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«Difé» au-delà des cités ?
Tradition. Qui a le sang chaud. Fouetté par la compétition. Disque de l?année. Le pari est déjà gagné. Celui de nous faire danser. De mettre Dife dan site. Renel Trapu a pris de l?étoffe depuis la finale du concours de la MBC, Sofe Ravanne. «La po kabri pran dife mama oh.»
Des paroles simples pour ne pas dire simplistes, un tempo entraînant, un clip qui met en scène l?ambiance typique d?une fête en famille et entre voisins. Tout le monde ou presque se reconnaît. Et voilà comment un séga qui ne se prend pas au sérieux arrive au pied du trône de disque de l?année. Un piédestal particulier avec pas une, pas deux, mais trois places. L?un pour le séga, l?autre pour le tube international et un troisième pour la chanson bollywood, l?extrait de film en hindi qui aura le plus accroché cette année.
C?est qu?ils ont le rythme dans la peau à Bollywood. Le sens de l?action aussi. Exemple Dhoom 2, avec deux têtes d?affiche jamais vues ensemble à l?écran auparavant : Aishwarya Rai et Hrithik Roshan. Une bande originale d?où est extrait Dhoom Machale, titre plein de punch.
Dans le genre énergie à en revendre : notre coup de c?ur va à Hips don?t lie, le duo Shakira ? Wycliff Jean. «Mamboooo?» Les plus courageux se lanceront dans une danse du ventre. Gare au tour de rein.
En cette période, c?est l?enthousiasme qui compte. Car comment mesurer la popularité réelle des chansons. Le nombre de votes partagés entre les concours des différentes chaînes de radio. Le nombre de timbres que les producteurs d?album locaux ont acheté à la Masa.
Une méthode pas entièrement fiable. D?abord, parce que les producteurs exigeant la discrétion absolue de la société des droits d?auteurs. Ensuite, parce que le nombre de timbres achetés ne correspond pas forcément au nombre d?albums écoulés sur le marché. Idem du côté des disquaires que nous avons approchés. Ils veulent bien citer des titres mais laissent parler la musique dès qu?il s?agit d?avancer des chiffres de vente.
Heureusement que «La maladie du bougé bougé» se soigne avec des décibels et pas des chiffres. Comme ce coup de boule de Zidane lors de la Coupe du monde 2006, détourné au centre par La plage. «Zidane il a tapé» est resté dans l?oreille des Mauriciens cette année.
Jeux de balles où il faut toujours un Bouc émissaire, comme l?a chanté avec justesse Mario Justin. Avec sa complice Nancy Dérougère, le couple musical a marqué l?année, à la fois chacun de son côté et ensemble. Lui avec Bouc émissaire, elle avec Expérience séga et la compilation Best of Nancy.
Elle, chanteuse à la voix propice au séga typique. «Elle, telefonn moi, dir moi ki li kontan moi». Alain Ramanisum a croqué là un moment de vérité dans la relation de couple : l?infidélité. Elle extrait de la compilation Suprême Séga volume 3 est parmi les albums locaux ayant le plus retenu l?attention.
Avec Dife dan site, Merci mama de Nas-T Black est l?autre favori de la course au disque de l?année. «Tombe leve, sakrifie pou to zanfan?» A voir la liste impressionnante de leurs succès, on donne sans compter le titre d?enfants de la musique au trio de compositeurs indiens Shankar-Ehsaan-Loy. Ils font la loi à Bollywood, imposant notamment leur style sur la bande originale de Kabhi Alvida Na Kehna. Des créations d?où a émergé Mitwa et la touche particulière du chanteur pakistanais Shafqat Amanat Ali.
Vous avez dit voix haut perchée ? Timbre différent des autres. Voilà une description qui correspond à celle de Yannick Gerie du groupe Evolozik. D?accord, l?année dernière ils ont remporté le titre de disque de l?année sur une chaîne de radio, avec Atann la pli pase. Faut croire que le sagga ? c?est leur créneau, un mélange de séga et de ragga ? a fait des adeptes. Qu?en est-il des slows langoureux ? La chanson qui nous a fait avoir la larme à l??il durant l?année. La palme ira sans doute à Aimer jusqu?à l?impossible de Tina Arena. Cela tombe bien, c?est exactement le message que nous adressons à la musique.
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