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Au-delà des v?ux?
Le mois de janvier, comme celui de décembre, s?annonce intense en agitations politiques. L?opposition, qui s?est retrouvée sous la tente de la DWC, entend, dès le rappel du Parlement, prévu pour le 24 janvier, faire feu de tout bois, en se servant des braises de contestation des centrales syndicales.
« L?abandon annoncé du tripartisme et la déréglementation projetée du monde du travail seront d?actualité dès la reprise parlementaire. Dès lors, se battre pour préserver les droits obtenus de haute lutte et en particulier maintenir le paiement d?une compensation salariale pour tous sera notre priorité absolue », écrivent Rajesh Bhagwan et Steven Obeegadoo dans le message de fin d?année du Mouvement militant mauricien (MMM).
<B>« Une alternance crédible et réaliste »
De son côté, comme pour mettre fin aux rumeurs d?une supposée intégration du Mouvement socialiste militant (MSM) sur la plate-forme gouvernementale de l?Alliance sociale, Pravind Jugnauth, dans son message, écrit ceci : « Résolument dans l?opposition, le MSM va continuer à jouer pleinement son rôle de fer de lance de l?opposition, tout en préparant une alternance crédible et réaliste [?] Je serai à vos côtés pour vous soutenir et préparer une nouvelle destinée pour vous et vos enfants. » L?entretien que nous accorde le leader de l?opposition, Nando Bodha, abonde également dans ce sens.
Pour être aux côtés du peuple, l?opposition, qui a prouvé ? du Champ de Mars au front de mer ? qu?elle peut marcher côte à côte, entend se frotter aux syndicalistes. Si Anil Gayan, porte-parole de l?Union nationale, souhaite, lui, la réunification des forces de l?opposition, force est de constater que le MSM veut absolument se démarquer du MMM pour « s?imposer comme le principal parti de l?opposition, susceptible d?incarner l?alternance ». De même le MMM ne compte pas rester les bras croisés cette année : Paul Bérenger a annoncé la consolidation ? pour la énième fois ? de son parti. « Le MMM doit se concentrer sur lui-même avant tout. »
Avec les deux locomotives de l?opposition qui veulent étendre leur réseau et leur influence, il est compréhensible que le petit wagon qu?est l?Union nationale appelle à une plate-forme commune, son unique chance d?arriver à une destination quelconque?
<B>La trêve politique sera de courte durée
Mais la posture des politiciens de l?opposition qui reprennent les slogans populaires dans la rue commence à provoquer des réactions parmi les syndicalistes, eux-mêmes très divisés. Après le syndicat de la poste, c?est au tour de la Government Hindi Teachers Union, animée par le remuant Suttyhudeo Tengur, de crier sa révolte : « Il est navrant de constater que certains syndicalistes dans leur empressement ont permis aux politiciens de l?opposition de hijack le mouvement de grève des travailleurs de la DWC [?] Certains tentent de refaire leur virginité politique en se présentant comme de grands défenseurs des travailleurs. »
Suttyhudeo Tengur fait donc un appel à la classe syndicale pour éviter toute récupération politique de l?action syndicale prévue pour le début 2007. Quant à Tulsiraj Benydin, il récuse toute influence politicienne sur l?action qu?il coordonne avec d?autres leaders des centrales syndicales. « Personne ne peut nous reprocher d?être proches de l?opposition, certainement pas le gouvernement. Nous avons un combat à mener et ceux qui veulent se joindre à nous peuvent le faire. Un point, c?est tout? »
Du côté de la majorité, on mise beaucoup sur la réunion de suivi du 8 janvier pour désamorcer la crise de la DWC et ainsi briser l?élan de l?opposition. « Le High Powered Committee fait de son mieux pour redéployer les employés de la DWC. Le package offert à ceux qui acceptent d?aller en retraite est très correct », explique le ministre Arvin Boolell.
Mais à bien voir, le fin stratège en lequel s?est transformé le Premier ministre, depuis son retour au pouvoir, a d?autres moyens de garder l?opposition à distance raisonnable ? l?un envers l?autre parti. Il laisse délibérément toutes les options ouvertes. Y compris pour se protéger contre les remous internes au sein de l?Alliance sociale. Une alliance hétéroclite et difficile à gérer tellement les ambitions des uns et les frustrations des autres sont légion?
Ainsi Maurice Allet, à qui un maroquin ministériel aurait été promis, ne sait toujours pas si la promesse sera réalisée. Interrogé vendredi, le leader du PMSD s?est abstenu de tout commentaire. « Je vais en vacances à l?étranger [?] Je pourrai vous répondre à mon retour en début de janvier. » La vérité, c?est qu?il ne possède pas de réel pouvoir de marchandage. Car s?il rejoint l?opposition, il ne fera, en fin de compte, que semer davantage de zizanie parmi le MMM et le MSM, principalement eu égard au siège très volatile de leader de l?opposition. Ce qu?aime d?ailleurs à faire Navin Ramgoolam?
La trêve politique sera manifestement de courte durée. Au-delà de leurs chastes v?ux, exprimés pour la forme, chaque parti tentera de garder ou de retrouver le pouvoir en 2007. C?est leur rôle et leur raison d?être, devenus au fil des ans un feuilleton lassant. Ce qui nous importe, comme observateurs, c?est comment ils accèdent au pouvoir mais surtout, ce qu?ils en font?
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