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Climat de «guerre froide» diplomatique entre Londres et Moscou

28 avril 2007, 00:00

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Malgré l?apparente normalité de leurs relations économiques, le Royaume-Uni et la Russie se trouvent engagés dans une quasi-guerre froide diplomatique. Le boycottage par les hauts fonctionnaires et patrons de compagnies semi-publiques russes du Forum économique russe de Londres, qui s?est ouvert récemment, en est la dernière illustration.

La liste des défections s?apparente au Who?s Who de la nomenklatura économique russe : le président de Rosneft, la première compagnie pétrolière russe, Sergueï Bogdantchikov, Alexeï Mordachov (Severstal), Anatoli Tchoubaïs (monopole de l?électricité), Alexandre Chokhine (chef du RSPP, le Medef russe), Alexandre Medvedev (Gazprom), etc. Les uns ont invoqué un emploi du temps surchargé ou des voyages d?affaires, d?autres des vacances ou des problèmes de santé. Ceux qui défendaient encore, il y a quelques mois, que cette manifestation était l?occasion de nouer des contacts et de gagner la confiance des Occidentaux jouent désormais aux abonnés absents.

L?oukase serait venu directement du Kremlin : les plus grosses entreprises et les hauts fonctionnaires auraient été sommés de ne pas faire de Londres un «deuxième Courchevel», allusion à la station de ski française devenue le haut lieu des Russes riches. En somme, ne pas privilégier Londres au détriment du Forum économique de Saint-Pétersbourg, qui a lieu chaque année au début de l?été.

Dans les faits, il s?agit surtout de ne pas soutenir le «complot émigré», comme l?entourage du maître du Kremlin appelle le groupe d?opposants réfugiés à Londres. A commencer par l?ennemi numéro un de Vladimir Poutine, l?homme d?affaires russe Boris Berezovksi. L?appel de ce dernier au renversement par la violence de Poutine lancé, le 13 avril, dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian est à l?origine de ce nouveau coup de froid. Devant les remontrances du Foreign Office, l?ancien oligarque, qui a obtenu l?asile politique en 2003, a rectifié le tir en précisant qu?il préconisait une voie pacifique, à l?image de ce qui s?était passé en Ukraine et en Géorgie. Moscou a immédiatement réitéré sa demande d?extradition de ce proche de l?ex-chef de l?Etat russe Boris Eltsine. Londres a refusé. La condamnation, par l?Union européenne, de la récente répression des manifestations d?opposants au Kremlin menés par l?ancien champion du monde d?échecs Garry Kasparov a ajouté aux tensions existantes.

© Le Monde 2007 Distribue par The New York Times Syndicate

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