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Controverse à la Maison des pêcheurs

21 avril 2004, 20:00

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L?ASSOCIATION des pêcheurs professionnels réclame une enquête sur la gestion du complexe. Elle parle de ?manquements et d?abus?. Le problème du débarquement reste entier. Le dragage du lagon est la solution préconisée.

L?Association des Pêcheurs de Mahébourg critique sévèrement la gestion de la Maison des pêcheurs qui a été confiée à la Mauritius Fishermen?s Cooperative Federation (MFCF). La Maison des pêcheurs est située à quelques mètres du front de mer. Ils réclament une enquête indépendante pour faire la lumière ?sur les manquements et les abus?.

Amyot Perrine, ancien président du MFCF a refusé de commenter la situation. ?Je préfère ne rien dire?.

Dans une lettre en date du 29.3.04, adressée au Premier ministre, Manfred Apolon, président de cette association, s?oppose également au déplacement de la Maison des pêcheurs et du Fisheries Post.

?C?est un lieu historique et un patrimoine légué par nos ancêtres. Nous avons appris que cet endroit pourrait être loué à un opérateur privé qui en ferait un restaurant. Nous voulons être fixés, une fois pour toutes, et ne pas nous fier aux rumeurs?, insiste René Sophie, un des porte- parole de l?APM.

Pour ce qui est la gestion de la Maison des pêcheurs, l?APM rappelle que lorsque les activités ont démarré en mars 2002, il n?y avait pas de chambre froide, les membres de la MFCF commercialisaient leurs prises à travers la Maison des pêcheurs et ce n?est que vers la fin de juin qu?une chambre froide, une machine à glace et une vitrine réfrigérée au coût de Rs 1,2 million, ont été installées. ?Les investissements étaient exagérés?, estime le président dans sa lettre. Avec poour résultat que la fourniture d?électricité a été interrompue car une note de Rs 130 000 est encore due à la Central Electricity Board (CEB). Par la suite, les équipements installés pour des produits frigorifiés ont été saisis pour non paiement.

Aucun contrôle

L?APM allègue qu?aucun contrôle n?a été exercé sur la vente des poissons et des fruits de mer, ce qui a entraîné des abus sur une grande échelle. Elle cite le cas des 12 000 tonnes de thon pas étripés, achetés à des pêcheurs qui n?étaient pas dans la coopérative à Rs 35.00 l?unité. Ces poissons ont été stockés pendant plusieurs semaines puis tranchés et vendus à travers le pays à seulement Rs 25 le demi-kilo, sans que l?on tienne compte des frais encourus.

Mamade Soomarun qui pêche depuis plusieurs années dans le débarcadère, partage, lui aussi, l?avis de Manfred et René sur la structure métallique de six pieds de haut sur une longueur de soixante-dix pieds qui a été placée en face du nouveau bâtiment. Elle devait être utilisée comme jetée par les pêcheurs pour régler le problème d?accès.

?Lontan avan konstriction nouvo batiman la, bann pirog ti akoste la ter ferm ek nou ti enbark et debark nou bann produi san difikilte. Ti bizin dimann peser zot lavis avant konstrire enn nouvo batiman. Nu touzour bann dernyer dimounn pou konné ki zot pe fer?, commente Mamade.

Selon lui, malgré cette structure métallique, la jetée est toujours impraticable .

Comme solution, l?APM suggère le creusement d?une passe pour faciliter les manoeuvres d?accostage des pirogues.

Dans sa lettre, l?association rappelle aussi au Premier ministre que les pêcheurs n?ont jamais refusé d?utiliser le débarcadère et qu?ils ne peuvent, en aucun cas, être blâmés pour sa mauvaise gestion.

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