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Dissensions au sein de la commission ?

11 février 2017, 07:44

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Dissensions au sein de la commission ?

 

Pourquoi la commission ne s’est-elle pas encore réunie depuis novembre 2016 ? Y aurait-il des pressions politiques ou une quelconque démarche de la profession légale afin d’épargner les hommes de loi qui fréquentent les centres pénitentiaires ? Ces questions taraudent la place publique depuis le début de l’année – surtout après la série de révélations exclusives par «l’express» sur les connexions entre les gros trafiquants de drogue derrière les barreaux, des membres du barreau spécialisés dans les dossiers «drogue» et le monde extérieur. Mais, selon nos informations, ce serait plutôt des dissensions internes au sein de la commission Lam Shang Leen qui freineraient la progression des travaux…

«L’express» a essayé de confirmer si un des deux commissaires aurait menacé de démissionner il y a une dizaine de jours. En vain. À la commission, le mot d’ordre est motus et bouche cousue. Nos informations indiquent qu’un membre influent de la commission aurait laissé éclater sa frustration devant le fait qu’il ne serait pas tenu au courant de la progression des enquêtes. Cela équivaudrait, selon lui, à un manque de confiance au sein de la commission. Après quelques échanges, il a été convenu de laisser les choses se calmer et de procéder à un meilleur partage d’informations. «Davantage qu’une question de fond, c’est dans la forme qu’il y a des macadams», relativise une source.

C’est ainsi qu’il a été décidé que, dès la semaine prochaine, les choses devraient s’accélérer. À ce stade, l’on ne sait pas si ce sont les avocats ou les proches des trafiquants qui seront convoqués en premier. Autre point à finaliser : les convocations des hommes de loi et/ou des proches des trafiquants se dérouleront-elles en public ou «in camera» ?

À la suite de la publication de nos numéros spéciaux sur la drogue, il a été demandé à la commission de verrouiller toutes les informations, d’autant qu’elles deviennent de plus en plus sensibles et seraient de nature à compliquer la donne politique. Plusieurs hommes de loi, dont certains proches du pouvoir, se seraient mis à voyager, en prétextant avoir des affaires à régler à l’étranger. Ce qui n’a pas manqué d’éveiller des soupçons. Au moins six noms d’avocats et d’avocates sont cités avec persistance dans les milieux concernés, dont un avocat du gouvernement qui a préféré révéler la nature intime de sa relation avec une avocate qui était, jusqu’au mois de novembre dernier, en contact quasi-permanent avec une dizaine de trafiquants de la prison centrale.

Au sein de la commission Lam Shang Leen, l’on réfute toujours le fait que des pressions pourraient faire reculer l’enquête qui a atteint un stade avancé. Beaucoup d’indices et de preuves ont déjà été collectés, dont plusieurs seraient «damning». Si les auditions devant la commission, avec la déposition de travailleurs sociaux et de politiciens, n’ont pas donné grand-chose comme preuves matérielles – sauf peut- être la liste de noms d’Ally Lazer (dont plusieurs étaient déjà connus de la police) –, c’est le travail de terrain qui aurait fourni, jusqu’ici, le plus grand nombre d’éléments susceptibles.

D’ailleurs c’est sur un mandat de la commission Lam Shang Leen que la chaîne valant plus de Rs 1 million aurait été saisie sur le trafiquant Peroomal Veeren. C’est par la suite que l’Independent Commission against Corruption s’est intéressée à l’enquête et sur les avoirs de ce détenu et de ses épouses ou compagnes. Les différentes unités de l’Anti Drug & Smuggling Unit sont aussi mises à contribution pour contre-vérifier les «patterns» avec les arrestations passées.

Les cartes SIM et les Bangladeshis

Autre développement de taille : comme déjà évoqué, de nombreuses cartes SIM ont été saisies derrière les barreaux, avant même le début des travaux de la commission. Mais aujourd’hui, ces cartes-là auraient commencé à parler. Cela a permis de mettre au jour un trafic de cartes SIM ; qui finissent par la suite derrière les barreaux.

Outre deux ou trois avocats qui recevraient des appels directement des cellules, une liste de plusieurs dizaines de prête-noms a été établie par les services de renseignements des prisons. Ces personnes seront interrogées sous peu pour expliquer comment des cartes enregistrées en leur nom se retrouvent en prison.

 En sus des proches des trafiquants qui enregistrent ces cartes SIM, il y aurait aussi un nombre de Bangladeshis dont l’identité aurait été substituée afin d’enregistrer les cartes SIM. Le procédé est simple, selon nos sources : des Bangladeshis apportent leur pièce d’identité pour acheter des cartes SIM dans des tabagies. Une fois partis, ces Bangladeshis deviennent, malgré eux, des prête-noms pour de gros trafiquants qui jonglent des centaines de millions de roupies, qui roulent en BMW et qui ont les meilleurs avocats d’ici ou d’Angleterre…

 

 

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