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Collectivités locales : Le laisser-aller des infrastructures prend des proportions tragiques
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Collectivités locales : Le laisser-aller des infrastructures prend des proportions tragiques
Deux incidents tragiques, à Belle-Mare et à Pointe-aux-Sables, mettent en lumière les nombreuses failles dans le fonctionnement des collectivités locales du pays. Et la liste des manquements dans l’administration du pays ne cesse de s’allonger.
Une plaque de béton, parmi d’autres abandonnées depuis une vingtaine d’années sur la plage de Belle-Mare, a provoqué la mort de Vivek Jootun, 7 ans, qui jouait avec son cousin de 6 ans.
Un manège en mauvais état dans un jardin d’enfants à la plage de Pointe-aux-Sables, a failli sectionner la main d’un garçonnet de 4 ans, le 10 janvier dernier. Ce dernier s’en est sorti, mais avec le plat de la main écrasé par le pivot du manège.
Ce n’est qu’après le malheureux incident de Pointe-aux-Sables que les autorités ont décidé de réagir, en fermant quelques espaces récréatifs publics qui sont dédiés aux enfants, le temps de réparer les jeux s’y trouvant. Sont concernés, outre le jardin de de Pointe aux Sables, ceux de Quatre-Bornes et de Vallée-Pitot.
Néanmoins, le triste constat est que d’autres jardins d’enfants sont toujours dans un état exécrable, avec en outre des équipements défectueux, rouillés ou encore qui se retrouvent envahis par les mauvais herbes. C’est le cas de le dire pour celui de Moka.
«Nos enfants nous demandent à chaque fois de les emmener au jardin d’enfants mais c’est trop risqué, avec l’état des équipements. Cela fait longtemps que cette situation dure et rien n’est fait pour améliorer la situation», déplore une habitante de Moka, très remontée face à l’insouciance des autorités.
Aux centres de jeunesse, même constat. Manque d’équipements et d’activités, terrain de volley-ball sans filet, complexe en ruines avec des robinets qui ne fonctionnent plus, des panneaux de vitres qui ont volé en éclats depuis longtemps et qui n’ont toujours pas été remplacés, des toilettes mal entretenues. Une scène aujourd’hui bien ancrée dans le paysage mauricien.
L’autre éternel problème, toujours sous la charge des collectivités locales, est bien évidemment le ramassage d’ordures. Les autorités concernées évoquent le manque de logistique. En attendant, et ce, année après année, le problème reste toujours entier. Les déchets s’accumulent devant les portes des Mauriciens, menant certains à sortir les poubelles dans les champs de canne, les terrains en friche ou encore dans les drains.
Les officiers exerçant dans les collectivités locales sont unanimes. Ils font de leur mieux et reconnaissent ces carences, même si, disent-ils, il s’agit de cas isolés.
Du côté de Quatre-Bornes, on apprend que malgré l’acquisition de nouveaux camions servant au ramassage d’ordures, il existe un manque de main d’œuvre. Et il ressort que cette la situation a été rapportée à la Local Government Service Commission (LGSC).
Pour ce qui est des jardins d’enfants de Quatre-Bornes, la quinzaine d’espaces récréatifs resteront fermés jusqu’à fin janvier. Des sources confirmées indiquent que suite à un exercice d’expertise, des manquements ont été décelés et c’est par mesure de sécurité que la marie a décidé de les fermer.
Dans la capitale, le marché central, plus précisément la section viande, volaille et poissons, provoque le dégoût. On y est accueilli tous les jours par une odeur nauséabonde, sans compter la présence de chiens errants et les rats qui pullulent dans les drains. A la sortie du marché donnant sur l’autoroute, c’est le même tableau tous les jours. Les détritus sont disposés dans un caisson de camion de ramassage d’ordures de la municipalité, aux yeux de tous.
Et il y a aussi ces personnes qui continuent à s’accaparer des plantes de nos jardins publics pour faire leur pub. A l’instar de ce propriétaire de magasin qui n’a pas hésité à afficher un panneau de son enseigne sur un des palmiers bordant le jardin public près des Casernes centrales.
Interrogé sur ce qu’il compte faire pour palier à tous ces manquements dans la capitale, Mahmad Khodabaccus, le nouveau lord maire, dit avoir beaucoup de projets en tête. Ainsi, le budget général pour l’administration de la capitale vient d’être voté, notamment quelques Rs 600 millions.
Parmi les priorités du lord maire figure justement un réaménagement de la section volaille et poissons du marché central. «J’ai moi-même constaté qu’il était nécessaire de respecter les normes d’hygiène et on a décidé de refaire le sol et rendre plus agréable cette partie du marché», indique-t-il.
Avant d’ajouter que pour le problème de chiens errants et de rats, une compagnie privée s’en charge et qu’au niveau de la mairie, ils peuvent demander à celle-ci d’augmenter la fréquence de ses opérations.
En ce qui concerne les jardins d’enfants, Mahmad Khodabaccus explique que la décision de la mairie de fermer tous les jardins, après l’incident de Pointe-aux-Sables, permettra d’établir un constat, qui permettra d’améliorer les services et de remettre en bon état les équipements défectueux.
Réagissant sur les failles au niveau du ramassage d’ordures, le Lord maire avance qu’ils ont un système régulé, car ils font tout pour que la ville reste propre. «Bien évidemment, on ne peut satisfaire à 100%. Mais on ne s’arrête pas là. A la fin du mois de janvier, on entamera une campagne de nettoyage avec la collaboration des forces-vives dans chaque faubourg de la capitale et cela se fera en weekend», annonce-t-il.
Le problème des marchands ambulants constitue un dossier prioritaire pour Mahmad Khodabaccus. Ce dernier déclare que d’ici à la fin de janvier, ceux de la Rue Desforges seront relogés au pont de Paris alors que ceux opérant à la rue Farquhar s’installeront près de la Gare du nord, à un endroit qui reste à déterminer.
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