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Construction : l?importation d?ouvriers étrangers explose

19 septembre 2007, 00:00

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Alors que le secteur du bâtiment est en plein essor, le manque de main-d??uvre risque de venir jouer au trouble-fête. Les craintes d?une aggravation de la pénurie de main-d??uvre sont bien là et risquent d?affecter les projets en attente dans le privé principalement si ceux-là se concrétisent.

Fin août, quelque 3 280 permis d?importation d?ouvriers étrangers ont été délivrés par le ministère de l?Emploi. Parmi, on note 1 000 maçons, 600 charpentiers, 123 ferrailleurs, 101 électriciens, 100 carreleurs, 60 menuisiers, 50 plombiers, 50 peintres, et 20 cuisiniers. Le manque de professionnels du bâtiment se faisant sentir, des ingénieurs, Quantity Surveyors et Project Managers seront également embauchés.

Cogir Ltée fait partie de ces entreprises qui ont embauché des ouvriers du Bangladesh au cours des deux derniers mois. Au nombre de 107, ils représentent 30 % de ses employés.

?Les ouvriers mauriciens que nous employons à Cogir Ltée sont qualifiés. Ils sont avec nous depuis plusieurs années déjà. Mais avec la pénurie qui sévit, nous devons nous tourner vers l?importation de la main-d??uvre. Le boom dans le bâtiment devrait durer encore quatre à cinq ans, à voir le nombre d?appels d?offres?, explique Jean Claude Giraud, Managing Director de Cogir Ltée.

?Ce qui est intéressant avec les étrangers, ajoute-t-il, c?est qu?ils sont polyvalents. Les maçons sont en même temps des charpentiers et ferrailleurs. Par ailleurs, la main-d??uvre locale coûte plus cher que les étrangers?, soutient Jean Claude Giraud.

Avec les expansions dans les secteurs de l?immobilier, des integrated resorts scheme, de l?hôtellerie et du textile, d?autres sociétés mauriciennes ont également procédé à des demandes de permis d?importation d?ouvriers étrangers.

A l?instar de Building & Civil Engineering Co Ltd (BCEL), qui emploie déjà une soixantaine d?Indiens, maçons et charpentiers, et qui a fait une demande pour l?importation additionnelle d?une cinquantaine de personnes, y compris des professionnels.

?Nous préférons employer des Mauriciens. Tout travailleur, étranger comme mauricien, doit être traité de la même façon. Mais il y a un risque que la pénurie de main-d??uvre locale s?aggrave si tous les projets se réalisent une fois les permis obtenus. La stabilité est essentielle pour continuer à donner confiance aux investisseurs?, souligne Nicolas Pougnet, Managing Director de BCEL.

A son avis, la pénurie de main-d??uvre et de fer de construction, qui prévaut toujours, risquent de ralentir la croissance de 10,7 % attendue dans le bâtiment cette année.

S?agissant des conditions dans lesquelles travaillent certains ouvriers étrangers, Reaz Chuttoo, syndicaliste, déplore que certaines compagnies les font travailler sur un shift system pour éviter de payer les heures supplémentaires.

?Les contrats avec des travailleurs mauriciens sont régis principalement par des accords collectifs, soit des accords entre employeur et syndicat. Les étrangers sont, pour leur part, essentiellement régis par la législation du travail. Je ne suis pas contre l?embauche de travailleurs étrangers, mais contre le traitement qui leur est accordé?, affirme le syndicaliste.

Ce dernier pense que les travailleurs étrangers n?ont pas les mêmes avantages qui se trouvent dans les accords entre syndicat et employeur. Par exemple, les employés ne leur donnent pas d?équipements de protection dans certains cas.

?La pénurie de main-d??uvre et de fer de construction, qui prévaut toujours, risquent de ralentir la croissance de 10,7 % attendue dans le bâtiment cette année.?

?La demande pour le recours à l?importation de la main-d??uvre augmente car les travailleurs étrangers sont plus disponibles que les Mauriciens. Dans la plupart des cas, ils habitent sur le site de construction. Cela représente une menace pour la main- d?ouvre locale, qui va en diminuant. Il faut que les mêmes conditions de travail s?appliquent pour les étrangers comme pour les Mauriciens afin qu?il y ait une compétition à pied d?égalité?, poursuit le syndicaliste.

La Construction Metal Wooden Employees Union ? qui représente la plupart des travailleurs de ce secteur ? a signé des accords avec la Building and Civil Engineering Contractors Association (BACECA), l?association des entrepreneurs du bâtiment, au sujet des conditions de travail dans ce secteur.

?Nous faisons de sorte que les accords signés soient appliqués à tous les travailleurs du secteur à cause de la mobilité des travailleurs. Nous continuons d?insister à ce que ces accords soient aussi appliqués aux travailleurs étrangers.?

Le syndicat et la BACECA sont en négociation actuellement au sujet de l?octroi d?un 14e mois comme un one-off bonus cette année en raison du boom dans le secteur de la construction. ?Les négociations sont en bonne voie?, dit Reaz Chuttoo.

Le secteur du bâtiment emploie quelque 20 000 travailleurs, ouvriers et professionnels, dont 3 000 travailleurs étrangers. Ces derniers étaient d?environ 1 200 au début de l?année.

Le textile emploie, pour sa part, quelque 12 500 paires de bras étrangers, et ils sont quelque 2 000 d?ouvriers étrangers à travailler dans les secteurs du seafood hub, de la manufacture et celui des services.

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