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BPO : croissance de 53 % de l?investissement en six mois

26 avril 2007, 00:00

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?J?ai besoin de 140 recrues pour la semaine prochaine?, déclare Ram Ramjheetun, directeur de Teleforma. Il est heureux car sa compagnie est en pleine croissance. En plus, elle est particulièrement friande de nouvelles recrues. De 450 employés en décembre, Teleforma est passée à 800 personnes actuellement. Et la folie continue. Ce cas illustre fort bien le scénario qui se déroule en ce moment.

Le secteur de l?externalisation, plus communément connue sous l?appellation Business Process Outsourcing (BPO), est en excellente santé. C?est d?ailleurs ce que vient confirmer le BPO Flash du Board of Investment (BOI), circulé depuis hier.

La courbe ascendante que connaît ce domaine d?activité depuis ses derniers temps se confirme encore une fois. Couvrant la période d?octobre 2006 à mars dernier, le document indique que l?investissement pour ces six derniers mois a connu une croissance de 53,7 %, dont la moitié provient de capitaux étrangers. Les autres piliers de notre économie ne peuvent se féliciter d?une telle performance.

A mars dernier, 6 960 personnes étaient actives dans le domaine, contre environ 5 500, il y a six mois. Donc une croissance de 26,2 %. Et la tendance devrait préciser voire s?accentuer.

La BOI prévoit en effet que la barre symbolique des 10 000 emplois devrait être franchie ?d?ici le début de l?année prochaine?. D?autres chiffres donnent le tournis. D?octobre 2005 à janvier 2006, Rs 920 millions ont été investies. D?octobre 2006 à mars 2007, c?est Rs 1,55 milliard qui a été injectée. Sur ces six derniers mois, 51 nouvelles compagnies ont vu le jour.

?50 000 emplois d?ici cinq ans?

Autant dire que tout va très bien. Et quand les opérateurs du secteur pensent à l?avenir, le sourire se transforme en éclat de rire. ?Maurice commence à se faire connaître sur la place comme destination BPO. Un très bel avenir nous attend. Pas de doute?, prédit Ram Ramjheetun, Corporate Affairs Director de Teleforma.

Jean Suzanne, Senior Adviser au Bureau du Premier ministre et président d?Infinity, principal opérateur du secteur, est tout aussi positif à la vue des chiffres du BOI. ?L?histoire va commencer à être très belle maintenant. La phase de start-up est derrière nous. Nous sommes maintenant au début du deuxième épisode.? Celui-ci étant celui du développement. La 3e phase est celle de la maturité.

Maintenant il faut donc continuer à bâtir sur les fondations. ?BPO Mauritius? doit encore acquérir de la crédibilité et de la visibilité sur le marché mondial. ?Nous cueillons les fruits du travail fait. Si nous continuons sur notre lancée, on va vers les 40 000 à 50 000 emplois d?ici cinq ans.? Jean Suzanne y croit dur comme fer, et il est loin d?être le seul. Le marché mondial du BPO pèse actuellement plus de US$ 53 milliards (Rs 1 750 milliards), et l?ascenseur est loin d?être arrivé au dernier étage.

Tous ces paramètres pris en compte, voir Maurice se transformer en Silicone Valley africaine n?est plus aussi utopique que cela.

?Le secteur BPO se développe à grande vitesse. Cela se reflète dans la série d?alliances signées à l?étranger?, observe le BOI. L?organisme note également l?intérêt croissant des multinationales d?utiliser Maurice comme centre bilingue stratégique. ?De nouveaux modèles de coopération avec l?Inde, l?Afrique du Sud et l?Europe commencent à se matérialiser, confirmant un nouveau world order pour Maurice?, soutiennent les rédacteurs du rapport. 33 % de l?investissement direct étranger durant ces six derniers mois provient de l?Afrique du Sud, 30 % de France et 27 % de l?Inde.

Certes, les plus grands employeurs restent les centres d?appels (3 598 personnes), mais l?externalisation en tant que telle compte 2 453 et elle est en pleine ascension. Et de plus en plus, les centres d?appels montent en gamme en proposant des activités à valeur ajoutée. ?Maintenant, nous avons davantage besoin d?ingénieurs et de techniciens?, affirme Jean Suzanne. Jusqu?ici, sa compagnie était surtout engagée dans des activités de centres d?appels, mais face à la demande, elle se diversifie.

La recette du succès est explicable par un ensemble de facteurs. D?abord, l?île, outre son atout bilingue, s?est placée sur la carte du BPO au bon moment.

?Teleforma est venu ici pour une variété de raisons. Outre la stabilité politique et sociale, les salaires sont encore raisonnables, même si nous payons mieux que dans d?autres secteurs d?activités. Contrairement aux autres, les charges sociales ne sont pas trop lourdes et la qualité de la vie est intéressante?, estime le Corporate Affairs Director de Teleforma. Côté infrastructures, le pays fait également l?affaire. Outre la vitrine d?excellence qu?est la Cybertour d?Ebène, les routes, les connexions Internet et téléphonique sont de bonne facture. ?Dommage que le coût de la bande passante soit si élevé?, regrette-t-il . Mais les autorités y travaillent. ?Quand l?investisseur vient ici, il voit quand même son avantage. Faut pas penser qu?il n?a pas été visiter d?autres pays avant de décider d?investir ici?, ajoute-t-il.

Mais chaque médaille a son revers, et celle de Maurice c?est l?emploi. Former des professionnels et vite est le pari du jour. ?C?est l?un des points sur lesquels il va y avoir des développements. Certaines choses liées à la formation seront annoncées très bientôt par le Premier ministre?, sourit Jean Suzanne.

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