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Changement rapide dans l?atmosphère de Pluton
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Changement rapide dans l?atmosphère de Pluton
Malgré ces incertitudes et aussi ces contraintes, Jack Lissauer (NASA), qui clôturait le colloque, gardait son optimisme en rappelant le chemin parcouru en peu de temps. «Les progrès ont été phénoménaux. On n?avait rien il y a moins d?une décennie», a-t-il rappelé. Aujourd?hui, nous pouvons faire des statistiques sur les planètes extrasolaires... En 1994, un an avant la découverte de la planète tournant autour de Pégase 51, le Xe Colloque de l?IAP s?intitulait Disques de poussières circumstellaires et formation des planètes. C?était il y a neuf ans. Parions que dans neuf ans, en 2012, la XXVIIIe édition de ce colloque aura pour titre : Des mondes semblables à la Terre...
Perdue dans les profondeurs glacées du système solaire, jamais visitée par une sonde spatiale, plus petite que la Lune, Pluton aurait toutes les raisons d?échapper au regard toujours curieux des astronomes. Il n?en est pourtant rien. Même si cette planète gelée habite trop loin de nous pour que les plus puissants télescopes puissent détailler ses propriétés, il existe un moyen d?étudier son atmosphère : il suffit d?attendre que Pluton passe devant une étoile.
En analysant la manière dont la lumière de l?étoile diminue lors de l?occultation, les chercheurs peuvent en déduire la densité des couches de gaz ainsi que leur température. La pression atmosphérique à la surface de Pluton est pourtant infime : tout au plus quelques millionièmes de celle de la Terre. C?est cependant assez pour être détecté.
équinoxe
Deux équipes de chercheurs, l?une américaine, l?autre composée de Français et de Sud-Américains, ont suivi les deux événements et publient leurs résultats dans la revue Nature du 10 juillet. L?orbite de Pluton est fortement elliptique : lors de son voyage de 248 ans autour du Soleil, elle s?approche à 4,4 milliards de kilomètres de notre étoile (périhélie) avant de s?en aller à 7,4 milliards de km (aphélie). Etant donné que la planète est passée au périhélie en 1989 et s?éloigne de notre étoile depuis cette date, les chercheurs s?attendaient que son atmosphère d?azote ait gelé et fortement régressé depuis l?occultation de 1988. A leur grande surprise, c?est le contraire qui s?est produit. Au lieu de s?effondrer, la pression atmosphérique a plus que doublé en quatorze ans.
«Pluton est passée à l?équinoxe en 1987, expliquent Bruno Sicardy et Thomas Widemann, astronomes à l?Observatoire de Paris-Meudon et deux des coauteurs de l?étude. Après être resté pendant plus de cent vingt ans dans l?obscurité, le pôle Sud de Pluton se présente désormais au Soleil. Ce que nous pensons, et ce qu?un modèle récent confirme, c?est que les glaces d?azote situées dans cette région, ainsi exposées à la lumière de notre étoile, se subliment, passent directement de l?état solide à l?état gazeux, ce qui fait plus que compenser la perte due à l?éloignement du Soleil. L?atmosphère s?enrichit plus vite en gaz qu?elle ne gèle.»
D?après le modèle, cette expansion de l?atmosphère plutonienne devrait durer jusqu?en 2015. A partir de cette date, l?éloignement progressif de Pluton l?emportera sur la libération de gaz et, la température baissant de manière constante, l?atmosphère disparaîtra pour longtemps. Il y a donc urgence, clament les astronomes, à envoyer une mission spatiale vers les confins de notre système solaire, vers la ceinture de Kuiper, ce cortège de grosses boules de glace situé au-delà de Neptune, dont Pluton n?est en fait que le plus important représentant.
Si la NASA ne lui coupe pas les ailes comme elle l?a déjà fait une fois, la sonde New Horizons, pourrait décoller en 2006, avec une arrivée aux alentours de Pluton prévue dix ans plus tard. Juste à temps pour observer le dernier souffle de la planète avant qu?elle n?entre en hibernation.
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