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Al-Aqsa, 200 ans après?

20 novembre 2005, 20:00

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Lorsqu?il s?agit de célébrer le bicentenaire de la première mosquée à Maurice et que l?on veut politiser l?affaire, les invités appelés à faire des discours n?ont pas un très grand choix en la matière. On parle soit de religion, si l?on est musulman, soit d?histoire si le sujet intéresse, soit d?unité nationale si l?on ne veut pas avoir l?air d?un diviseur.

?Pour faire un jardin, il ne suffit pas d?une seule fleur. Et le jardinier doit arroser toutes les fleurs, meme celles qui ont des épines. Car si c?est la nature de l?épine de piquer, c?est aussi dans la nature du jardinier de s?occuper de toutes les fleurs de son jardin.? Ces belles paroles sont celles de l?invité d?honneur de la cérémonie, le maulana Asrafi.

Le jardinier ? en l?occurrence, le Premier ministre, Navin Ramgoolam ? parle, lui de persévérance. ?C?est en 1732 que la première demande est faite pour la construction de la mosquée Al-Aqsa. Mais c?est en 1805 que le général Decaen accepte de mettre le terrain à la disposition des demandeurs pour la construction d?une chapelle.? 200 ans après cette victoire, Navin Ramgoolam tire une leçon de perséverance. ?Dans la vie, si vous voulez quelque chose et si votre cause est juste, il faut persévérer et vous l?obtiendrez finalement.?Le mélange de la politique et la religion a aussi été évoqué par le Premier ministre.

?Il faut éviter des dérapages. Certaines personnes utilisent la masjid pour faire de la politique. Mais nous devons moderniser notre pays.? Navin Ramgoolam affirme qu?il y aura toujours des on-dit, ?mais il faut toujours vous demander s?il est possible que ce que vous entendez soit vrai et si oui, quelles en sont les raisons?. Il demande à l?assistance de ne pas permettre la division, d?être vigilante, car ?parfois votre pire ennemi est parmi vous?. ?Une différence d?opinion est normale. Aussi longtemps qu?il y aura des personnes, il y aura des opinions différentes. Cela ne devrait pas faire de nous des ennemis.?

Rashid Beebeejaun, saisit l?occasion pour raconter un épisode de sa vie, lié à la mosquée. Sa deuxième carrière politique a débuté à l?Al-Aqsa masjid. Le 26 juillet 1997, c?est la crise au sommet de l?Etat. Ramgoolam et Bérenger se séparent et Rashid Beebeejaun, ami des deux hommes, se sent déchiré. Il affirme avoir soumis sa démission à son leader et avoir pris la décision de se retirer de la politique. Il va à la mosquée Al-Aqsa et le maulana lui affirme : ?c?est Allah qui donne et c?est Allah qui reprend.? ?J?ai compris que je devais honorer la promesse que j?avais faite à l?électorat. Al Aqsa symbolise le point de départ de ma nouvelle carrière politique.? Paul Bérenger et Navin Ramgoolam ne réagissent pas à la narration de cet épisode d?un passé pas si lointain.

Beebeejaun ajoute : ?History belongs to the one who writes it.? Il semble que le Premier ministre et le leader de l?opposition ont lu des livres d?histoires différents, car Paul Bérenger dit que ?d?après mon livre, la demande officielle pour la mosquée est faite une première fois en 1798?. Le leader de l?opposition estime qu?alors qu?aujourd?hui l?islam est devenu ?une composante essentielle de notre nation arc-en-ciel, ce n?était pas le cas 200 ans de cela. Inn lite pou ki gouvernma kolonial respekte enn relizyon ot ki relizyon kolonial?. Pour Bérenger, même si le général Decaen était celui, qui sous l?ordre de Napoléon, avait réinstauré l?esclavage en 1802, il fut l?homme qui dit oui à Al-Aqsa. ?Decaen était quelqu?un de particulier.?

La cérémonie, qui a débuté vers 9 heures à l?école Jean Lebrun, s?est terminée vers 13 heures, après d?innombrables discours devant seulement 400 des 3 500 chaises occupées?

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