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Accès à l?information
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Le droit à l?information devait remplacer la culture du secret. En vérité, l?administration publique est devenue plus opaque que jamais. Les dirigeants craignent tellement les fuites d'informations qu?ils envoient des signaux forts pour briser les velléités des fonctionnaires un tant soit peu loquaces. La récente démission forcée d?Anil Dev Chiniah, l??Acting Secretary & Head of Administration Division? de la Tec en est un exemple. Elle est de nature à terroriser les officiers qui seraient encore tentés de faciliter l?accès aux renseignements pour les citoyens.
L?ancien cadre de la Tec est contraint à la retraite anticipée suite aux soupçons qui ont porté sur lui au sujet de l?université des Jeetah. Dans cette affaire, le leader de l?opposition avait réussi un joli coup en révélant des informations qui ont embarrassé les autorités. Nando Bodha était bien renseigné et avait obtenu des documents classés confidentiels. Les autorités ont pensé qu?il fallait sévir de manière exemplaire contre la source présumée du leader de l?opposition. Le couperet est effectivement tombé. Devant la sévérité de la sanction, ils seront rares les fonctionnaires qui oseront encore défier les consignes de rester bouche bée.
Avant Anil Dev Chiniah, il y a eu la démission forcée de Shyam Sungkur, le ?chief medical officer? du ministère de la Santé. Il était accusé d?avoir répondu à une question d?un journaliste sur le chikungunya. De même, Shakuntala Jugmohun, ancienne directrice du Taxpayers Service Department à la MRA, a été contrainte à prendre la porte, accusée d?avoir occasionné une fuite d?informations. A chaque fois, les intéressés ont nié les allégations portées contre eux mais n?avaient d?autres alternatives que de se soumettre au diktat des princes.
Ce n?est pas très important de savoir si ces grands commis de l?Etat ont partagé ou pas des informations à des tierces parties. La question fondamentale qui doit être posée est celle du droit du public à avoir accès aux informations que détiennent les autorités. Dans la mesure où la divulgation de l?information recherchée ne porte pas atteinte à l?intérêt de l?Etat ou à la confidentialité de données personnelles, les fonctionnaires devraient être ?empowered? à communiquer librement avec le public.
La loi sur les secrets officiels et l?environnement répressif créé par les dirigeants politiques ont résulté en une véritable omerta à tous les échelons de la fonction publique. Les fonctionnaires refusent de mettre à la disposition du citoyen même des renseignements inoffensifs. Par exemple, lorsque notre journaliste a appelé, la semaine dernière, la station météo de Rodrigues pour s?enquérir de la hauteur des vagues dans l?île, un préposé lui a demandé de s?adresser à son chef hiérarchique à Vacoas. Ce type d?aberration risque de devenir la règle avec les récents limogeages.
La transparence de l?administration, c'est un moyen de mettre la pression pour empêcher les dérapages et les abus.
A qui donc profite l?opacité ?
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