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Joshila Dhaby ou l’art des idées

11 février 2017, 11:31

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Joshila Dhaby ou l’art des idées

Cette œuvre, qui fait la part belle au street art, a pour but d’éveiller les consciences et d’améliorer Maurice de demain. Elle est de Joshila Dhaby, qui est une passionnée d’art dans tout les sens du terme. Toute l’étendue de son talent sera visible vendredi prochain au Caudan. Elle a travaillé sur ce projet qui lui tient à cœur et pour lequel elle s’est investi corps et âme depuis un mois. Elle aime l’art qui véhicule un message fort.

Cette capsule temporelle numérique s’inscrit merveilleusement bien dans le projet Moris Dime, qui a pour but de valoriser le savoir-faire mauricien et d’apporter une impulsion pour alimenter l’esprit créateur dans divers domaines. Ainsi, un conteneur joliment transformé en capsule sillonnera l’île et s’installera dans plusieurs centres commerciaux pour aider à créer une île plus verte, où chacun vivra plus en harmonie avec l’environnement.

Meta-Morphosis, agence d’ingénierie culturelle spécialisée dans la préservation de la mémoire des lieux et du patrimoine et initiatrice du projet Moris Dime, qui verra son aboutissements à l’occasion des 50 ans de l’Indépendance l’année prochaine, a lancé un appel aux artistes «pour habiller façon street art un conteneur». Appel auquel Joshila Dhaby n’a pu résister, estimant que ce projet était fait pour elle.

«Au départ, quand j’ai été choisie, on n’avait pas encore donné de thème. C’est par la suite que le sponsor, Phoenix Bev, a opté pour le thème : Vision of the future and recycling.» Un thème qui lui est cher et le travail accompli témoigne avec force et beauté qu’elle a mis du cœur à l’ouvrage. Dans cette création, vous ne trouverez pas de rouge, de gris ou du marron mais du bleu, du jaune, de l’orange ou encore du vert. Des couleurs vives qui inspirent.

Papillons inspirants

Une fois le thème connu, ça fourmille dans sa petite tête. Elle couche ses idées qui bouillonnent sur le papier de son carnet. Elle a pensé au départ aux abeilles mais elle a fini par abandonner l’idée. «Je savais qu’il fallait parler de l’environnement, de l’énergie propre etc. J’ai griffonné. J’ai mis des mots sur mon carnet.» Et de-là a germé une œuvre d’art, qui a toute sa raison d’être. Pour être en symbiose avec la nature, l’artiste s’inspire des papillons et en particulier de leurs ailes. Les scientifiques étudient leurs ailes ingénieuses pour élaborer des tiles solaires.

Le papillon est devenu pour elle le symbole de ce génie créateur. Sur toute une façade du conteneur, on peut admirer un papillon qui déploie les ailes dans toute sa splendeur. «Les gens pourront se faire photographier devant ses ailes. C’est très tendance en ce moment.» Au fil de l’œuvre, au bout de ces ailes qui se brisent, des bulles se constituent et d’autres formes qui nous conduisent aux autres faces du conteneur.

Sur l’une d’elles se trouve le logo de Moris Dime, un engrenage, symbole du savoir-faire mauricien que Joshila a imaginé. De l’autre côté, l’artiste livre sa vision du recyclage. «Avant de parler de recyclage, il faut parler du tri pour que cela fonctionne. Il est navrant de constater que même dans les endroits où des poubelles spéciales existent, les gens ne prennent pas le temps de faire le tri. Cela doit s’apprendre à l’école mais ce n’est pas le cas.»

Il faut des idées et du savoir-faire pour donner un autre look à un bloc de métal. Les images ont été projetées sur le conteneur et l’artiste en a dessiné les contours avant de se mettre à l’œuvre. Pour transformer ce conteneur, elle utilise des pochoirs, des bombes aérosols principalement mais également de la peinture. Travailler sur une surface ondulée n’est pas une mince affaire. Mais «on s’y est adapté. Maintenant si on me donne une surface plate, ce sera trop facile». Trouver les bombes aérosols aux couleurs recherchées a été une autre paire de manches. «On ne trouve pas tout ce qu’on veut ici.» Il a fallu s’adapter et s’armer d’une bonne dose de patience.

Pour transformer artistiquement le conteneur, l’artiste s’est fait aider de Kaviraj Seewooduth Poonyth. «Collaborer avec un autre artiste n’est pas toujours facile mais on travaille bien ensemble car il comprend mon concept. Il a beaucoup d’idées et apporte sa touche personnelle. Quand on fait quelque chose qui ne fonctionne pas, il avance ses idées.»

Cette autodidacte au savoir-faire certain se passionne pour l’aquarelle et s’essaie également à un peu d’acrylique. En 2013, elle a exposé en solo et décliné le thème Hidden Stories en portraits de gens qui travaillent dans les champs, d’enfants, de femmes… Cette année, elle prépare une autre expo dont le thème n’est pas encore défini. La capsule a sûrement fait germer des idées folles, qui n’attendent désormais qu’à être concrétisées.

Un conteneur, de grandes idées

<p>À l&rsquo;intérieur, le conteneur a été transformé en studio d&rsquo;enregistrement <em>&laquo;où les gens vont laisser des messages de 30 secondes à propos de leur vision de &lsquo;Moris Dime&rsquo;&raquo;</em>, explique Axel Ruhomaully, initiateur du projet <em>&laquo;Moris Dime&raquo;</em>. Une autre partie fait désormais office de salon, ce qui permettra aux personnes de se faire prendre en photo avec la famille ou des amis. Les images seront <em>&laquo;uploaded&raquo;</em> sur le site Internet de <em>&laquo;Moris Dime&raquo;</em>. Nous aurons droit au <em>makingof</em> ou à l&rsquo;itinéraire de la capsule. <em>&laquo;De temps en temps, on offrira des photos grand format et on annoncera sur le site les noms des gagnants.&raquo;</em> L&rsquo;idée est d&rsquo;inciter les gens à la réflexion et leur faire se poser les bonnes questions.</p>

 

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