent le passage au cinquième rapport du moment que le véhicule atteint 30 à 35 km/h. Vérifiez votre couplage vitesse et rapport.
<B>7.</B> Contrairement à ce que l?on pense souvent (notamment à cause des anciennes voitures), les moteurs actuels, plus performants, supportent très bien les arrêts intempestifs. Il faut donc s?adapter à cette nouvelle donne lors des attentes : feu rouge, attente de quelques minutes, arrêts etc. Un moteur qui tourne inutilement consomme nécessairement du carburant, inutilement. C?est ce que les compagnies d?autobus, par exemple, tardent à comprendre.
<B>8. </B>Evitez autant que possible la climatisation. Ouvrez de préférence les vitres !
<B>9. </B>Les objets inutiles montés ou transportés sur un véhicule font perdre de l?argent ! Un véhicule chargé, en particulier sur le toit, présente une résistance à l?air plus importante, ce qui augmente aussi la consommation. Les porte-bagages sur le toit accroissent la consommation de carburant en augmentant la traînée aérodynamique. Le poids crée un gaspillage de carburant.
<B>10.</B> Aussi étonnant que cela puisse paraître, les appareils électriques des voitures influent sur la consommation de carburant. En sus de la climatisation, l?autoradio (notamment celle qui est très puissante avec des basses de discothèques) sont de gros consommateurs de carburant de même que les phares. Utilisez autant que possible les feux de croisement (dim) au lieu des feux de route (full phare).
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